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Shyamdass Pentayah : «J’ai toujours été en connexion avec la nature»

Shyamdass Pentayah est ce qu’on appelle un « amoureux de la nature ». Fils de laboureurs, il conçoit qu’à la génération précédente, les gens étaient liés à la terre malgré eux, car c’était leur gagne-pain. Toutefois, avec la préoccupation planétaire du réchauffement climatique, lutter pour sauvegarder la nature n’est point une obligation pour ce sexagénaire, mais un devoir auquel il se voue sans relâche. Quand Shyamdass Pentayah rejoint l’organisation non lucrative Sov Lanatir pour défendre la cause environnementale, il en est le membre le plus âgé.

Ayant grandi à Écroignard, Centre-de-Flacq, avec des parents issus du milieu de la plantation, Shaymdass a passé son enfance les pieds dans la terre. Il était un enfant peu ordinaire. Pendant les vacances scolaires, alors que certains s’amusaient à jouer aux billes ou à nager dans des rivières, il aidait les planteurs dans les carreaux de plantation. La nature a longtemps été ce qui lui permettait de dormir le ventre plein tous les soirs, d’où son attachement. La nature, « une université en elle-même » selon lui, ne cesse de le surprendre. 

Fervent de randonnées, Shyamdass partage que son péché mignon à lui, ce sont des petites balades après une semaine de journées chargées de travail. « J’apprécie chaque facette de la nature. C’est un élément qui me met à l’aise, j’apprends des choses et je me revitalise instantanément quand je suis dans la nature ». Et c’est un amour qu’il a transmis à son fils de 21 ans, Krishna, étudiant en ingénierie mécanique qui rêve, lui, de construire le vaisseau aéronautique le plus respectueux de l’environnement. 

Reconnaissant de ce que la terre lui a offert, aujourd’hui il a trouvé la bonne cause à laquelle s’associer : fasciné par l’enthousiasme des jeunes écologistes de Sov Lanatir, Shyamdass a décidé de donner un coup de main au sein de l’organisation en les guidant grâce à son savoir-faire et son expérience. « C’est un vrai plaisir de voir des jeunes qui connaissent l’importance de ce qu’il y a de plus beau sur terre, la nature, et qui s’investissent corps et âme pour la préserver. À vrai dire, c’est un honneur de me joindre à cette équipe qui ne cesse de m’étonner par leur dévouement à chaque activité. Quand je vois des jeunes retourner vers la terre ça me donne de l’espoir, en sus cela m’a donné l’occasion de me mettre à pied d’œuvre et de revivre cette nostalgie. La nature a beaucoup à nous offrir, nous les humains, l’effort qu’on met à ne serait-ce que tenter de sauver la nature n’est rien comparé à ce que la nature nous procure tous les jours. L’air qu’on respire n’a pas de prix », dit-il. 

Toutefois, il se dit chagriné qu’une bonne partie de la population n’arrive pas à prendre conscience de ça. « Ça me chagrine terriblement de voir nos plages ainsi que d’autres endroits magnifiques de notre petite île pollués par des déchets :  plastiques, mégots de cigarettes entre autres. Ce n’est ni beau pour les yeux, ni pour la nature ». Et d’ajouter que son rêve à lui, c’est l’interdiction du plastique. « Autrefois, quand j’étais petit, on voyait rarement des bouteilles en plastique dans la rue, sur nos plages, mais aujourd’hui elles sont partout dues à l’inconscience des gens. Je pense qu’on devrait tous être socialement responsables et savoir comment se comporter. En sus, les autorités ont un rôle à jouer en conscientisant les citoyens à faire le tri des déchets, fournissant des poubelles, entre autres, afin de créer un déclic et vivre en paix avec la nature », préconise-t-il. 

Si Shyamdass attend impatiemment le jour où  l’interdiction du plastique sera une réalité à l’île Maurice, entre-temps il s’active, pince de préhension à la main, pour nettoyer l’île avec les jeunes de Sov Lanatir. Effectivement, entre nettoyage des plages et programme de reboisement – il est prévu qu'un million d’arbres soient plantés d'ici 2030 à travers l’île, le calendrier des activistes écologistes est bien chargé. « C’est intéressant de voir dans quelle direction les jeunes de Sov Lanatir envisagent d’emmener Maurice. Certes, ce sont des jeunes, c’est maintenant qu’ils prennent l’élan, mais l’initiative est là. Au fur à mesure, ils grandiront et sauront quels changements apporter. Ils seront même en mesure de proposer des idées aux autorités pour une île Maurice durable et respectueuse de l’environnement. C’est pourquoi j’encouragerais les anciens à rejoindre Sov Lanatir pour partager leur expérience et leurs connaissances avec ces jeunes. On a besoin de cette synergie pour mieux les encadrer », témoigne-t-il. 
 

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