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Shakeel Mohamed : «Ramgoolam comme Varma est un atout pour le PTr»

Shakeel Mohamed

Il se dit triste pour ses amis expulsés du PTr mercredi. Shakeel Mohamed dit prôner l’unité, au moment de la reconstruction du parti. Pour lui, si Navin Ramgoolam est un atout pour le PTr, Yatin Varma l’est aussi.

« Ce qu’a dit Yatin Varma n’antagonise personne, car il croit aux valeurs du travaillisme »

Votre appréciation du discours-programme ?
C’est un discours qui n’inspire pas confiance. Il n’y a rien de spectaculaire qui inspire le secteur privé pour la construction d’une nation. Il y a des éléments pris sur le tas. Un exemple : il n’y a rien qui mérite un Wow Factor, comme empêcher les véhicules d’entrer dans le centre de la capitale ou à Ébène, créer dees pistes cyclables, comme je l’avais suggéré il y a quatre ans. Il y a un manque d’audace. Ce discours-programme donne des opportunités à des amis politiques. It creates business opportunities for friends.

Un discours pour les petits copains ?
C’est un retour d’ascenseur pour les petits copains qui ont financé leur campagne, mais rien pour les veuves et les orphelins. Le gouvernement est venu de l’avant avec les mêmes idées que dans son précédent programme, il se plagie lui-même.

Le boycott de la présentation du discours-programme n’est-il que symbolique ?
C’est une action concertée de l’opposition et c’est hautement symbolique. C’est la cohésion entre le PTr, le MMM et le PMSD. Il y a deux raisons principales de ce boycott : le symbolisme et le message.

Vous irez quand même participer aux débats. N’est-ce pas contradictoire ?
On est obligés de débattre, c’est avant tout notre devoir. Il ne faut pas oublier que l’ensemble de l’opposition représente 60 % de la population et quand on boude le discours-programme, ce sont 60 % de la population qui boudent.

Parlons des pétitions électorales communes de l’opposition. Il semble que les choses traînent…
Le gouvernement joue au delaying tactic. S’il était sérieux, son devoir devrait être de demander à la Cour suprême d’entendre l’affaire dans les plus brefs délais. Au lieu de cela, le Premier ministre refuse de se présenter en cour, prétextant qu’il n’a jamais reçu une telle convocation de la part de l’huissier, qui est systématiquement repoussé au Bâtiment du Trésor.

« Les pétitions électorales visent l’organisme, pas les hommes qui le gèrent »

Il y a aussi le ‘stand’ de la Commission électorale qui fait débat…
La Commission électorale departs from its tradition, alors qu’auparavant, elle se rangeait selon ce que la cour décidait. Je suis choqué. Au lieu d’être indépendante dans son approche, elle donne la perception d’être du côté du gouvernement. Sans faire un procès d’intention, ceux à la tête de la Commission se sentent personnellement attaqués, alors que les pétitions visent l’organisme, pas les hommes qui le gèrent.

Vous conviendrez que la cour doit respecter certaines procédures…
Ailleurs, comme au Kenya et en Grande-Bretagne, les affaires en Cour suprême vont vite. Ici, en 2020, on est encore prisonniers de procédures archaïques. Je fais un appel au chef juge pour mettre de côté les procédures, mais je rêve debout. Que le chef juge donne un coup de rotin bazar aux procédures pour que ces pétitions soient entendues assez vite au nom de la justice !

Donc, selon vous, le chef juge peut prendre sur lui pour écouter les pétitions et obliger la partie adverse à ne plus jouer au chat et à la souris ?
Le chef juge, dans sa sagesse, peut insister qu’un calendrier be set up, car c’est une certitude que le gouvernement veut renvoyer cette affaire pour des raisons évidentes. Je suis sûr que, s’il y a un recount dans certaines circonscriptions, les résultats vont changer. Si un seul cas s’avère vrai, ce sera suffisant pour l’opposition de demander l’annulation des résultats des législatives de 2019.

Et si vous mordez la poussière ?
Même si le jugement n’est pas en notre faveur, ce n’est pas grave, mais c’est une opportunité pour la Cour suprême d’affirmer qu’il existe une réelle séparation de pouvoirs. De plus, la nouvelle Cour suprême sera dotée de « digital equipment but with manual procedures ». C’est ridicule.

Venons-en à l’expulsion de cinq de vos camarades du parti. Avez-vous une explication ?
Je suis triste. J’ai vu la constitution du PTr et il est dit que toute expulsion doit être précédée d’un comité disciplinaire. Mais le comité exécutif a pris sur lui. Moi, je dis qu’on est dans une période de reconstruction et que tout le monde a sa place. J’ai travaillé avec les expulsés, j’ai vu Yatin Varma bosser lors de la partielle de Quatre-Bornes, qui a vu l’élection d’Arvin Boolell. Il a une opinion tranchée contre le leadership.

Yatin Varma dit être un travailliste et pas un ramgoolamiste. Est-ce cette opinion qui l’a poussé à la porte ?
Yatin Varma a toujours été un travailliste. Le PTr a un leader, qui s’appelle Navin Ramgoolam, mais il y a le parti avant l’homme. Le parti a connu différents leaders. Le nom du leader importe peu Ce qu’a dit Yatin Varma n’antagonise personne, car il croit aux valeurs du travaillisme. Moi aussi, je crois dans le travaillisme, ces expulsions m’interpellent, car cela peut m’arriver demain. Il faut, selon moi, accepter la différence. Il faut accepter les critiques et ne pas agir au scalpel. Ramgoolam comme Varma est un atout pour le PTr.

Vous comptez en parler à Navin Ramgoolam ?
Je sais que les cinq expulsés pensent que le leader a agi contre la constitution du PTr. Dans un esprit de reconstruction, je vais tout faire pour qu’ils reviennent au parti avant l’échéance de deux ans.

Vous risquez gros…
Je ne fais pas de procès d’intention à Navin Ramgoolam. Je l’ai déjà critiqué, j’ai passé des commentaires publics contre lui, mais il ne m’a jamais réprimandé, pour ma grande gueule.

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