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Salim Muthy : «Le timing de la grève de la faim de Nishal Joyram n’est pas le bon»

Jane Ragoo, syndicaliste. Salim Muthy, syndicaliste.

Grève de la faim est-elle l’ultime voie pour se faire entendre ? Plusieurs invités ont essayé de répondre à cette question le mercredi 30 novembre au cours de l’émission Au Cœur de l’Info, animée par Jane Lutchmaya et Anoop Dhookeeya. 

Pour Salim Muthy, qui avait, lui, entamé une grève de la faim de 23 jours pour les clients du plan Super Cash Back Gold (SCBG), une telle action est l’ultime recours. « La grève vient après tous les autres moyens, en l’occurrence après l’absence de réponses à nos lettres, nos conférences de presse et manifestations. Cependant, une grève de la faim ne se fait pas sur un coup de tête. Elle se prépare, notamment avec les propositions qu’on souhaite voir aboutir », a-t-il fait comprendre.

Quant à la grève de la faim que fait Nishal Joyram, qui en est à son 16e jour dans l’enceinte de la Cathédrale Saint-Louis à Port-Louis, Salim Muthy estime que le « timing » n’est pas approprié. « S’il m’avait demandé conseil, je lui aurais dit de ne pas le faire maintenant. Il y a la chaleur de Port-Louis qui est difficile, ou encore le manque total de considération. Il y a aussi le football qui, en ce moment, prend toute l’attention. Mais, au moins, la communication est faite avec le gouvernement. Une première porte s’est ouverte avec l’entretien qu’on a eu avec le ministre Callychurn », a-t-il ajouté.

Pour Jane Ragoo, de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) et ancienne gréviste de la faim, les grèves de la faim ont, autrefois, aidé à faire avancer les choses. « On a vu les résultats sur les différentes grèves de la faim entamées dans le passé. Souvent ces résultats arrivent bien plus tard, mais au final, on voit les choses avancées », a-t-elle souligné. Elle a cité des exemples, notamment des grèves de la faim effectuées en 2003 et 2017. Pour ce qui est du cas de Nishal Joyram, Jane Ragoo estime qu’il doit y avoir une communication qui puisse être établie avec le gouvernement. Elle pense toutefois que l’égo limite ces interactions.

Le politologue Avinaash Munohur est, lui, d’avis que la culture des revendications change depuis quelque temps. « Les gens manifestent moins et il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, ils travaillent plus. Certains cumulent plusieurs emplois pour faire face à la cherté de la vie », a-t-il fait ressortir. 

Raj Ramlugun, citoyen engagé, est également intervenu dans l’émission. Il a surtout évoqué l’importance de faire appel à la conscience collective à travers les revendications.

 

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