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Rs 15 millions de dommages pour négligence médicale alléguée : le combat d’un frère pour connaître la vérité

Par Le Défi Plus
Publié le: 29 mars 2026 à 08:03
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Malgré son handicap, Poorneema Seebaruth soutient son frère, était toujours souriante et pleine d’énergie. Oumesh Seebaruth avait déposé une plainte au poste de police de Barkly pour négligence médicale après le décès de sa sœur.
Malgré son handicap, Poorneema Seebaruth soutient son frère, était toujours souriante et pleine d’énergie. Oumesh Seebaruth avait déposé une plainte au poste de police de Barkly pour négligence médicale après le décès de sa sœur.

La mort de sa sœur continue de hanter Oumesh Seebaruth. Plus d’un an après le drame survenu à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo, ce barbier de 46 ans dénonce de graves manquements. Convaincu qu’il ne s’agit pas d’une fatalité, il a décidé de saisir la Cour suprême.

Poorneema (44 ans), sœur d’Oumesh Seebaruth, est morte le 8 janvier 2024 à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo, à Port-Louis.

Pour son frère, qui réside à Vacoas, ce décès serait dû à une négligence grave, marquée par des omissions et de l’indifférence du personnel du ministère de la Santé et de la Qualité de vie. Il réclame Rs 15 millions de dommages à l’État et au ministère de la Santé. 

Dans une plainte déposée le 8 janvier 2026 devant la Cour suprême, le quadragénaire retrace la chronologie des événements pour étayer ses accusations. Il explique que, depuis sa naissance, sa sœur Poorneema vivait avec un handicap, dont une déficience intellectuelle sévère accompagnée d’épilepsie. Totalement dépendante, elle nécessitait une surveillance constante et une attention de chaque instant. Malgré tout, elle était souriante et pleine d’énergie. « Elle n’était jamais difficile et très attentive. Elle se déplaçait à quatre pattes », confie le plaignant, qui la décrit comme une personne courageuse.

Après le décès de leurs parents, Oumesh Seebaruth avait pris soin d’elle. Toutefois, sur recommandation médicale, elle avait été placée le 15 octobre 2023 au Foyer Trochetia, un centre spécialisé pour personnes vulnérables situé à Pointe-aux-Sables. Une décision douloureuse, mais nécessaire, affirme-t-il dans sa plainte. 

Le 8 novembre 2023, sa sœur avait été transférée à l’hôpital Brown Sequard, à Beau-Bassin, en raison de son agitation. Après une admission de quelques jours, elle avait été renvoyée au foyer, mais y avait été reconduite plus tard le même mois pour les raisons identiques. Quatre jours plus tard, lors d’une visite, son frère avait constaté un changement inquiétant : Poorneema semblait anormalement somnolente et presque absente. Oumesh Seebaruth avait alors consulté un médecin, qui avait affirmé qu’elle n’avait aucun problème mental et avait décidé de réduire ses médicaments pour éviter cette somnolence excessive.

Puis, le 24 décembre 2023, le quadragénaire indique avoir remarqué des ecchymoses sur le corps de sa sœur (bras, jambes et pieds enflés). « Les marques étaient très visibles. J’ai interrogé ma sœur, qui m’avait laissé entendre qu’elle aurait été battue », confie-t-il. Immédiatement, il s’était tourné vers le personnel (mais là encore, silence total : aucune explication, aucun rapport, aucun traitement), déplore-t-il.

L’indifférence du personnel

Les jours suivants, les 26 et 27 décembre 2023, Oumesh Seebaruth avait multiplié les démarches pour en savoir plus sur les blessures de sa sœur. Il avait questionné les membres du personnel, dont une infirmière qui lui avait confié qu’aucune directive médicale n’a été donnée pour traiter les lésions. Pour sa part, le médecin responsable, interpellé à ce sujet, n’avait pas pu expliquer l’origine des blessures. 

Cette attitude du personnel avait étonné Oumesh Seebaruth, qui estime que les préposés de l’hôpital Brown Sequard auraient dû s’occuper de sa sœur, alors que celle-ci était sous leur surveillance. Pendant ce temps, son état de santé s’était dégradé. Le 4 janvier 2024, Poorneema, prise d’une forte fièvre, avait été transférée en urgence à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo.

Lorsqu’il s’était rendu à l’hôpital pour la voir, il avait été choqué : Poorneema se trouvait dans un état critique, presque inconsciente, et la prise en charge du personnel avait été défaillante, sans évaluation ni traitement immédiat.  Le 8 janvier 2024, à 2 h 45 du matin, sa sœur avait rendu son dernier souffle. L’autopsie, pratiquée par le chef du service médicolégal, le Dr Sudesh Kumar Gungadin avait attribué la cause du décès à une septicémie.

Pour Oumesh Seebaruth, il ne fait aucun doute que sa sœur n’est pas morte par fatalité, mais à la suite d’une chaîne de négligences graves. Selon lui, « les blessures non traitées, l’absence de surveillance, le retard dans la prise en charge et le manque de soins appropriés ont permis à une infection de se développer jusqu’à devenir fatale ».

Plainte pour négligence médicale

Déterminé à connaître la vérité, il avait déposé une plainte au poste de police de Barkly pour négligence médicale. De son côté, l’hôpital A.G. Jeetoo a ouvert une enquête interne au cours de laquelle il a été appelé à donner sa version des faits. À ce jour, il attend toujours les conclusions.

Dans sa plainte, il parle d’une « faute lourde » des autorités médicales. Aujourd’hui, ce frère ne se bat pas seulement pour obtenir justice. Il veut aussi comprendre les circonstances exactes de la mort de sa sœur, qui, malgré son handicap, était joviale et aimait la vie. En décembre 2025, il a adressé une mise en demeure à l’État et au ministère de la Santé et de la Qualité de vie, mais sa requête est restée sans réponse. Face à ce silence, le plaignant, qui a retenu les services de Mes Veer Beeltah et de Hemendra Kumar Fulena (avoué), a finalement saisi la Cour suprême. L’affaire sera appelée le 14 mai prochain.

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