« Mon état d’esprit… je ne suis ni accablé ni surpris ! » C’est par ces mots que Gérard Sanspeur a ouvert sa conférence de presse, ce vendredi après-midi 29 août, après avoir quitté la Banque de Maurice (BoM) à la suite d’un appel du Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui lui a demandé de démissionner car « il faisait face à une grande pression ».
Publicité
L’ancien Second Deputy Governor a affirmé n’être « ni déçu » ni « quelqu’un qui a reçu une claque ». En revanche, il a directement pointé du doigt le gouverneur de la BoM, Rama Sithanen, qu’il accuse d’avoir « pendant des mois, cherché à se débarrasser » de lui en lui tendant « toutes sortes de pièges ».
Gérard Sanspeur a assuré bénéficier du « soutien total du Premier ministre » pour « dire la vérité » et tenir cette conférence. Selon lui, son départ ne fragilisera pas l’alliance gouvernementale :
« Mon départ ne va pas créer des problèmes pour l’Alliance mais va la raviver… Je crois que cette situation mènera vers des opportunités. Je ne veux pas qu’on gâche cette opportunité, un 60-0 ; je ne veux pas qu’on la transforme en cauchemar », a-t-il déclaré.
Il a également dénoncé ce qu’il qualifie d’« arsenal de harcèlement », destiné à le pousser vers la sortie, relatant notamment un épisode où il s’était vu reprocher une prétendue insatisfaction du Premier ministre et de son adjoint à son égard. « Un jour, le PM m’a fait savoir qu’il allait me féliciter au Parlement dans un cas particulier. Je me suis dit : un PM insatisfait de moi n’irait pas me louer devant le Parlement », a-t-il souligné, tout en reconnaissant que ces neuf derniers mois ont été pour lui éprouvants, mais qu’il ne regrettait rien.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a finalement tranché ce vendredi pour désamorcer la crise au sommet de la Banque de Maurice, en demandant à Gérard Sanspeur de « step down ». Cette décision intervient dans un contexte de conflit ouvert entre Sanspeur et Rama Sithanen, sur fond de polémiques liées à la Mauritius Investment Corporation, au dossier relatif aux prêts de plusieurs centaines de millions de roupies à des entités proches de l’ancien régime, ainsi qu’à la suspension de Chidanand Rughoobur, analyste et président du syndicat de la Bank of Mauritius Employees Union.

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !