Scandale sexuel aux États-Unis - Affaire Epstein : Maurice apparaît dans les documents déclassifiés

Par Elodie Domun, Patrick Hilbert
Publié le: 3 février 2026 à 11:31
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Jeffrey Epstein a ete retrouvé mort dans sa cellule au Metropolitan Correctional Center en août 2019, un mois après son arrestation.
Jeffrey Epstein a ete retrouvé mort dans sa cellule au Metropolitan Correctional Center en août 2019, un mois après son arrestation.

Des sociétés mauriciennes, des séjours et des échanges professionnels figurent dans les millions de pages rendues publiques par la justice américaine. Aucune implication criminelle n’est établie à ce stade.

L’île Maurice figure dans les « Epstein Files ». Parmi les millions de documents déclassifiés le 30 janvier dernier par le département de la justice des États-Unis dans le cadre de l’enquête sur Jeffrey Epstein, plusieurs références font état de liens avec le territoire mauricien. Plus de trois millions de pages, 180 000 images et 2 000 vidéos ont été rendues publiques, constituant la divulgation la plus massive à ce jour sur cette affaire qui a défrayé la chronique.

Cette transparence imposée par l’Epstein Files Transparency Act, texte de loi signé par le président Donald Trump en 2025, intervient six semaines après un délai manqué par les autorités. Elle vise à lever le voile sur les enquêtes fédérales concernant le réseau d’exploitation sexuelle présumé orchestré par ce financier américain décédé en détention en 2019.

Parmi la masse documentaire figurent plusieurs mentions de Maurice. Des sociétés y sont citées, dont une entreprise d’Ébène spécialisée dans la gestion de fonds, qui déclarait administrer plus de 2,5 milliards de dollars en trente mois. 

Les fichiers font également état de séjours sur l’île, de numéros de téléphone mauriciens et d’échanges professionnels. Un courriel de Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins lui-même mis en cause pour agressions sexuelles sur mineures, mentionne par ailleurs une ancienne mannequin mauricienne ayant participé à un concours international.

Un empire bâti sur l’argent et l’influence

À ce stade, rien ne permet d’établir un lien direct entre ces éléments et les crimes reprochés à Jeffrey Epstein. Sollicitées, les autorités mauriciennes n’avaient pas réagi au moment de la publication.

Né le 20 janvier 1953 à New York, Jeffrey Epstein a bâti sa fortune en gérant les actifs de clients fortunés, à commencer par le milliardaire Leslie Wexner. Sa richesse, estimée à plusieurs centaines de millions de dollars, lui a permis d’acquérir des propriétés luxueuses : une île privée dans les îles Vierges américaines, Little St. James – soupçonnée d’avoir servi de théâtre à des délits sexuels –, ainsi que des résidences à New York, Paris et Palm Beach.

C’est en 2005 qu’une enquête du FBI révèle les premières accusations d’abus sexuels portant sur des dizaines de jeunes filles. Recrutées sous couvert de massages, elles auraient été contraintes à des actes sexuels. Trois ans plus tard, en 2008, Epstein plaide coupable en Floride pour sollicitation de prostitution impliquant une mineure de 14 ans. L’accord conclu avec les procureurs fait scandale : il n’écope que de 18 mois de prison, dont il ne purgera que 13, bénéficiant de permissions de sortie quotidiennes.

Malgré cette condamnation, le financier continue de fréquenter les cercles du pouvoir. Les documents mentionnent des liens avec des présidents américains comme Bill Clinton et Donald Trump, le prince Andrew du Royaume-Uni, ou encore Elon Musk et Harvey Weinstein. Ces associations ne constituent pas en soi des preuves d’actes répréhensibles de leur part, mais témoignent de l’étendue du réseau social tissé par Epstein.

Une mort qui alimente les théories

En juillet 2019, Jeffrey Epstein est arrêté à New York pour trafic sexuel fédéral et conspiration. Les charges visent l’exploitation de dizaines de mineures entre 2002 et 2005. Un mois plus tard, le 10 août, il est retrouvé mort dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center. La mort est officiellement qualifiée de suicide par pendaison, mais alimente une myriade de théories du complot que les enquêtes ultérieures n’ont pas confirmées.

En 2021, Ghislaine Maxwell, proche collaboratrice d’Epstein, est condamnée à 20 ans de prison pour avoir participé au recrutement et à l’exploitation de victimes mineures. Les nouveaux documents publiés détaillent les investigations menées, les communications d’Epstein et des allégations selon lesquelles il aurait fourni des victimes à d’autres hommes. Les autorités ont toutefois indiqué ne pas disposer de preuves suffisantes pour poursuivre d’éventuels complices.

Cette publication renforce l’intérêt public pour l’affaire, révélant des aspects inédits des enquêtes et des interactions d’Epstein. Des mentions de divers pays et individus dans ces dossiers, y compris des références à Maurice, font l’objet d’analyses complémentaires.
 

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