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Saison des pluies : la crainte de ceux qui en ont souffert…

La maison de Dhunwantee Hookoom est fissurée de partout.

Alors que les grosses pluies se font attendre pour remplir les réservoirs, bon nombre de Mauriciens craignent leurs éventuels dégâts. Nous avons rencontré plusieurs familles qui ont été victimes des pluies torrentielles. Pour elles, chaque été, c’est la saison de l’angoisse…

Avec l’avènement de la saison des pluies et des cyclones, nous nous sommes intéressés au cas des familles, de divers endroits de l’île, qui ont été sévèrement affectées les années précédentes par des inondations. Elles avaient tout perdu et ont dû faire des sacrifices et travailler avec acharnement pour retrouver un peu de confort. 

À Tranquebar, plus précisément à Morcellement Manah, de nombreuses familles habitent sur le flanc de la montagne Le Pouce. La vue est belle mais pas la vie des habitants, dont des squatteurs en situation précaire, qui survivent tant bien que mal dans des taudis faits de tôle et de bois. Le chemin, jonché de déchets insalubres, menant vers leurs « maisons », longe des précipices. Un environnement qui nuit à coup sûr à la santé des habitants. 

Nous rencontrons Andjo Joliecoeur, victime d’inondations à chaque grosse pluie. Elle confie : « Quand il pleut, notre maison est inhabitable et lors des dernières averses, en début d’année, notre famille avec quatre enfants a dû trouver refuge pendant trois mois au Centre social. Le chemin menant à notre maison est impraticable et dangereux car un précipice et une rivière se trouvent juste à côté. Il y a aussi un grand bassin un peu plus loin. À chaque grosse pluie, il se remplit et déverse des eaux boueuses dans nos habitations ». Elle dit craindre l’arrivée des cyclones. « Cela fait des années que nous n’avons pas eu de cyclone dévastateur mais si c’est le cas, je crains pour notre maison et nos affaires… Où irons-nous habiter ? » 

Cap sur Chitrakoot, à Vallée-des-Prêtres, l’une des régions les plus affectées en cas de forte pluviosité. Hormis l’eau qui envahit les maisons, les problèmes de glissement de terrain sont le pire cauchemar des habitants. Nous rencontrons Dhunwantee Hookoom qui habite la route principale menant vers l’ancienne école. Avec désolation, elle nous montre l’état de sa maison. « à cause des grosses averses, ma maison a commencé à se fissurer de partout. Les rats en profitent pour entrer. J’ai beau boucher ces fêlures mais l’eau s’infiltre dès qu’il pleut abondamment. Je crains que ma maison ne cède sous la pression des averses. »  

La dame de 72 ans, qui y habite depuis près de 50 ans, ajoute qu’elle ne refuse pas l’idée de quitter sa maison si elle obtient l’aide du gouvernement. « La maison risque de céder à tout moment. J’ai mes petits-enfants qui habitent à l’étage avec leurs parents. Je m’inquiète pour eux en cette période cyclonique. Le gouvernement nous a dit qu’il nous donnera un terrain pour construire une autre maison mais nous attendons toujours. Le drain construit derrière notre maison est utile car elle évacue l’eau des montagnes mais cela ne nous aide en aucune façon. » 

saison pluie
Andjo Joliecoeur habite une zone très sensible à Morcellement Manah à Tranquebar. 

Une inquiétude grandissante

À Mon-Goût, même son de cloche. La maison du couple Raj et Babita Munigadu jouxte une rivière. À l’arrivée des grosses pluies, la rivière quitte son lit et inonde la maison « Lors des inondations destructrices de 2008, nous avons beaucoup perdu dont toutes nos provisions et à chaque grosse averse, nous vivons dans la crainte que l’eau n’envahisse notre maison. Il y a eu des travaux mais le pont construit n’est pas assez grand pour contenir toutes ces eaux et la rivière n’a pas été agrandie. » 

Babita confie : « Nous avons peur qu’il commence à pleuvoir et de nous retrouver piégés sous les eaux en pleine nuit comme c’est arrivé une fois… Nous avons très peur. Je prends des commandes pour des repas et mon mari ne travaille plus à cause de sa santé fragile. Nous ne pouvons emprunter des banques. Nous souhaitons simplement recevoir une aide de la part du gouvernement pour pouvoir construire un étage et être plus en sécurité. » 

Direction Fond-du-Sac où de nombreuses familles se sont aussi retrouvées sous les eaux, il y a quelques années. Dont les Shewhorak qui ont tout perdu en 2013. Sailesh raconte : « Nous avons subi de gros dégâts trois fois en 2013, 2016 et 2018 respectivement. Nous avons très peur. Nous devons surveiller la météo pour savoir si des grosses pluies sont prévues. Nous avons beaucoup dépensé pour rebâtir notre maison. Ce n’est pas facile car mes parents sont retraités et je suis le seul à travailler mais heureusement que nous avons eu l’aide des amis et d’autres personnes. » 

Eux aussi craignent qu’une inondation les surprenne en pleine nuit. « L’eau ne s’accumule pas, elle arrive telle une grosse vague qui balaie tout sur son passage. Si cela arrive en pleine nuit, elle peut être fatale. Nous pourrons ne pas avoir le temps de nous enfuir. Nous prions pour que cela n’arrive pas. Nous devons quand même nous y préparer en prenant nos précautions et essayer de sauver le peu que nous avons. Nous demandons au gouvernement de nous aider avant qu’il ne soit trop tard », ajoute Sailesh qui dit craindre que la construction de drains, en cours à côté de leur village, ne serve à grand-chose en cas de pluies torrentielles ou de cyclone dévastateur. 

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La maison de Raj et Babita Munigadu est à côté d’une rivière. Quand il pleut, sa maison est envahie par les eaux.

 

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