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Secteur agricole : Reza Uteem défend un recrutement encadré des travailleurs étrangers

Par Ruquyya Kurreembokus
Publié le: 22 July 2026 à 11:30
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Reza Uteem promet des inspections régulières  et une égalité salariale entre les ouvriers agricoles mauriciens et étrangers.
Reza Uteem promet des inspections régulières et une égalité salariale entre les ouvriers agricoles mauriciens et étrangers.

Face à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur agricole, Reza Uteem assure que le recrutement des travailleurs étrangers sera strictement encadré, réservé aux petits planteurs et éleveurs, avec inspections régulières et égalité salariale. 

Le ministre du Travail, Reza Uteem, a longuement défendu, mardi, à l’Assemblée nationale, les nouveaux règlements encadrant le recrutement de travailleurs migrants dans le secteur agricole. Face aux interrogations du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, il a assuré que le dispositif serait réservé aux petits planteurs et aux petits éleveurs, sous le strict contrôle de l’État.

D’entrée de jeu, le leader de l’opposition a demandé au ministre du Travail quelles mesures avaient été prévues afin « d’empêcher l’enregistrement d’associations, de fédérations ou de coopératives créées uniquement pour contourner les responsabilités des employeurs », mais aussi pour « assurer le respect de la loi, contrôler les rémunérations et empêcher les travailleurs migrants de passer illégalement d’un secteur à un autre ».

Dans sa réponse, Reza Uteem a expliqué que ce mécanisme visait avant tout à remédier à la pénurie de main-d’œuvre qui touche les petits planteurs. Il a rappelé que plus de 8 000 arpents de champs de canne sont aujourd’hui abandonnés, tandis que 9 000 tonnes de canne sont restées non récoltées, faute de travailleurs.

Le ministre a insisté sur le fait que le gouvernement ne souhaitait pas ouvrir ce système à n’importe quel opérateur. « Nous n’ouvrons pas les vannes. Seuls les petits planteurs et les petits éleveurs enregistrés pourront bénéficier de ce dispositif. »
Il a précisé que seules les fédérations, associations et coopératives légalement enregistrées, composées exclusivement de petits planteurs ou de petits éleveurs, pourront obtenir un permis d’exercer comme labour contractor. Les entreprises privées, les agences de recrutement et les autres prestataires en sont exclus.

Joe Lesjongard s’est ensuite intéressé aux consultations menées avant l’introduction de ces règlements. « Combien de réunions ont été organisées avec les syndicats et déposerez-vous les procès-verbaux démontrant qu’ils ont donné leur accord au concept de labour contractor, sous certaines conditions ? », a-t-il demandé.

Reza Uteem a répondu qu’une réunion tripartite s’était tenue le 10 mars 2026, en présence de plusieurs organisations syndicales. « Les représentants des syndicats étaient présents à cette réunion et plusieurs des points ayant fait l’objet d’un consensus ont été intégrés dans les règlements. » Le ministre a ajouté qu’il vérifierait auprès du State Law Office s’il était possible de déposer les procès-verbaux de cette réunion à l’Assemblée nationale.

Autre interrogation du leader de l’opposition : l’arrivée des premiers travailleurs migrants. « Le ministre confirme-t-il que le premier recrutement se fera sur une base pilote ? Et sera-t-il limité à 1 000 travailleurs ? », a demandé Joe Lesjongard.
Reza Uteem a confirmé le caractère pilote du projet, tout en précisant qu’aucune demande officielle d’enregistrement n’avait encore été reçue. « Nous n’avons fixé aucun plafond et, à ce jour, aucune demande de permis n’a été soumise à mon ministère. »

Le leader de l’opposition est revenu à la charge en évoquant les déclarations du ministre de l’Agro-industrie, selon lesquelles un premier contingent de 1 000 travailleurs, suivi d’un second de 2 500, était envisagé. « Quand ce premier groupe de travailleurs arrivera-t-il à Maurice et où sera-t-il hébergé ? », a-t-il demandé.

Le ministre a indiqué qu’il était encore trop tôt pour avancer un calendrier, tout en rappelant que les labour contractors devront eux-mêmes fournir des logements conformes aux normes sanitaires, de sécurité incendie et d’urbanisme avant toute délivrance de permis.

Inspections régulières 

Sur la question sensible des salaires, Joe Lesjongard a également voulu savoir si les travailleurs migrants seraient rémunérés selon les Remuneration Orders, alors que les travailleurs mauriciens bénéficient parfois de conventions collectives plus favorables.

« Y aura-t-il deux niveaux de rémunération, l’un pour les travailleurs migrants et l’autre pour les travailleurs locaux ? », a-t-il demandé. La réponse de Reza Uteem s’est voulue sans ambiguïté. « À Maurice, nous ne faisons aucune discrimination entre travailleurs mauriciens et travailleurs étrangers. À travail égal, salaire égal. Si une convention collective prévoit des conditions plus favorables, elles s’appliqueront également aux travailleurs migrants. »

Enfin, Joe Lesjongard a demandé comment le ministère entendait contrôler le respect des différentes grilles salariales selon les secteurs d’activité. Le ministre a expliqué que chaque contrat de travail préciserait le poste occupé ainsi que la rémunération applicable. Il a annoncé que des inspections régulières seraient menées par les divisions du Travail et de l’Emploi, avec l’appui de la Mauritius Cane Industry Authority. Il a également révélé qu’un contrat type était actuellement élaboré par son ministère, en consultation avec le State Law Office, afin d’encadrer les conditions d’emploi des travailleurs migrants et d’empêcher tout changement illégal de secteur d’activité.
 

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