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Roshni Mooneeram : «Je suis plus focalisée sur le cheminement que la finalité»

Roshni Mooneeram Aux côtés de ses deux fils, Hamish et Josha.

Qui suis-je ?
J'ai 45 ans, je suis née à Curepipe et j’ai travaillé en Angleterre et en Chine avant de rentrer au bercail en 2012. Je suis consultante indépendante, mère de Hamish, 14 ans, et de Josha, 11 ans.

Mes forces
Mon indépendance, ma liberté de penser, ma croyance profonde dans le mauricianisme, mon âme de prof et d’executive coach dans les entreprises, ma soif de connaissances, réunir la famille et les amis en toute simplicité autour d’une table généreuse.

Ma plus grande force c’est d’avoir grandi dans une famille très ouverte envers les autres. Nous sommes d’origine indienne et fiers de l’être. C’est justement parce que c’est ainsi que les grandes inhibitions n’ont pas de place. Nous ne nous sommes jamais repliés sur nous-mêmes ou sur une ‘communauté’. Enfant, je passais beaucoup de temps chez nos voisins, les Lallmahomed qui étaient comme des grands-parents pour nous. Nous mangions chez eux et eux chez nous. Au collège, je passais beaucoup de temps chez des copines sino-mauriciennes. C’est de là qu’est née cette grande curiosité qui m’a menée à travailler en Chine. Je me rappelle parfaitement de ma première phrase en mandarin, apprise grâce à des amies. À travers les générations, il y a eu aussi un très grand métissage qui nous a enrichis infiniment. Cette richesse culturelle qui fait ma force humaine, je la dois à mes parents Nirmala et Keerti.

Mes faiblesses
Les gâteaux piments, un bon verre ou deux de rouge, mon impatience de voir évoluer les mentalités de 'divide and rule' que l’on a si bien apprises des Anglais.

Mes passions
La littérature, j'ai découvert Chinua Achebe à l’âge de 14 ans et c’est un auteur qui ne m’a jamais quitté. C’est à partir de lui que je vais m’intéresser aux études postcoloniales. Je me passionne aussi pour les marches en forêts. J’ai marché sur la frontière entre la Russie et la Mongolie, le Xinjiang et le couloir Afghan, j’ai escaladé le MachuPichu, j’ai parcouru les jardins de Kyoto. L’Inde surtout reste une grande passion. J’y retourne chaque année pour explorer différentes régions. Je suis fascinée par son histoire, sa diversité, sa spiritualité, ses couleurs, le fait que ce soit la terre de mes ancêtres, celle des vedas.

Mes accomplissements
À Maurice, nous avons des idées très arrêtées sur ce que comporte un accomplissement. Je rentre tout juste d’une conférence en Allemagne, où j’étais invitée à parler sur la place de la femme dans l’espace professionnel et public. Les conférenciers allemands les plus notables se déplacent à vélo, car pour eux la préservation de l’environnement surpasse le confort des berlines. Mon idée de ce qui constitue un accomplissement a évolué avec le temps. Je dirais que mon plus grand accomplissement reste mes enfants. Choisir d’avoir et de faire grandir des enfants est la chose la plus ambitieuse que je n’ai jamais réalisée. C’est l’investissement ultime de soi dans le futur. Je vois en Hamish et Josha ce désir déjà de rendre ce monde un peu meilleur qu’ils ne l’ont trouvé. Tout simplement être heureux est un accomplissement. It’s not given. C’est tout un cheminement. Aujourd’hui, je suis plus focalisée sur le cheminement, ce que je découvre en chemin, que la finalité. Puisque le but n’est plus une obsession, tout devient beaucoup plus simple, le bonheur y trouve une plus grande place. Cette réalisation est en elle-même un accomplissement.

Mon plus grand amour
Vous n’aurez jamais assez de place…

Je vous dévoile tout
Plutôt...

Jugnauth ou Ramgoolam?
Vous rigolez non ? Vous soutenez toujours la monarchie vous ? Vous avez zappé 1789 ?

Poisson salé ou mines frites ?
Végétarienne, donc enn minn maraz ek enn bol dal.

Robe de cocktail et talons aiguilles ou jean-baskets ?
J’adore les saris et les longues robes, je passe sur les talons aiguilles et les jeans, c’est trop encombrant.

Casanier ou fêtarde ?
Je fus fêtarde, maintenant je suis plutôt casanière, quoique les fêtes en petit comité chez soi ou chez des amis sont toujours d’actualité. De toute façon, très bientôt, on ne pourra plus sortir prendre un verre sans devenir criminel. Il y a un adjectif précis pour des pays comme ça, mais il m’échappe.

Bollywood ou Hollywood ?
Hollywood.

Pavarotti ou Bob Marley ?
Les deux et aussi Ravi Shankar, Eva Cassidy, Sting, Adèle et tous les artistes que me font découvrir mes fils, y compris Imagine Dragons.