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Santé - Don d’organes : la promulgation partielle de la loi interpelle 

Bose Soonarane Bose Soonarane, porte-parole de la Renal Disease Patient Association.

Cela fait plus d’un an que la loi sur le don d’organes a été votée. Sauf que seules les deux premières parties ont été proclamées. Et de nouvelles consultations auront bientôt lieu. Annonce faite par le ministre de la Santé. Pour certains, comme Bose Soonarane, porte-parole de la Renal Disease Patient Association, il s’agit d’un « retour à la case départ ».

La loi sur le don d’organes a été votée il y a plus d’un an. Plus précisément en juin 2018. Pourtant, selon le ministre de la Santé Anwar Husnoo, « only Parts I and II, that is, sections 2 to 7 of the Act 2018 have been proclaimed on 22 January this year to enable the setting up of the Tissue Donation, Removal and Transplant Board ». C’est la réponse qu’il a donnée à l’Assemblée nationale le mardi 17 septembre 2019, suivant une question de Kavi Ramano qui voulait savoir les mesures prises depuis que la Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Act a été votée. 

Anwar Husnoo a ajouté que de nouvelles consultations auront bientôt lieu. Il a précisé que le Board travaille sur la configuration administrative et les divers règlements qui seront mis en place pour que les autres sections de la loi deviennent une réalité. 

Déclaration qui laisse pantois Bose Soonarane. Pour le porte-parole de la Renal Disease Patients Association, « c’est retour à la case départ ». Il précise que le but d’abroger la loi de 2006 portant sur le don d’organes était justement de faire place à celle de 2018 qui doit notamment autoriser le don d’organes entre personnes n’ayant aucun lieu de parenté. 

Ce qui l’interloque aussi est le fait que le ministre ait annoncé qu’il y aurait des consultations prochainement. Pour lui, il y a déjà eu de nombreuses discussions avant la formulation de la nouvelle loi. « Pourquoi en faut-il de nouvelles ? » se demande-t-il, faisant référence à la déclaration d’Anwar Husnoo au sujet de l’aide sollicitée pour l’élaboration des paramètres de cette loi et de la configuration administrative. Ce dernier a en effet annoncé que son ministère a demandé l’assistance du Dr Benedict Lyle Philips et du professeur Nizam Fatehmamode qui sont des chirurgiens spécialisés dans les greffes au Guy’s and St Thomas’ NHS Foundation Trust en Grande-Bretagne. Ces experts devraient d’ailleurs être à Maurice en novembre prochain.

Expertise étrangère 

Bose Soonarane souligne que ce n’est pas la première fois que l’assistance d’étrangers est sollicitée. Il rappelle que Maurice a déjà bénéficié de l’expertise du Dr Rajsingh Purgus, néphrologue travaillant en France. Ce dernier, dit-il, avait été sollicité par l’ex-ministre de la Santé Anil Gayan en vue des amendements devant être apportés à l’ancienne loi et de la mise en place des structures. Bose Soonarane tient à faire ressortir que l’Organisation mondiale de la santé donne déjà des paramètres relatifs aux transplantations. 

Le porte-parole de la Renal Disease Patients Association ne comprend pas pourquoi plus d’un an après, les choses ne semblent pas avancer pour faciliter les greffes à Maurice. Il dit ne pas non plus comprendre pourquoi les patients doivent encore se rendre en Inde pour leur transplantation. 

Ce que déplore également un néphrologue du privé qui a requis l’anonymat. Il estime qu’il manque de tout dans le service de santé publique pour que les greffes deviennent vraiment une réalité. Selon lui, il ne suffit pas d’avoir un bâtiment et quelques équipements. « Il faut une bonne mise en place, des équipements à la pointe de la technologie et un personnel formé et qualifié. Le public doit être préparé, surtout en matière de transplantation à partir de donneurs cadavériques. » 

Dans de nombreux pays, poursuit le néphrologue, les transplantations sont courantes. Il est d’avis que Maurice devrait leur emboîter le pas beaucoup plus rapidement. « On ne peut pas se contenter d’envoyer les patients à l’étranger pour ce type d’interventions. C’est quelque part mettre leur santé en péril », dit-il. 

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