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Shabnaam Annoowar poignardée par son époux, Faizal Mirzane Waheda, sa mère : «Li gagn bate, me li tini akoz so bann zanfan»

Par Le Défi Plus
Publié le: 25 July 2026 à 18:30
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Shabnaam a été poignardée par son époux devant sa fille de 10 ans,
Shabnaam a été poignardée par son époux devant sa fille de 10 ans,
  • Le suspect condamné pour coups et blessures en 1994

« Boukou mizer mo zanfan inn pase, boukou mizer... » La voix brisée par l’émotion, Waheda peine à retenir ses larmes lorsqu’elle évoque le calvaire vécu par sa fille, Bibi Shabnaam Annoowar, âgée de 33 ans. Mère de deux enfants, dont un garçonnet de cinq ans, la jeune femme aurait subi pendant des années des violences de la part de son époux, Faizal Mirzane, âgé de 49 ans.

Lundi dernier, cette éboueuse employée par la mairie de Port-Louis a frôlé la mort après avoir, selon l’enquête, été poignardée par son époux. Une scène de violence dont aurait été témoin la fille de dix ans du couple. C’est cette enfant qui a alerté sa grand-mère maternelle. « Papa inn pik mama enn kout kouto dan so vant », lui a-t-elle raconté.

Saignant abondamment, Shabnaam a été prise en charge par les urgentistes du Service d’aide médicale urgente, qui l’ont transportée à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. Elle a immédiatement subi une intervention chirurgicale avant d’être admise à l’unité des soins intensifs chirurgicaux.

Pris la fuite 

L’agresseur présumé, Faizal Mirzane, chauffeur à la mairie de Port-Louis, avait pris la fuite, mais il a été arrêté jeudi par les policiers de Vallée-Pitot. Interrogé en présence de son avocate, Me Roubina Jadoo-Jaunbocus, il a fait valoir son droit au silence. Le même jour, il a été provisoirement inculpé de tentative de meurtre devant le tribunal de Port-Louis avant d’être reconduit en cellule policière jusqu’au 30 juillet prochain. Faizal Mirzane est déjà fiché auprès de la justice pour des délits de coups et blessures et a déjà été condamné en 1994.

Toujours alitée à l’hôpital, Shabnaam a été grièvement blessée au niveau de l’intestin, comme l’a relaté sa mère après s’être entretenue avec le personnel hospitalier : « Linn koup so lintestin. » Waheda raconte au Défi Plus que sa fille s’était déjà plainte auprès de sa famille des violences qu’elle subissait aux côtés de son époux : « Mo zanfan ti montre mwa so lekor. Ti ena disan kaye partou lor li. Souvan mo tifi ti dir mwa li gagn bate a mor », dit-elle.

Selon Waheda, sa fille avait déjà été agressée à plusieurs reprises par son époux. « Li bat li koudpwin, kalot. Li trap so latet, li tap kont miray », allègue la maman.

Mais Waheda explique qu’elle-même et plusieurs proches avaient déjà conseillé à Shabnaam de quitter cet homme afin de protéger sa vie. « Mo frer inn dir li kit li. Ki li pe atan ? Mwesi mo dir li sa boug-la pe tro fer. » Mais sa fille ne voulait rien entendre.

Malgré les violences, Shabnaam refusait de briser son foyer. « Li rod fer so menaz dire akoz so bann zanfan », poursuit la maman.

Le week-end dernier encore, elle s’était rendue chez sa mère et lui avait raconté ce qu’elle endurait. « Samdi tanto mo zanfan ti montre mwa disan kaye partou lor so lekor. » Mais le lendemain, elle avait choisi de retourner vivre auprès de son époux. « Li ti dir mwa li pe ale. Linn retourn lakaz, me mwa mo pa ti anvi li ale », raconte Waheda, pensant à la souffrance que sa fille endurait.

La mère déplore que, quelques heures plus tard, sa fille ait frôlé la mort lors d’une nouvelle agression. « Dimans tanto mem linn fini bat mo zanfan. Lindi ver 4 h 30 monn gagn sa nouvel-la. »

En apprenant la nouvelle par sa petite-fille, Waheda s’est précipitée à l’hôpital. « Li ti ena bann blesir partou lor li. Pa kapav gete sa. Ti ena disan partou lor tapi. Pa fasil pou trouv ou zanfan dan sa leta-la. Krim sa, krwar mwa, enn krim sa ! »

Grièvement blessée et couverte de sang, affirme sa mère, Shabnaam ne pensait qu’à ses enfants. « Al sers mo bann zanfan », a-t-elle demandé à sa maman. 

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