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Samir Diouman fauché par un camion mardi : «Kado pu mo laniverser zordi, enn sofer ine pran mo bolom ine ale», pleure Tasleema 

Tasleema reprendra le travail de son défunt époux dès ce samedi.

Samir Diouman, marchand de faratas et de dholl-puris est décédé à l’hôpital en début de soirée de mardi, dix heures après son accident. Sa veuve fête ses 44 ans ce samedi.  

Tasleema Diouman avait prévu de souffler ses 44 ans aux côtés de son époux, Samir, ce samedi. Mais, le malheureux a été fauché mardi par un poids-lourd qui a délaissé son couloir en doublant deux camionnettes sur la route de Saint-Aubin. « Sofer-la inn donn mwa enn zoli kado laniverser zordi, linn pran mo bolom linn ale. Ala sirpriz monn gegne », soupire la mère de famille qui devra désormais se retrousser ses manches pour élever, seule, son fils Shahzaib, 5 ans, et sa fille Tashmeer, 14 ans.  

Le garçonnet ne s’est toujours pas rendu compte qu’il ne reverra plus jamais son père. Il est né un 17 mai, au lendemain de l’anniversaire de Samir. Tel un cadeau du ciel pour cet ancien boucher qui a choisi de faire une croix sur son travail à l’hôtel pour mieux se consacrer à sa famille. Il revendait des dholl-puris et des faratas que Tasleema prépare religieusement tôt le matin. Mercredi, lors de la cérémonie funéraire, Shahzaib s’est tenu à distance de la dépouille de Samir, confie Tashmeer. 

La promesse

Son père disparu, l’adolescente espère pouvoir honorer la promesse qu’elle lui avait faite de son vivant. « Ma cousine étant ingénieure en informatique, il a souhaité que je suive ses pas. ‘Linn dir li envi ki mo geyn enn bon travay e mo geyn ene bon lapay. Linn mem dir mwa ki mo bizin aprann kondir. Li pann anvi mo al vann dholl-puri et farata kuma li. Li tinn dir mwa si mo pas mo legzame, li pu donn mwa enn laptop afin ki mo aprann coding’ », glisse-t-elle.  

Samir s’est uni à Tasleema voilà 16 ans, en pleine élection générale. Installée à Tyack, la sœur de l’ancienne habitante de La Tour-Koenig, à Pointe-aux-Sables, a cru bon de la présenter au boucher. Le courant est vite passé entre les deux. Après le mariage, ils ont déménagé dans leur demeure à la NHDC de La Vanille, à Camp-Martin, à côté de l’école primaire de Rivière-des-Anguilles. Samir encourageait Tasleema à passer son permis, d’où l’obtention de son « learner » il y a une quinzaine de jours.  

Rêves de jeunesse

Bien qu’il soit marchand dholl-puris et de faratas, Samir n’avait pas abandonné ses rêves de jeunesse. Il venait de dénicher une vieille Honda CBX 750 utilisée dans le temps par les motards de la police. « Il ne lui restait qu’à payer un reliquat. D’ici deux semaines, il devait être au guidon de son bolide. Il avait déjà acheté les pièces pour la réparer », regrette Tasleema. Il était aux alentours de 9h30 mardi lorsque le camion de la marque Renault conduit par un habitant de Chemin-Grenier l’a percuté.  

« Il avait le bassin écrabouillé. Lorsque je me suis rendu à son chevet, il m’a enjoint de demander aux infirmiers de lui faire une injection pour le soulager de sa douleur à la jambe droite et aux hanches », se souvient Tasleema, la voix enrouée. Sa tension intérieure ayant chuté, il a été placé dans un coma artificiel et a dû être réanimé en plusieurs occasions. A 19 heures, mercredi, son cœur a fini par lâcher. Une heure plus tard, l’hôpital Jawaharlal Nehru a appelé Tasleema pour lui annoncer la nouvelle.  

L’autopsie pratiquée mercredi a indiqué que les multiples blessures subies par Samir ont eu raison de lui. « Sofer-la pu sorti li, mo bolom li, li nepli la aster. Mo bann zenfan pu nepli ena papa », s’indigne Tasleema. Dès ce samedi, elle reprendra son ‘belna’ pour la préparation de dholl-puris et de faratas qu’elle écoulera elle-même pour le bien de ses enfants.  

 

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