À Saint-Pierre - exclu trois fois de l’école : le cri du cœur d’une mère
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
Trois renvois depuis janvier, des agressions répétées et un silence imposé. La maman du garçonnet de 8 ans, admis à la Mohunlall Mohith Govt School, sous couvert d’anonymat, nous livre son témoignage sur la peur et l’espoir d’un accompagnement scolaire et psychologique.
« Je vis très mal la situation parce qu’on ne donne pas l’occasion à mon enfant de s’exprimer. Dans son ancienne école, il n’a jamais eu le temps de parler. Quand les autres enfants le frappaient, il ne disait rien et restait renfermé. Et s’il osait dire qu’il avait été frappé, c’était lui qu’on accusait », confie une mère désemparée par la situation.
Son enfant âgé de 8 ans a été admis à la Saint-Pierre RCA depuis la Grade 1. Puis, au début de l’année, les choses ont commencé à s’envenimer. Le garçonnet a été accusé de semer la terreur auprès de ses camarades de classe. Il a écopé d’un renvoi d’une semaine, juste avant les vacances du premier trimestre, puis a été transféré à la Mohunlall Mohit Govt School au deuxième trimestre. Par la suite, il a été renvoyé, deux jours après la rentrée du deuxième trimestre et une troisième fois 15 jours de cela. Il devrait reprendre les cours ce lundi 18 mai.
« Depuis le premier trimestre, au mois de janvier, les choses se sont enchaînées. Nous sommes désemparés et le ministère de l’Éducation nous aide. Nous l’avons emmené voir une psychologue pour sa thérapie. Il est aussi suivi par un pédiatre, chez qui il a ses rendez-vous », fait ressortir la maman.
À la Mohunlall Mohith Govt School, les responsables semblent vouloir lui tendre la main. « Les responsables actuels sont en train de l’aider. Des associations se sont également tournées vers nous pour nous soutenir. L’école où il est maintenant a décidé de l’accompagner. Avant, il n’était jamais valorisé », ajoute notre interlocutrice.
Jeudi dernier, la maman s’est rendue au ministère de l’Éducation et a rencontré la psychologue. « Elle m’a dit : nous n’allons pas dire que l’enfant est méchant. Il a un problème : lorsqu’il est frappé par les autres, il ne dit rien, il garde le silence », explique la mère. Cette dernière fait ressortir que son fils doit reprendre l’école ce lundi 18 mai, après deux semaines de renvoi, mais elle confie qu’il a « toujours peur ».
« Je souhaite que l’école où il est maintenant m’appelle lorsqu’il y a un problème, et je serai présente pour lui. La solution est de comprendre l’enfant. Nous avons eu l’assurance que la psychologue sera là pour l’aider. C’est un nouveau départ pour lui qui m’a demandé d’acheter ses cahiers et crayons », dit-elle.
Pour cette maman, l’éducation est une bataille quotidienne. Elle refuse que son fils soit réduit au silence ou catalogué comme « méchant ». Elle réclame un regard bienveillant, une écoute réelle et un accompagnement adapté.
Au niveau du Service Diocésain de l’Éducation Catholique (SeDEC), Clive Anseline, le chargé de Communication réfute toutes les allégations faisant croire que l’école n’a rien fait pour l’enfant. Il affirme que tous les dossiers et rapports le concernant ont été remis et vérifiables auprès du ministère de l’Éducation.