Sécurité routière - téléphone au volant : Osman Mahomed défend le durcissement des sanctions
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Le Défi Quotidien
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Le ministre justifie le passage de 5 à 10 points pour l’usage du téléphone au volant. Osman Mahomed invoque la sécurité routière et l’explosion du parc automobile.
Face aux interrogations et aux critiques suscitées par l’entrée en vigueur des nouveaux règlements encadrant l’usage du téléphone portable au volant, le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, a défendu, mercredi 10 juin, le renforcement du système de permis à points lors d’une conférence de presse tenue à son ministère. Il a notamment expliqué les raisons ayant conduit le gouvernement à porter de 5 à 10 le nombre de points attribués à cette infraction, tout en maintenant l’amende à Rs 3 000.
Selon les données communiquées par le ministre, 1 113 contraventions liées à l’usage du téléphone portable au volant ont été enregistrées depuis janvier dans le cadre du permis à points. Face aux critiques et aux débats qui ont émergé dans l’opinion publique, Osman Mahomed a affirmé que la réforme s’inscrivait dans une démarche plus large visant à renforcer la sécurité routière.Depuis la réintroduction du permis à points en janvier, les points sont cumulés sur une période de 36 mois. Lorsqu’un conducteur atteint le seuil de 15 points, son permis est suspendu pour une période de six mois.
Le ministre est revenu sur la décision prise par le gouvernement de durcir les sanctions liées à l’utilisation du téléphone portable au volant. « Lorsque j’ai présenté cela au Conseil des ministres le 8 mai, nous avons pris la décision d’augmenter le nombre de points de 5 à 10 », a-t-il déclaré. Jusqu’ici, l’infraction était passible de cinq points dans le cadre d’un barème allant de trois à six points.
La mesure relative au téléphone portable avait donné lieu à diverses interprétations, a constaté Osman Mahomed. « Certains disent que nous sommes laxistes, contrairement à La Réunion où l’on saisit immédiatement le permis », a-t-il relevé. Et d’ajouter, dans la foulée, « notre objectif n’est pas de remplir les caisses de l’État, mais de renforcer la sécurité routière ».
Il a d’ailleurs rappelé que l’amende n’a pas été modifiée. « Nous avons augmenté les points, mais l’amende reste la même », a-t-il souligné. « Le ‘fixed penalty notice’ pour le téléphone au volant reste à Rs 3 000. »
La réglementation, a insisté Osman Mahomed, vise spécifiquement l’utilisation d’un téléphone tenu en main pendant la conduite : « Nous parlons uniquement de l’usage de dispositifs tenus en main. » Selon lui, les modifications apportées à la réglementation de 2010 visent à tenir compte de l’évolution rapide des technologies de communication. « La réglementation de 2010 a été modifiée pour inclure les systèmes de communication disponibles depuis », a-t-il expliqué.
Le ministre a précisé que les systèmes mains libres demeurent autorisés. « La réglementation interdit l’usage du téléphone tenu en main et autorise les systèmes mains libres, y compris les oreillettes et le Bluetooth. »
Toutefois, certains dispositifs demeurent encadrés par la loi.
« Les oreillettes et le Bluetooth peuvent être sanctionnés jusqu’à Rs 10 000 d’amende », a-t-il précisé. Il a cependant souligné que ces infractions n’entraînent pas de retrait de points. « Ces dispositifs ne sont pas concernés par le système de points. »
Le ministre a également évoqué la question de la distraction au volant lors d’un récent « policy dialogue », estimant que les systèmes embarqués modernes soulèvent de nouveaux défis en matière de sécurité routière.
Pour expliquer le durcissement des règles, Osman Mahomed a replacé la réforme dans un contexte plus large de transformation du transport routier à Maurice. Selon les chiffres présentés, le nombre de véhicules enregistrés dans le pays a fortement augmenté en moins de deux ans. « Au 31 décembre 2024, il y avait 465 050 véhicules. Aujourd’hui, au 31 mai 2026, nous en sommes à 759 061 véhicules », a-t-il déclaré. Cette évolution représente, selon lui, « une augmentation de la flotte de véhicules de 63 % ».
Le ministre estime que cette croissance du parc automobile exerce une pression croissante sur les infrastructures et la société. « La flotte de véhicules a cinq effets qui augmentent : d’abord la pollution, ensuite les embouteillages, puis les accidents de la route, ensuite le ‘road rage’, et enfin notre facture d’importation. » Dans ce contexte, il considère que les autorités doivent adapter progressivement leur arsenal réglementaire afin de limiter les comportements à risque sur les routes.
Interrogé sur les prochaines étapes envisagées par son ministère, Osman Mahomed a indiqué que plusieurs mesures sont actuellement à l’étude. Parmi elles figure la possibilité de saisir les véhicules ou les permis de conduire dans certains cas. Une telle réforme nécessiterait toutefois des amendements législatifs. « La saisie de véhicules devra passer par le Parlement. Mais il y a encore beaucoup de détails à clarifier. »
Le ministre a ajouté que plusieurs questions juridiques demeurent en suspens, notamment en ce qui concerne les garanties constitutionnelles et le cas des véhicules appartenant à des entreprises. Il a également évoqué l’avenir du système Safe City. Actuellement utilisées principalement à des fins de surveillance, les caméras pourraient à terme servir à détecter certaines infractions routières. Selon lui, les équipements installés il y a une dizaine d’années ne disposent pas encore de cette capacité et devront être partiellement remplacés.
Osman Mahomed a enfin rappelé que l’Intelligent Transport System (ITS) permettra, à terme, d’automatiser davantage le contrôle routier grâce à la détection électronique de certaines infractions et à l’émission automatisée de contraventions.
Sans annoncer de changement immédiat supplémentaire, le ministère du Transport terrestre affirme vouloir poursuivre une stratégie combinant sensibilisation, adaptation du cadre légal et renforcement progressif des sanctions afin de réduire les risques liés à la distraction au volant.