Sanjay et Gina : vivre pleinement sans voir
Par
Ajagen Koomalen Rungen
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Ajagen Koomalen Rungen
Sanjay Brambodary, 59 ans, et Gina Brambodary, 56 ans, sont aveugles. Ils se sont rencontrés à l’école des aveugles. Sanjay y est depuis 1987. Gina le rejoint en 1992. Une relation se construit progressivement, fondée sur la compréhension mutuelle et la solidarité.
Ils se sont mariés un 15 août. Ils ont quatre enfants : Nivans (33 ans), Nivesha (30 ans), Nikeith (28 ans) et Nikesha (23 ans). Ils vivent avec la mère de Sanjay, Sobha, qui a joué un rôle clé dans l’organisation familiale.
Gina perçoit une légère lumière lorsque l’éclairage est allumé. Sanjay, lui, ne voit rien. Leur quotidien est parfaitement structuré. Sanjay utilise la machine à laver, étend le linge et gère certaines tâches ménagères. Il ne distingue pas les couleurs, mais les reconnaît grâce à l’habitude et à la disposition des vêtements.
Gina cuisine tous les jours. Elle connaît l’emplacement de chaque ustensile, allume le four sans difficulté et dose les ingrédients avec précision. « Avec le temps, nos sens se développent », explique Sanjay. « Nous faisons tout comme les autres. »
Gina est femme au foyer. Sanjay a ouvert sa propre entreprise artisanale. Ensemble, ils ont élevé leurs enfants dans un cadre structuré et aimant, avec l’aide de Sobha.
Les sorties en famille, les promenades et les moments passés à la mer font partie de leur équilibre. « Nous voulons que nos enfants vivent normalement », explique Gina. « Le handicap ne doit pas être une barrière. »
Pour ces deux couples, l’amour ne se limite pas à une date. « La Saint-Valentin, c’est tous les jours », avance Sanjay. Ils parlent des difficultés, des doutes et des moments de fatigue, mais jamais de renoncement. Leur message est clair : la non-voyance impose des adaptations, mais n’empêche ni l’amour, ni l’autonomie, ni la dignité.
Farida, Roger, Sanjay et Gina ont appris à voir autrement. Par les sons, le toucher, la mémoire et surtout par la confiance. Leur histoire rappelle que l’amour ne dépend pas du regard, mais de la force du lien qui unit deux personnes.
Dans le cadre de la Saint-Valentin, leurs témoignages résonnent comme une leçon de vie : aimer, c’est avant tout ressentir.