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Sameer Sharma, économiste : «Le gouvernement exagère l'importance des notations de Moody's»

Par Kinsley David
Publié le: 25 July 2026 à 10:23
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Invité par visioconférence à l'émission Au Cœur de l'Info, l'économiste Sameer Sharma a livré une analyse sur les enjeux liés à la réforme des pensions et à la situation financière de Maurice. S'il reconnaît que la dette publique demeure élevée, il estime que le gouvernement accorde une importance excessive aux agences de notation financière et agit avec trop de précipitation dans ses réformes.

Selon l'économiste, un éventuel abaissement de la note souveraine de Maurice par Moody's pourrait entraîner des sorties de capitaux, mais il refuse de dramatiser la situation. « Si Maurice subit un downgrade, il pourrait y avoir des outflows de capitaux, mais ce n'est pas la fin du monde », affirme-t-il.

Sameer Sharma considère que « le gouvernement exagère l'importance des notations de crédit dans le contexte mauricien ». « Les marchés financiers mondiaux ne fonctionnent pas uniquement sur la base des credit ratings », soutient-il. Il souligne notamment que les banques opérant à Maurice demeurent solides et rentables, ce qui constitue, selon lui, un facteur de stabilité bien plus important.

L'économiste estime également que la stratégie gouvernementale repose davantage sur une logique comptable que sur une vision économique globale. « Gérer l'économie n'est pas un exercice comptable », insiste-t-il. À ses yeux, l'objectif de réduire rapidement la dette publique risque de conduire à des réformes trop brutales. Il préconise plutôt une trajectoire progressive visant un ratio d'endettement de 75 % du PIB sur sept ans plutôt que sur trois ans.

Concernant la réforme des pensions, Sameer Sharma reconnaît que le système actuel n'est pas soutenable à long terme. Toutefois, il juge qu'il existe d'autres solutions que de repousser l'accès à la pension de vieillesse. Il plaide pour une réforme fiscale plus approfondie, une révision du modèle économique et une rationalisation des dépenses publiques.

L'économiste estime que Maurice gagnerait à s'appuyer davantage sur des experts internationaux pour mener ses réformes structurelles, tout en rappelant que les investissements étrangers dans le pays sont aujourd'hui principalement orientés vers l'immobilier, un secteur moins sensible aux notations financières que les marchés de capitaux.

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