Saisie de Rs 5,3 M à Sodnac - Yuvrajsingh Johudarsingh : derrière le bling-bling, le trafic

Par Le Dimanche /L' Hebdo
Publié le: 1 mars 2026 à 13:26
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yuvrajsingh
Yuvrajsingh Johudarasingh avait déjà été inquiété par les autorités en 2019 dans une affaire de blanchiment d’argent. Le jeune homme affiche son goût pour les berlines de luxe.

Il y avait la Porsche dans la cour, les soirées dans les boîtes huppées de l’Ouest, les photos depuis Londres sur Facebook : casque à la main, entouré d’amis, sourire de celui qui a réussi. Yuvrajsingh Johudarsingh, 36 ans, alias « Yuyu » dans les milieux qu’il fréquentait, avait soigneusement construit une image : celle d’un jeune homme d’affaires, représentant d’une marque internationale de boissons énergétiques, organisateur de rallyes, passionné de motos, participant à des compétitions jusqu’à La Réunion. Jeudi 26 février, cette image s’est effondrée.

Ce jour-là, les hommes du chef inspecteur Balamba, de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu), se sont présentés à sa résidence de Sodnac, Quatre-Bornes. Ils y ont trouvé 15 grammes de cannabis, une balance électronique portant des traces suspectes et Rs 5,3 millions en liquide, dont une quantité d’euros, composée en majorité de petites coupures.

Pour les enquêteurs, cette dernière découverte laisse peu de place au doute : il s’agirait de la recette d’un trafic bien huilé. Dans la cour, une Porsche, une BMW et un Toyota Hilux tout-terrain ont été placés sous scellés. Téléphones portables et ordinateurs ont également été saisis pour les besoins d’une enquête désormais orientée vers le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Yuvrajsingh Johudarsingh a été arrêté.

Ce n’est pas la première fois que son nom apparaît dans une procédure judiciaire. En août 2019, il avait déjà été entendu under warning par l’Independent Commission Against Corruption, aujourd’hui rebaptisée Financial Crimes Commission. Les enquêteurs l’interrogeaient alors sur des acquisitions difficilement explicables : une Harley-Davidson estimée à près d’un million de roupies, une KTM Motocross à Rs 400 000, ainsi que des investissements dans un centre d’appels à Ébène. Ses explications avaient été jugées peu convaincantes.

L’Icac avait également conduit une opération au Mauritius Turf Club, au Champ-de-Mars, où des chevaux avaient été placés sous séquestre judiciaire. Yuvrajsingh Johudarsingh et un partenaire en affaires détenaient des parts dans ces écuries, les autorités soupçonnant des opérations de blanchiment à partir de recettes liées au trafic.

Après cet épisode, il avait opté pour un profil plus discret. Les agents de renseignements sur le terrain notaient qu’il partageait désormais sa vie avec une ressortissante étrangère. Mais il n’avait pas disparu des radars. Connu des services de l’antidrogue depuis plusieurs années, il faisait l’objet d’une surveillance constante. Jusqu’à jeudi, il avait toujours échappé à une arrestation.

Le vernis avait tenu longtemps. Les moteurs rugissants, les soirées sélectes, les voyages à l’étranger : tout concourait à accréditer l’image du self-made man. Derrière cette mécanique soigneusement entretenue, les enquêteurs soupçonnent aujourd’hui une tout autre réalité. Les Rs 5,3 millions en petites coupures, la balance aux traces suspectes, les véhicules de luxe alignés dans la cour : le tableau, cette fois, est difficile à interpréter autrement.

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