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Sandra Casimir : «Certaines familles ont supprimé le déjeuner et se limitent à deux repas par jour»

Par Christina Vilbrin
Publié le: 25 avril 2026 à 15:30
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Sandra Casimir

La  flambée  des  prix  et  le  «  panic buying » creusent les inégalités : alors que certains stockent, d’autres peinent à se nourrir correctement, alerte Sandra Casimir, travailleuse sociale et responsable de projets chez Caritas. Elle évoque une insécurité alimentaire qui s’aggrave et qui touche en premier lieu les plus vulnérables.

Depuis le début du conflit au Moyen- Orient, on observe un phénomène de «  panic  buying  »  dans  les  grandes surfaces. Mais toutes les familles n’ont pas les moyens de constituer des stocks. Quelle est la réalité vécue par les ménages les plus vulnérables ? 
Le « panic buying » profite surtout aux commerçants, mais pour les familles modestes, il aggrave la situation. Elles paient davantage pour des produits essentiels sans avoir les moyens de constituer des réserves. Même, les snacks et biscuits pour enfants coûtent plus cher, ce qui pèse sur des budgets déjà fragiles. 

Beaucoup de familles vivent au jour le jour et certaines n’obtiennent aucune aide parce qu’elles ne figurent pas dans le registre social.

On observe aussi un retour à certaines habitudes plus anciennes, comme l’utilisation du ‘primus’ pour préparer à manger, le gaz étant devenu trop coûteux. La guerre, la flambée des prix et le « panic buying » creusent les inégalités entre les familles, renforcent l’insécurité alimentaire et alimentent une forte anxiété chez les plus vulnérables.

La hausse des prix de plusieurs produits est déjà visible, notamment en raison de l’augmentation des coûts du fret. L’augmentation des tarifs de l’électricité à partir du 1er mai va-t-elle aggraver la situation pour les ménages les plus fragiles ?
Tout devient plus cher. Des aliments de base deviennent moins accessibles : le pain, le pain fourré, entre autres. La principale inquiétude concerne la sécurité alimentaire. Même si certaines familles ont un toit, elles peinent à assurer trois repas par jour. On constate déjà des changements dans les habitudes alimentaires. Certains ménages ne s’accordent que le petit- déjeuner et le dîner et ont supprimé le déjeuner. 

La nutrition et la santé seront directement affectées. 

Dans certaines familles, on se contente d’un seul repas par jour. Cette situation est-elle appelée à s’aggraver dans les mois à venir ? »
Oui, la situation risque de s’aggraver, surtout pour les familles nombreuses qui vivent dans des conditions précaires. 

Quelles  mesures  concrètes recommanderiez-vous  pour  mieux protéger les populations vulnérables face à la hausse du coût de la vie ? 
Il faut davantage de subventions sur les produits de base. En ce qui concerne l’allocation mensuelle de Rs 121 qui sera versée  aux  bénéficiaires  inscrits  au registre social, afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix du pain sur les ménages vulnérables, j’ai bien peur qu’elle soit insuffisante. D’autant que la Child Allowance diminuera au mois de juin. Or, de nombreuses familles comptent sur cette aide pour acheter de la nourriture pour leurs enfants en attendant la fin du mois. Ce sont donc les enfants qui seront directement touchés. Ils risquent de ne pas manger à leur faim. Un enfant qui ne s’alimente pas correctement éprouve davantage de difficultés à l’école, tant sur le plan de la concentration que de l’apprentissage. Un ventre vide ne permet pas de suivre les cours normalement.

 

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