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Santé publique - Chikungunya : Quatre-Bornes au cœur de l’épidémie

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 22 avril 2026 à 11:30
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Des exercices de larviciding permettent de contenir les cas sporadiques recensés en dehors des zones les plus touchées.

L’épidémie de chikungunya ne faiblit pas à Maurice. Avec 59 nouveaux cas enregistrés en 24 heures et une moyenne quotidienne de 40 contaminations, les autorités sanitaires appellent la population à redoubler de vigilance et de responsabilité individuelle.

Le bilan s’alourdit. Depuis le début de l’année, 1 474 cas de chikungunya ont été recensés à Maurice, dont 87 cas actifs actuellement, selon le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé.

Sur le plan géographique, l’épidémie se déplace et s’intensifie. Si les quartiers périphériques de Rose Hill continuent d’enregistrer des cas, le Dr Khodabocus note une légère baisse dans ces localités. En revanche, la région de Quatre-Bornes et ses environs – Bassin, La Louise et Palma – concentrent désormais la majorité des nouvelles contaminations. Les régions de La Caverne, Vacoas, Résidences La Cure ainsi que Tyack, à Rivière-des-Anguilles, sont également touchées.

Le directeur par intérim des services de santé explique cette persistance par les conditions climatiques. « Le chikungunya persiste toujours en raison de la persistance du climat chaud et des pluies passagères, ce qui est favorable pour la prolifération des moustiques. » Il rappelle à ce titre l’importance d’éliminer tout ce qui peut servir de gîtes larvaires et préconise l’utilisation de répulsifs pour se protéger des piqûres.

Au-delà de la prévention individuelle, le Dr Khodabocus insiste sur un maillon essentiel dans la chaîne de transmission : l’isolement des personnes infectées. Si la période d’incubation est généralement de trois à sept jours, une personne contaminée reste « contagieuse » pendant environ sept jours. Durant cette période, un moustique qui pique une personne infectée peut transmettre la maladie à d’autres. Il est donc impératif, selon lui, que les malades demeurent à domicile pour éviter de nouvelles contaminations.

Appel à la responsabilité

Pour accompagner cette mesure, les autorités délivrent un certificat médical de sept jours. «  Nous leur donnons un certificat médical de sept jours pour qu’ils restent à la maison afin de compléter le nombre de jours nécessaire pour se rétablir », précise le Dr Khodabocus. Cette procédure permet également que les patients soient en dehors de leur période virémique. Les services sanitaires prennent régulièrement contact avec les personnes en isolement à domicile pour s’assurer du respect de cette consigne.

Toutefois, le protocole n’est pas suivi par tous. Le directeur par intérim reconnaît qu’il est difficile de le confirmer pour l’ensemble des cas. Face à ce constat, il fait appel à la responsabilité de chacun. « Nous demandons à chaque personne de faire preuve de responsabilité. S’il est atteint de chikungunya, il doit rester à la maison s’il a eu un certificat médical, car il est infectieux pendant cinq à sept jours. S’il est piqué par un moustique, l’insecte va transmettre la maladie à d’autres personnes. »

Le Dr Khodabocus indique que les proches des personnes infectées ont été contaminés par la suite dans de nombreuses situations. Hospitaliser l’ensemble des cas n’est pas envisageable, car il y aurait davantage de pression sur le système public de santé. « Il est important que le public réalise que si on leur demande de rester à la maison, il faut respecter cette consigne. »

Sur le terrain, pour chaque cas signalé, des inspecteurs sanitaires procèdent à un fever survey dans le périmètre concerné. Les équipes ont été renforcées grâce au soutien de la Special Mobile Force et de MauriFacilities, entre autres. Des exercices de larviciding permettent de contenir les cas sporadiques recensés en dehors des zones les plus touchées. Selon le Dr Khodabocus, les autorités parviennent, tant bien que mal, à maîtriser la propagation de l’épidémie.

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