Santé - Chikungunya : une course contre la montre à Rose-Hill

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 6 mars 2026 à 12:00
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fumigation
 96 sites ont été identifiés par l’inspectorat sanitaire comme propices à la prolifération des moustiques dans la région de Rose-Hill.

Face à la prolifération du chikungunya, les autorités sanitaires multiplient les interventions dans la région de Rose-Hill. Entre nettoyage des terrains en friches, fumigation et lâcher de moustiques stériles, la riposte s’organise.

La majorité des cas de chikungunya recensés à Maurice se concentrent dans la localité de Rose-Hill et ses zones périphériques. C’est là que l’épidémie aurait trouvé sa genèse, selon la Dre Diana Iyaloo, responsable du Vector Biology and Control of Diseases (VBCD). « Nous pensons que le cas qui a officiellement été rapporté n’était sans doute pas le premier, mais qu’il a été notifié aux autorités tardivement », estime-t-elle. Ce délai aurait laissé le temps à la maladie de se répandre.

La détection des cas se révèle d’autant plus compliquée que certaines personnes ne présentent pas de symptômes sévères. En cas de courbatures, elles ne consultent pas de médecin ou attribuent leurs maux à la grippe, ignorant ainsi qu’elles ont été infectées. Or, un moustique les ayant piquées peut ensuite s’attaquer à d’autres personnes et propager le virus. De nombreux cas ne sont donc sans doute pas rapportés.

Des cas isolés sont désormais enregistrés dans d’autres régions, mais les autorités sanitaires affirment encore maîtriser la situation en dehors du foyer principal. Sur le terrain, c’est une course contre la montre qui est engagée. L’inspectorat sanitaire du ministère de la Santé a identifié 96 lieux susceptibles de favoriser la prolifération des moustiques. L’identification des zones à nettoyer concerne les régions de Rose-Hill, Stanley, Trèfles et Roches-Brunes, où de nombreux cas ont été recensés.

Terrains en friches

Ces localités comptent de nombreux terrains en friches qui constituent de véritables foyers de prolifération de moustiques. Une liste a été soumise à la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill afin d’organiser une campagne de nettoyage, mais aussi d’éliminer les déchets entassés susceptibles de devenir des gîtes larvaires ou d’attirer les rats. Une coordination a été engagée avec le ministère des Collectivités locales à cet effet. 

Des inspections se tiennent également dans les cours privées. Face au manque de ressources humaines au niveau de l’inspectorat, les officiers du VBCD unissent leurs efforts pour mieux coordonner les actions sur le terrain. Plusieurs ministères se sont également mobilisés en renfort : l’Agro-industrie, l’Environnement, les Collectivités locales, ainsi que Mauri Facilities Ltd.

Les indicateurs restent préoccupants. Si la densité de moustiques est en baisse dans les zones actuellement traitées, elle demeure élevée dans d’autres localités où aucune intervention n’a encore eu lieu. L’indice de Breteau varie ainsi de 7 à 15 dans certaines régions, ce qui est jugé conséquent. « Cette situation est due à la chaleur et aux conditions climatiques, avec des averses intermittentes dans certaines localités », explique la Dre Iyaloo, qui ne cache pas son inquiétude : l’été et la saison pluvieuse ne sont pas terminés.

Protocole de lutte

Face à cette situation, les autorités ont activé le protocole de lutte contre le chikungunya : « mist blowing », fumigation et « larviciding » ont été déployés, accompagnés d’une campagne de communication dans les localités concernées et à travers les médias. Des pièges ont également été installés pour suivre la progression des mesures mises en place.

Une fois les traitements chimiques achevés, il est prévu de lâcher des moustiques stériles, afin de réduire la population de moustiques. Cette technique est destinée à atteindre les lieux inaccessibles aux autres méthodes de contrôle. 

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