Séisme à Rodrigues : un mouvement magmatique naturel selon le Pr Saddul
Par
Sharone Samy
Par
Sharone Samy
Après la secousse de magnitude 5,6 ressentie mardi à Rodrigues, le professeur Prem Saddul, consultant en hydro-géologie, apporte un éclairage qui se veut rassurant. Pour lui, l’événement observé ne correspond pas à un tremblement de terre classique. La secousse est davantage liée à un mouvement magmatique naturel de la région.
L’expert rappelle que Rodrigues occupe une position géologique singulière : l’île est située sur le « Triple Junction », une zone unique où se rencontrent trois grandes plaques divergentes : la plaque africaine, la plaque indo-australienne et la plaque antarctique. « Ces plaques se déplacent d’environ quatre centimètres par an. Leur mouvement provoque une montée du magma, qui crée des vibrations détectables à la surface. C’est ce phénomène qui explique les secousses enregistrées dans la région », précise-t-il.
Le consultant estime que Rodrigues ressent chaque année entre dix et douze secousses liées à cette activité géodynamique. Selon lui, il s’agit d’un processus normal, inhérent à la position géologique de l’île. Il souligne par ailleurs que le magma présent sous la croûte agit comme un amortisseur naturel. « Le magma absorbe une grande partie des vibrations terrestres, ce qui limite les effets de ces mouvements sur l’environnement immédiat », affirme-t-il.
Le Pr Prem Saddul insiste également sur le fait que Maurice n’est pas exposée au même type de secousses. L’île se situe au centre de la plaque somalienne, loin des frontières tectoniques, ce qui réduit considérablement le risque de mouvements perceptibles. Les îles des Mascareignes bénéficient également d’une protection géologique accrue grâce au plateau sous-marin des Mascareignes et à la barrière récifale, qui contribuent à dissiper l’énergie générée par les secousses.
Mardi en fin d’après-midi, la secousse avait été ressentie dans plusieurs localités de Rodrigues, notamment à Port-Mathurin, Baie-aux-Huîtres, Mont Lubin ou encore Camp du Roi. Des habitants avaient affirmé avoir perçu un grondement inhabituel suivi d’un léger déplacement des structures. Selon les premières données, la secousse s’était produite à une profondeur estimée entre 10 et 15 kilomètres.
Aucun dégât majeur n’a été signalé et aucune alerte tsunami n’aété émise. Les autorités continueront néanmoins à surveiller la région afin de détecter toute évolution éventuelle.