Sécurité routière : sensibilisation et changements
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Le Dimanche /L' Hebdo
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Entre le 1er janvier et le 30 décembre 2025, 115 accidents mortels ont fait 123 victimes sur les routes mauriciennes, contre 125 accidents et 134 décès l’année précédente à la même période. La baisse est légère, le bilan reste lourd. Conscient de l’urgence, l’État a déjà annoncé l’entrée en vigueur du permis à points.
L’année 2026 s’annonce comme celle d’un tournant pour les usagers de la route. Police, ministère du Transport et société civile redoublent de vigilance pour freiner l’hécatombe.
« C’est un combat de longue haleine. Chaque année, nous nous efforçons de réduire le nombre d’accidents sur nos routes. De l’autre côté, nous avons davantage de kilomètres de routes et une flotte de véhicules qui continue d’augmenter », souligne le chef inspecteur Ramma, de la Road Safety Unit de la Traffic Branch.
La sensibilisation demeure un point essentiel en matière de sécurité routière. « La vitesse, l’alcool au volant, la drogue, le non-respect du Code sont autant de facteurs qui contribuent aux accidents mortels. Cette année, nous avons constaté un schéma. Sur les 115 accidents mortels recensés de janvier à décembre 2025, une trentaine de cas concernaient des conducteurs ayant effectué une sortie de route, dérapé ou percuté un parapet, sans qu’aucun autre véhicule ne soit impliqué. Nous comptons proposer des solutions pour éviter que ce genre de circonstances ne se reproduise », précise-t-il.
« Parmi les 123 morts dans des accidents de la route, treize ne détenaient qu’un “learner”, et dix-huit n’avaient pas de permis du tout. Il faut sensibiliser la population. Parler aux propriétaires de véhicules, aux entreprises, afin qu’ils ne prêtent pas leur véhicule à n’importe qui. Il faut aussi s’adresser aux parents. Une responsabilité collective est indispensable. Chacun doit se sentir concerné. »
Les autorités comptent sur le permis à points pour inciter les usagers à adopter un comportement plus responsable sur les routes. « En 2024, 5 363 automobilistes ont vu leur permis être disqualifié pour des infractions. En 2025, 4 949 personnes ont été concernées. Avec le permis à points, les gens seront davantage conscients des conséquences », explique-t-il.
Le constat est accablant. « C’est regrettable, mais nos chiffres montrent que malgré la présence de caméras fixes dans plusieurs régions, des habitants continuent de faire des excès de vitesse, même dans des zones équipées », déplore le chef inspecteur Mohit Ramma.
Même après la période des fêtes, la police compte accentuer sa vigilance. « Durant la période festive, nous effectuons habituellement des contrôles à Grand-Baie, Flic-en-Flac et dans d’autres lieux de divertissement le week-end. Toutefois, nous serons présents sur les routes tous les jours. Après les fêtes, nous continuerons à marquer notre présence », assure-t-il.
Une attention particulière sera portée aux aînés. « En 2025, 46 seniors sont morts sur nos routes. Nous collaborons avec la Sécurité sociale et d’autres organismes afin de réduire cette tendance pour l’année à venir. Avec la Traffic Management Road Safety Unit, nous poursuivrons la sensibilisation dans les écoles primaires. Des enseignants ont été formés par la Road Safety Unit. Les cours seront progressivement numérisés. Dès le plus jeune âge, les enfants doivent prendre conscience de l’importance de la sécurité routière », confie Mohit Ramma.
Deux personnes qui étaient dans un autobus sont mortes en 2025. Pour 2026, le ministère du Transport prévoit l’introduction de nouvelles normes pour les transports en commun. Un changement majeur est annoncé sur la période 2025-2029. Une réforme en profondeur du secteur est en préparation afin de renforcer le contrôle et la fiabilité des services d’autobus sur les routes.
Le futur cadre légal prévoit un encadrement plus strict des professionnels du secteur. Les procédures de délivrance et de renouvellement des permis pour les chauffeurs, receveurs et régulateurs de terminus seront revues, avec l’introduction d’un code de conduite obligatoire. L’objectif est clair : responsabiliser les acteurs, limiter les comportements à risque et améliorer le respect du Code de la route.
La sécurité sera également renforcée grâce à l’intégration de nouvelles technologies. Tous les autobus opérant sur les lignes régulières seront équipés d’un système de gestion de flotte, de GPS et de caméras de surveillance. Ces dispositifs permettront un suivi en temps réel des véhicules, un meilleur contrôle de la vitesse, des arrêts et du comportement des chauffeurs, tout en facilitant les interventions en cas d’incident.
Le Fleet Management System jouera un rôle central dans la prévention des accidents. En améliorant la planification des trajets, l’entretien des véhicules et la supervision quotidienne des opérations, il contribuera à réduire les défaillances mécaniques et les manœuvres dangereuses, souvent à l’origine de drames sur la route.
Avec près de 2 000 autobus en circulation transportant plus de 450 000 passagers chaque jour, le renforcement de la sécurité dans le transport public devient un enjeu majeur de sécurité nationale. La mise en place de caméras CCTV, sans diffusion en direct, visera à renforcer la sécurité à bord, tandis que la billetterie sans espèces devra réduire la fraude, fluidifier l’embarquement et améliorer l’efficacité globale du système de transport public. Cette réforme vise à faire de l’autobus un mode de transport plus sûr, plus discipliné et plus fiable, tout en contribuant à la réduction globale des accidents de la route.
À ce jour, 1 991 autobus sont en circulation à Maurice et à Rodrigues, transportant plus de 450 000 passagers quotidiennement. L’État consacre chaque année Rs 2,47 milliards aux compensations et aux subventions, en plus de Rs 100 millions destinées à la modernisation du secteur.