Sècheresse aggravée : des Mauriciens modifient leurs habitudes pour s’adapter
Par
Roshnee Santoo
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Roshnee Santoo
L'état des réservoirs qui se vident petit à petit plonge le pays dans l’inquiétude. Et qui dit sècheresse aggravée, dit mesures drastiques. Les autorités tentent, tant bien que mal, de limiter les dégâts en imposant des restrictions d’eau draconiennes et sanctionnent les gaspilleurs. Quid des Mauriciens ? Ont-ils modifié leurs habitudes. Le Défi Plus a recueilli leurs témoignages dans les rues de Port-Louis.
« En début d’été, nous avons fait appel aux camions-citernes pour nous approvisionner en eau et nous sommes devenus conscients de la valeur de cet or bleu. Désormais, avec la sècheresse aggravée, je me montre plus sévère par rapport à la consommation d’eau. D’ailleurs, mes filles peuvent en témoigner. Je leur impose des douches rapides afin d’éviter le gaspillage ».
« Chez moi, la fourniture d’eau est très restreinte. De ce fait, se réveiller à l’aube pour ramasser de l’eau dans des récipients est devenu notre routine. C’est stressant, surtout lorsqu'il faut se rendre au travail. Actuellement, nous perdons moins de temps dans la salle de bain afin d’éviter le gaspillage. Sinon, je suis pompier et quand je sillonne l’ile dans le cadre du travail, je suis triste de constater les nombreuses perditions d’eau à cause des tuyaux cassés ».
« Personnellement, ma routine en matière de consommation d’eau n’a pas changé, car je n’ai pas à arroser ou de voiture à laver. En général, j’utilise très peu d’eau, juste pour effectuer les tâches ménagères ».
« En cette période de sècheresse aggravée, nous changeons nos habitudes. Par exemple, la fréquence des lavages à la machine a diminué et on essaye d’économiser l’eau lorsqu’on prend notre bain. La situation est critique, chaque goutte d’eau compte ».
« La consommation d’eau est plus au moins la même, mais il n'y a qu'un mince filet d'eau qui s'échappe du robinet. De ce fait, cela prend plus de temps pour effectuer les tâches ménagères, car il faut attendre que les récipients se remplissent. Et on n'est pas au bout de notre peine avec les autorités qui prévoient de revoir les horaires de distribution. Je profite de cette occasion pour demander au gouvernement de miser sur les plans de conservation d’eau ».
« Chez moi, nous avons modifié définitivement nos habitudes. Désormais, on donne la priorité à nos tâches ménagères. On évite de laver la voiture et la cour, et si on le fait, on privilégie un nettoyage rapide afin d’éviter le gaspillage d’eau. On écourte aussi les bains ».
« La situation actuelle demande toute une organisation. Maintenant, notre quotidien est réglé comme du papier à musique afin de pouvoir effectuer toutes nos tâches telles que la lessive et la vaisselle, sans oublier les bains, entre autres ».
« Étant un employé d’hôtel, je suis rarement à la maison. Par conséquent, je suis déjà très limité dans mon utilisation d’eau. Comme nous buvons de l’eau en bouteille, je dois dire que je n’ai pas changé mes habitudes, malgré la sècheresse aggravée ».
« Nous renonçons au nettoyage de la cour, entre autres, et nous utilisons l’eau pour les tâches prioritaires. Personnellement, je crains que la sècheresse devienne récurrente chaque année. Vu que celle qui prévaut actuellement est sévère et prolongée, nous adoptons de nouvelles habitudes au niveau de notre consommation d’eau. Tant que les autorités ne viennent pas avec des solutions pour améliorer la situation, nous devons religieusement suivre ces bonnes habitudes ».
« Personnellement, je suis exigeant sur l’utilisation de l’eau. J’ai toujours été contre le gaspillage. De ce fait, j’ai développé de bonnes habitudes au fil des années. Ça forme partie de mes principes. Ceci dit, en cette période de sècheresse aggravée, je suis d’autant plus interpellé et de facto, plus consciencieux de ma propre utilisation d’eau, surtout par rapport à ces foyers qui sont les plus affectés, notamment dans le sud de l’ile ».