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Shreeya Bokhoree : la Miss qui veut ramener la terre sur scène

Par Ajagen Koomalen Rungen 
Publié le: 27 July 2026 à 10:25
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shreeya
Shreeya Bokhoree représentera Maurice à la 73e édition de Miss World, organisée au Vietnam du 9 août au 5 septembre 2026. Avec « Back to Soil », Shreeya Bokhoree souhaite transmettre aux enfants le goût de la terre et rappeler que l’agriculture reste un e

Entre les plantations de thé de son enfance et les projecteurs de Miss World, Shreeya Bokhoree trace un chemin singulier. Sa couronne s’accompagne d’une mission : réconcilier la jeunesse avec la terre.

Le contraste pourrait sembler improbable. D’un côté, les lumières d’une scène internationale, les robes de gala, les séances photos et la pression d’un concours suivi dans le monde entier. De l’autre, le silence d’un jardin, l’odeur de la terre humide et les gestes patients de ceux qui font pousser ce que nous mangeons. C’est pourtant entre ces deux univers que Shreeya Bokhoree a construit son histoire.

À 23 ans, celle qui a été couronnée Miss Mauritius en avril 2026 s’apprête à représenter le pays à la 73e édition de Miss World, organisée au Vietnam du 9 août au 5 septembre. Elle aurait pu choisir de mettre uniquement en avant son parcours, son apparence ou son ambition personnelle. Elle a choisi de raconter autre chose : son lien avec la terre.

Celui-ci ne date pas d’hier. Il remonte à son enfance à Nouvelle-France, dans une famille où la nature occupait une place particulière. Son grand-père était cultivateur de thé. Petite, elle passait de longues heures dans les plantations, observant les travailleurs, leurs gestes précis et cette relation presque intime qu’ils entretenaient avec le sol.

Bien avant de porter une couronne, Shreeya apprenait déjà une autre forme de beauté : celle de la patience, du travail invisible et du temps nécessaire pour voir une plante grandir. Ces souvenirs ont façonné son regard sur le monde. Ils expliquent aussi le choix du projet qu’elle défendra à Miss World dans le cadre de « Beauty with a Purpose ». Baptisé « Back to Soil », celui-ci est moins une idée née pour un concours qu’un prolongement naturel de son histoire. « Revenir à la terre », pour elle, n’est pas un slogan. C’est retrouver une partie d’elle-même.

La terre comme héritage

Aujourd’hui encore, malgré un emploi du temps entièrement consacré à sa préparation pour Miss World, Shreeya conserve ce lien avec la nature. Avec sa mère, elle entretient un potager familial où elles cultivent plusieurs légumes destinés à leur consommation. Elle fait également pousser des fleurs, un geste simple qui lui permet de retrouver un rythme différent de celui imposé par sa nouvelle vie publique.

Car depuis son couronnement, son quotidien a changé. Les entraînements, les séances de développement personnel, les activités officielles et les répétitions occupent désormais une grande partie de ses journées. Chaque détail est travaillé pour être prête à représenter Maurice sur une scène internationale.

Mais derrière cette préparation minutieuse, il y a une volonté : ne pas laisser la couronne effacer ce qui l’a construite. Avec « Back to Soil », Shreeya Bokhoree veut inviter les jeunes à regarder autrement l’agriculture et le jardinage. À une époque où beaucoup se sentent éloignés de la production alimentaire et des enjeux environnementaux, elle souhaite rappeler que le lien avec la terre reste essentiel.

Son ambition est de développer des ateliers, des rencontres et des initiatives éducatives auprès des élèves et des étudiants afin de leur faire découvrir les possibilités qu’offre l’agriculture. Pour elle, cultiver n’appartient pas seulement au passé. La terre peut aussi être une réponse aux défis de demain : sécurité alimentaire, respect de l’environnement et développement durable.

Si son projet Miss World trouve ses racines dans son enfance, son envie de porter la couronne nationale remonte également à cette période. À huit ans déjà, Shreeya regardait le concours Miss Mauritius avec fascination. Chaque année, elle suivait l’élection, imaginant qu’un jour elle pourrait, elle aussi, monter sur scène.

Ce rêve a pris forme en avril dernier. Lorsque son nom a été annoncé devant le public, l’émotion a été immense. Au-delà de la victoire, elle garde de cette soirée le souvenir d’une aventure humaine vécue avec les autres candidates. Car le concours, dit-elle, n’a pas seulement été une compétition : il a été une expérience d’apprentissage et de rencontres.

Porter une histoire, pas seulement une écharpe

La couronne a ouvert une nouvelle étape, mais elle n’a pas changé son identité. Avant de devenir Miss Mauritius, Shreeya Bokhoree construisait déjà son parcours professionnel. Diplômée en Advertising, Public Relations and Branding, elle travaille aujourd’hui comme cadre en marketing. Une formation qui trouve un prolongement dans son engagement actuel : utiliser la communication non seulement pour promouvoir, mais aussi pour sensibiliser.

Elle considère que le marketing peut être un outil au service de causes qui dépassent les marques et les produits. À travers son projet, elle veut justement montrer que les messages peuvent provoquer une prise de conscience et encourager des changements de comportement.

Cette capacité à transmettre est devenue une force supplémentaire dans sa préparation pour Miss World. Tout comme le sport. Avant de se consacrer au tir à l’arc, discipline dans laquelle elle a remporté le titre de Miss Mauritius Archery, elle pratiquait le volley-ball durant ses années de collège. Deux expériences qui lui ont appris des qualités différentes mais complémentaires : l’esprit d’équipe, la concentration, la discipline et la maîtrise de soi. Des qualités indispensables dans un concours où la préparation mentale compte autant que l’apparence. 

À quelques jours de son départ pour le Vietnam, Shreeya Bokhoree mesure le défi qui l’attend. Miss World représente une opportunité de faire connaître Maurice, mais aussi de défendre une cause qui lui ressemble. Car son ambition ne se limite pas à obtenir un classement ou une reconnaissance internationale. Elle veut profiter de cette visibilité pour raconter une histoire : celle d’une génération qui peut regarder vers l’avenir sans oublier ses racines.

La jeune femme qui montera bientôt sur la scène de Miss World n’emportera donc pas seulement une couronne et une écharpe. Elle portera avec elle les souvenirs des plantations de Nouvelle-France, les gestes appris auprès de sa famille et une conviction profonde : parfois, pour construire l’avenir, il faut commencer par retourner à la terre.

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