Mise à jour: 24 janvier 2026 à 10:34

School Certificate 2025 : les causes d’un échec

Par Annick Daniella Rivet
Image
Didier Moutou et Ritesh Rao.
Didier Moutou et Ritesh Rao.

La publication des résultats du School Certificate 2025 met en lumière un taux d’échec préoccupant. La majorité des candidats n’a pas atteint le seuil des trois credits, soulevant de sérieuses interrogations sur l’efficacité du système éducatif mauricien et l’accompagnement des élèves en difficulté.

Les derniers résultats obtenus au School Certificate (SC) sont jugés alarmants. Ils révèlent une baisse du niveau scolaire et plongent de nombreux jeunes dans l’incertitude quant à leur avenir académique et professionnel. Plus d’un candidat sur deux au SC n’a pas réussi à décrocher les trois credits nécessaires pour accéder au Grade 12. Cette situation remet sur la table la question de la pertinence et de l’efficacité du système éducatif mauricien.

Ces interrogations étaient au cœur de l’émission « Au cœur de l’info », diffusée le vendredi 23 janvier et animée par Ashna Nuckcheddy-Rabot, autour du thème : « Le système éducatif est-il en crise ? ».

Invité de l’émission, Didier Moutou, recteur du collège Bhujoharry, estime que les élèves concernés sont ceux qui ont dû affronter de nombreux défis personnels et sociaux. Il pointe notamment les effets du confinement lié à la pandémie de Covid-19. Durant cette période d’isolement, de nombreux enfants ont développé une dépendance aux téléphones portables.

À la rentrée post-confinement, selon lui, l’assouplissement des modes d’évaluation, la promotion automatique et l’accès inégal aux cours en ligne ont accentué les disparités. « Ces enfants ont vécu, très jeunes, certains traumatismes et doivent faire face à de multiples problèmes. Il en résulte un manque de concentration et de temps consacré à l’apprentissage », souligne-t-il.

Didier Moutou insiste également sur la nécessité de repenser le vivre-ensemble et les valeurs, ainsi que d’assurer un suivi parental de ce qui se passe à l’école. Concernant le système des trois credits pour accéder au Grade 12, il estime qu’il s’agit d’un dispositif permettant aux élèves de concrétiser leurs ambitions et de poursuivre des études tertiaires. Cela suppose toutefois que les chefs d’établissement assurent pleinement leur rôle d’accompagnement et de motivation.

Autre invité, Ritesh Rao Poliah, pédagogue et expert en réformes éducatives, a rappelé les conclusions de son dernier ouvrage, « The State of the Education System in Mauritius ». Il y compare le modèle mauricien à celui de Singapour, qu’il cite en exemple. Selon lui, le système éducatif mauricien souffre d’une faiblesse structurelle majeure : il ne repose sur aucune base solide. « À Singapour, il existe une fondation sur laquelle bâtir. À Maurice, cette assise fait défaut », fait-il ressortir.

Publicité
À LA UNE
defiplus