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Scandale 1MDB en Malaisie: l'ex-Premier ministre Najib en prison

L'ancien Premier ministre malaisien Najib Razak est assis dans un véhicule de police quittant le plus haut tribunal du pays après que celui-ci a confirmé la condamnation de l'ancien dirigeant pour corruption dans le cadre du scandale financier 1MDB, à Putrajaya, le 23 août 2022. (Photo : MOHD RASFAN / AFP)

L'ex-Premier ministre malaisien  Najib Razak a été placé en détention à l'issue de la confirmation par la plus haute juridiction du pays de sa condamnation à 12 ans de prison pour corruption dans le cadre du scandale financier 1MDB.

La belle-fille de l'ex-chef du gouvernement, Nur Sharmila Shaheen, a indiqué que sa famille avait appris qu'il a été conduit à la prison de Kajang, située au sud de la capitale Kuala Lumpur.

En dépit de sa condamnation en première instance, il n'avait jamais effectué de détention.

"Mon beau-père nous a demandé de prendre soin de la famille. Il est resté fort et calme", dit-elle.

La présidente de la Cour fédérale, Maimun Tuan Mat, qui s'exprimait au nom des cinq juges a déclaré que le tribunal avait estimé que les "plaintes de M. Najib contenues dans la procédure d'appel étaient dénuées de tout fondement".

"Au vu de l'ensemble des preuves, nous estimons que sa condamnation pour les sept chefs d'accusation est sûre. Nous estimons également que la peine n'est pas démesurément excessive", a-t-elle ajouté.

Les appels sont "rejetés à l'unanimité et la condamnation et la peine sont confirmées", a déclaré Mme Maimun.

La décision de la Cour fédérale a été rendue après le rejet par le tribunal d'une demande en dernière minute des avocats de Najib visant à récuser la présidente du tribunal, en invoquant sa partialité.

- "Je vous prie de me pardonner" -

Najib Razak avait été condamné en juillet 2020 à 12 ans de prison et à une amende de 210 millions de ringgits (47 millions d'euros) dans l'affaire 1MDB, une fraude aux ramifications planétaires portant sur plusieurs milliards de dollars.

Les accusations contre cet homme de 69 ans sont liées à un scandale de corruption impliquant le fonds de richesse publique 1Malaysia Development Berhad (1MDB).

En 2020, un tribunal l'avait reconnu coupable de sept chefs d'accusation - centrés sur un total de 42 millions de ringgit (9,4 millions de dollars ; 8 millions de livres sterling) qui ont été transférés de SRC International - une ancienne unité de 1MDB - sur ses comptes privés.

Il a été condamné à 12 ans de prison et à une amende de 210 millions de ringgit (46,8 millions de dollars ; 39,7 millions de livres sterling).

L'équipe de défense avait fait valoir que Najib avait été amené à croire que les fonds sur ses comptes étaient des dons de la famille royale saoudienne et non des détournements du fonds d'État.

Ils ont également affirmé qu'il avait été induit en erreur par des conseillers financiers, en particulier le financier en fuite Jho Low - qui a été inculpé à la fois aux États-Unis et en Malaisie mais qui clame son innocence.

Najib Razak a été condamné en juillet 2020, mais avait été libéré sous caution en attendant l’issue de son procès en appel.

Lors de l'énoncé du verdict ce mardi, l'ancien Premier ministre avait l'air sombre et abattu, assis à côté de sa femme Rosmah et de ses deux enfants.

Des journalistes qui se trouvaient dans une pièce adjacente et qui suivaient les débats par liaison vidéo ont vu Najib Razak entouré de membres de sa famille, d'amis et de membres de son parti.

A l'extérieur du tribunal, des proches et des partisans s'étreignaient en larmes.

Plus tôt dans la journée, lorsque Najib Razak est arrivé au tribunal, environ 300 partisans ont entouré sa voiture en scandant "bossku" - "mon patron" en malais - un cri de ralliement pour ceux qui ont pris sa défense.

Juste avant le verdict, M. Najib, qui avait déclaré avoir bénéficié d'un procès inéquitable, a demandé avec force un report de deux mois du procès afin de pouvoir préparer correctement sa défense.

Au cours d'une pause, il s'est adressé à ses partisans, leur disant: "si je suis coupable, je vous prie de me pardonner".

Selon des analystes, la confirmation de sa condamnation pourrait faire échouer tout projet de retour en politique de l'ex-Premier ministre.

- Grâce du roi? -

"Si M. Najib est reconnu coupable, il lui sera interdit de se présenter aux prochaines élections. De toute évidence, sa carrière politique est terminée", a déclaré à l'AFP James Chin, professeur d'études asiatiques à l'université de Tasmanie, avant l'énoncé du verdict.

"En vertu de la loi malaisienne, M. Najib ne peut pas se présenter à cette élection et à la prochaine élection", a-t-il ajouté, faisant référence aux spéculations selon lesquelles des scrutins pourraient avoir lieu cette année.

Des élections ne sont pas prévues avant septembre 2023.

De son côté, Oh Ei Sun, principal conseiller du groupe de réflexion Pacific Research Center of Malaysia, estime que M. Najib peut obtenir une grâce du roi.

"Il peut toujours demander la clémence (du roi)", a-t-il déclaré à l'AFP. "Et s'il est gracié, comme beaucoup s'y attendent, il pourrait facilement organiser son retour, car ses partisans à l'esprit féodal sont nombreux".

M. Oh a toutefois précisé que l'actuel Premier ministre Ismail Sabri Yaakob - qui appartient au même parti, l'UMNO (Organisation nationale des Malais unis) - devrait préconiser la grâce.

Ce vaste scandale avait largement contribué à la défaite électorale de la coalition emmenée par cet homme politique en mai 2018.

Najib Razak et des complices étaient accusés d'avoir utilisé pour des achats fastueux, allant de l'immobilier à des oeuvres d'art en passant par un yacht, l'argent qu'on leur reproche d'avoir détourné du fonds 1MDB, initialement créé pour permettre le développement de l'économie malaisienne.

Sources : AFP, BBC, The New York Times

 

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