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Rundheersing Bheenick, président de la SBM Bank : «Une banque ce n’est pas uniquement des bénéfices»

Par Fabrice Laretif
Publié le: 10 avril 2026 à 11:30
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Bheenick

Après des suspensions internes, Rundheersing Bheenick, président de la SBM Bank, affirme qu’il y aura un cadre disciplinaire strict dans le respect des procédures légales. Il parle également de gouvernance et gestion des risques à long terme.

Après la suspension de 12 employés, quelles seront les prochaines étapes concrètes du processus disciplinaire et dans quels délais la direction compte-t-elle communiquer sur les conclusions de l’enquête interne ?
La direction va communiquer. La communication de la banque se fait à deux niveaux différents. Il y a la communication interne qui se fait systématiquement pour le personnel de la banque. Nous ne communiquons pas ce qui se dit avec le public. La prochaine étape consistera à la mise en place d’un comité disciplinaire. Tout cela est réglementé par la loi sur les droits du travail. Il y a des limites à respecter et nous allons les respecter. Toutes les personnes qui ont été suspendues auront le droit d’être entendues en présence de leur avocat si elles le souhaitent.

Selon un article publié par une presse locale, le Conseil d’administration de la SBM Bank affirme vouloir envoyer un signal fort avec une politique de tolérance zéro. Cela se traduira-t-il par des réformes structurelles durables dans les pratiques de gouvernance et de contrôle interne de la banque ?
Je ne sais pas d’où vient cette information. Je ne vais pas me prononcer à ce sujet. Ceci dit, nous avons un COO qui opère comme Officer-in-Charge. Nous commençons un travail que nous ne pouvions faire avant en l’absence d’un Officer-in-Charge. La personne qui occupait temporairement ce poste avait une vue limitée en interne. De notre perspective, elle ne voyait pas les choses convenablement. 

Au-delà de ce dossier de ‘reward money’, d’autres enquêtes étant évoquées en interne, faut-il s’attendre à de nouvelles suspensions ou à un élargissement des investigations, y compris en collaboration avec les autorités comme la Financial Crimes Commission ?
Il faut d’abord parler de la banque que nous avons héritée. Aujourd’hui, nous disposons d’un nouveau Conseil d’administration. Nous découvrons des éléments au fur et à mesure que nous posons des questions. Avant cela, nous pouvions poser des questions sans pour autant obtenir de réponses. 

Le bilan financier du groupe SBM pour l’exercice clos le 31 décembre 2025 affiche un bénéfice après impôts de Rs 4,2 milliards alors que le revenu opérationnel du groupe a grimpé de 14,4 % pour atteindre Rs 19 milliards. Quel regard jetez-vous sur cette performance ?
Une banque, ce n’est pas uniquement des bénéfices. Il faut aussi tenir compte de sa solvabilité, de la robustesse de l’entreprise et de l’endroit où nous souhaitons être dans un avenir proche. Nous ne nous amusons pas à distribuer des dividendes simplement parce que nous avons engrangé des bénéfices. Il est nécessaire de constituer des provisions adéquates pour couvrir les risques auxquels la banque est exposée. Nous avons préféré être prudents, voire très prudents, par rapport à ce qui se faisait auparavant. Nous pensons toutefois que nous avons suffisamment de profits pour pouvoir en distribuer une partie. C’est pour cela que nous avons déclaré les dividendes à travers le groupe.

Toutefois, la banque, qui est le premier exposé, doit recevoir l’assurance du conseil d’administration avant toute distribution. Une partie des bénéfices est également mise en réserve pour faire face à d’éventuelles pertes futures. Nous parlons beaucoup de prêts toxiques. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais il s’agit d’une réalité à laquelle nous ne pouvons fermer les yeux.

 

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