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Sandra Gorayeb candidate aux législatives en France : «Je connais les prob1émes des Français à l’étranger»

Sandra Gorayeb

Candidate suppléante d’Ali Hojeij aux législatives françaises (5 et 19 juin) en tant que représentante des Français à l’étranger dans la 10e circonscription (avec 49 pays, dont Maurice), Sandra Gorayeb a rencontré ses compatriotes durant deux sessions cette semaine. Elle déplore  que « les Français hors de la métropole soient considérés comme des citoyens à part ».

Vous êtes engagée auprès d’Ali Hojeij pour les élections législatives des Français de l’étranger pour la 10e circonscription. Pourquoi avez-vous fait ce choix ?
Ali Hojeij a une conception du rôle de député des Français de l’étranger et une volonté d’engagement qui cadre avec mes convictions. Il est pragmatique, sa formation et son métier d’avocat sont des atouts qui lui permettront, s’il est élu, de ne pas faire de la figuration à l’Assemblée nationale. Il est né et a grandi en Afrique. Il sait ce qu’est être Français de l’étranger. Et enfin, il est jeune, cela aussi est un atout important, car notre circonscription regroupe 49 pays : Liban, Émirats arabes unis, Afrique centrale et australe, Madagascar et bien sûr l’île Maurice. Il faut siéger trois jours par semaine à l’Assemblée nationale, tout en étant un élu de proximité. Et Ali s’est engagé fermement à être assidu dans l’hémicycle et à défendre la circonscription. Et c’est cela que nos compatriotes attendent : un élu à disposition, à l’écoute et en mesure d’apporter des réponses aux problématiques que les Français de l’étranger rencontrent dans leur quotidien. 

Pourquoi considérez-vous que votre candidature est légitime ?
Comme expliqué précédemment, Ali est un produit des Français de l’étranger. Pour ma part, j’ai un papa « zanatany » d’origine libanaise, qui est né et a grandi à Madagascar avant de venir s’installer au Gabon où nous vivons encore tous en famille. Je suis cheffe d’entreprises à Port Gentil, pleinement engagée dans l’associatif, l’éducatif et le culturel depuis 20 ans. Les problématiques des Français de l’étranger, je les connais, je les comprends parce que je les vis, ce sont mes problématiques. Ali et moi avons l’ancrage socioculturel nécessaire pour légitimer notre candidature. Cette circonscription nous ressemble dans sa diversité. Pour rassembler les Français de l’étranger, il faut tout d’abord leur ressembler. Et il n’est pas concevable de découvrir la circonscription au moment de la campagne électorale. 

Le vote de l’extrême droite est pour l’essentiel un vote de colère, car ils se sentent abandonnés par la France»

Si Ali Hojeij est élu député des Français à l’étranger (FDE) de la 10e circonscription, quels seront les sujets sur lesquels vous souhaitez vous engager ? 
Cette campagne électorale a été pour Ali et moi-même l’occasion d’être pleinement à l’écoute de nos compatriotes. Et même si la diversité de la circonscription fait que les problématiques du Liban ne sont pas les mêmes que celles de Maurice, certains sujets restent identiques sur l’ensemble des pays : l’éducation : la difficulté de recrutement des enseignants résidents, la complexité des dossiers de bourses, le manque de place dans les établissements français, l’absence de formation professionnelle pour nos jeunes Français de l’étranger ; la santé : l’inégalité de traitement entre un Français de l’étranger et un Français de métropole, l’absence d’aide aux Français à l’étranger pendant la période COVID-19 ; l’inaccessibilité du service public : la déflation du nombre de personnel dans les ambassades et consulats rend encore plus difficile l’accessibilité à notre service public. 

Quels sont les moyens concrets que vous imaginez pour mener à bien votre mandat si vous êtes élue députée ?
Tout d’abord, nous déplorons que les Français de l’étranger soient en grande partie traités comme des Français à part, plutôt que des Français à part entière. C’est pourtant à travers eux que la France rayonne dans les pays où ils sont établis. Pour leur donner la visibilité qu’ils méritent, il nous semble primordial de renforcer le rôle des conseillers des Français de l’étranger, ceux sont les véritables élus de proximité et ceux sont les meilleurs
ambassadeurs pour faire un diagnostic clair et exhaustif de la situation de nos compatriotes établis hors de France. Le député doit travailler en étroite collaboration avec tous les élus locaux. Ensuite, il est nécessaire de mettre en place un outil de communication simple qui permette à chaque personne qui le souhaite de rentrer directement en contact avec son député. Et surtout constituer une équipe dédiée à l’écoute de nos compatriotes. C’est cela la véritable proximité qu’attendent les FDE. Avoir quelqu’un qui puisse répondre rapidement à leurs préoccupations. 

Ali et moi avons l’ancrage socioculturel nécessaire pour légitimer notre candidature»

Une question qui nous chiffonne : pourquoi certains Français qui vivent à Maurice, pays multiculturel, votent Eric Zemmour et Marine Le Pen ? 
S’il y a une infime partie de ces électeurs qui disent ne plus vouloir  d’étrangers en France alors qu’ils sont eux-mêmes souvent étrangers dans leur pays de résidence, le vote de l’extrême droite est pour l’essentiel un vote de colère, car ils se sentent abandonnés par la France. Je l’entends et je la respecte. Mais ce n’est pas parce qu’on pose un diagnostic plus ou moins exact que l’on est le mieux placé pour apporter les solutions. Et les Français l’ont majoritairement compris : vu ce que le score de Zemmour a donné à la fin et le mépris que Marine Le Pen lui témoigne en vue des législatives. 

En conclusion, pourriez-vous nous dire pourquoi les Français de l’étranger devraient voter pour vous ?
Tout simplement parce que même si nous sommes de la majorité présidentielle, nous ne sommes pas les outils d’un parti. Nous sommes engagés uniquement pour être au service des Français établis hors de France. Notre élection adresserait un puissant signal de soutien exigeant au président de la République ; instruit par l’expérience de terrain tout en étant compatible avec la majorité présidentielle et ainsi pouvoir peser sur l’échiquier politique et sur le ministère de l’Économie et des Finances. Notre priorité est de redonner la visibilité nécessaire à nos compatriotes et d’obtenir ainsi un effort budgétaire nécessaire à l’amélioration de leurs conditions de vie à l’étranger. En conclusion, c’est parce que nous leur ressemblons réellement que nous pouvons les rassembler et que nous incarnons ce renouveau utile. 

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