Saariya Gunga meurt dans un accident : Saadiya, veuve à seulement 18 ans et 5 mois de mariage

Par Le Dimanche /L' Hebdo
Publié le: 8 février 2026 à 18:00
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saadiya
Il est arrivé à cheval, le jour de son mariage, comme un prince de conte de fées.

Unis depuis seulement cinq mois, Saariya et Saadiya avaient toute une vie pour s’aimer. Mais le destin en a décidé autrement. À 21 ans, le jeune époux a perdu la vie dans un tragique accident à Moka.

«Nous nous aimions depuis des années. Nous avons attendu longtemps avant de nous marier… » Ce mariage tant espéré, Saariya, 21 ans, et Saadiya, 18 ans, l’ont célébré le 7 septembre 2025. Le samedi 7 février, le couple aurait célébré ses cinq mois de mariage. Mais le destin s’en est mêlé. Et aujourd’hui, la jeune veuve pleure un avenir foudroyé en l’espace d’un instant. Saariya a perdu la vie, le mardi 3 février, dans un accident de la route.

Mercredi après-midi, lors des funérailles de Saariya Gunga, l’ambiance était lourde : un cortège silencieux, des proches en larmes et une jeune veuve soutenue tant bien que mal par sa famille. Saadiya peine à accepter ce malheur. « Mo ti ankor bizin mo lamwatie », confie-t-elle, le cœur meurtri. Ils n’ont eu que cinq mois pour s’aimer pleinement en tant que mari et femme. Cinq mois pour rêver, espérer, construire.

Le drame s’est produit vers 16 h 30 sur la route principale de Moka, en face du Mahatma Gandhi Institute. Saariya circulait en scooter, quittant Saint-Pierre en direction de Réduit. Selon les premiers éléments de l’enquête, son deux-roues serait entré en collision avec l’arrière d’une voiture roulant dans le même sens. Sous la violence de l’impact, le jeune homme est projeté sur la chaussée.

Extrême violence

Alors qu’il gisait au sol, gravement blessé, le sort s’est acharné. Un autobus arrivant en sens inverse n’a pu éviter la moto immobilisée sur la route et l’a heurtée à son tour. La scène a été d’une extrême violence. Saariya a été transporté d’urgence à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo dans un état critique. 

Ce jour-là, Saadiya se trouvait, elle, chez ses parents. « D’habitude, il sortait en voiture, mais ce jour-là, il a pris la moto. Comme c’était Shab-e-Barat, j’étais chez mes parents. Il est sorti pour venir me récupérer, puis il voulait aller faire le ziyarat au cimetière », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Mo ti pe atann li. Kan enn pros inn apel mwa pou dir li’nn fer aksidan, mo lemond inn kase. »

La jeune femme s’est aussitôt rendue à l’hôpital. Ces derniers instants avec l’amour de sa vie sont gravés à jamais dans sa mémoire. Impuissante, elle a assisté aux douleurs qu’il endurait. Elle déplore le temps de réaction des services médicaux. Son mari agonisait sans qu’elle puisse rien faire pour le soulager. Ses derniers instants la hantent encore. « Je l’ai vu souffrir. Il me disait qu’il avait très mal. Je ne comprends pas comment tout cela a pu arriver. Selon moi, le personnel soignant n’a pas agi promptement. Il aurait pu moins souffrir », murmure-t-elle, le regard perdu. Le jeune homme a rendu son dernier souffle à 20 h 35. L’autopsie a attribué le décès à de multiples blessures.

Saariya, domicilié à l’Avenir, Saint-Pierre, avait trois sœurs. Décrit comme un jeune homme respectueux, attentionné et travailleur, il venait de lancer sa propre entreprise de lavage de voiture et avait plein de projets. « Il est parti avec mon cœur. Aujourd’hui, je n’ai plus rien. Mon monde s’est effondré pour toujours », dit Saadiya, la voix noyée de chagrin.

Les conducteurs impliqués ont été soumis à des tests d’alcoolémie, qui se sont révélés négatifs. Une enquête est en cours afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident.

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