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Roland Jean Baptiste, 85 ans : il en faut peu pour être heureux

L'école de la vie est la meilleure qui soit, dit Roland Jean Baptiste.

Roland Jean Baptiste, 85 ans, a vu le jour, le 26 décembre 1934, à Pont-Blanc. Il a vécu dans le petit village de Mon-Loisir et garde des souvenirs d’enfance très précieux. Il est issu d’une famille très modeste de six enfants. Son père était forgeron. C’est un homme qui apprécie les choses simples de la vie, comme une promenade sur sa bicyclette avec laquelle il a parcouru l’île. C’est ainsi qu’il jouit de sa retraite.

Roland Jean Baptiste est l’heureux père de trois enfants, sa plus grande fierté. Il vit sereinement dans le nord du pays et sa vie n’a pas toujours été facile. Il n’a pas eu la chance de compléter ses études. À 12 ans, au lieu de jouer aux billes avec ses camarades, il a pris le chemin du travail avec sa fameuse bicyclette pour toucher la maigre somme de Rs 3,50 par jour. 

En 1951, son père trouve du travail dans une plantation à Baie-du-Tombeau et le laisse sous la responsabilité de sa mère à Notre-Dame. Il apporte alors sa contribution pour faire tourner la marmite et enchaîne les petits boulots.  

En 1959, le grand gaillard de 25 ans se marie à Grande-Rosalie où habite l’amour de sa vie, Nicole, avec laquelle il passera 51 ans de vie commune avant que les aléas de la vie ne les séparent.  « Nous avons eu la chance de fêter nos noces d’argent et d’or, avant qu’elle ne me quitte pour le paradis. On s’est connu à Grande-Rosalie. Son frère travaillait sur le même établissement que moi. Une fois, je lui ai dit que je voulais la voir et quand je l’ai rencontrée, j’étais charmé. Nous nous sommes aimés et on s’est marié cinq ans plus tard », raconte-t-il. 

On arrive toujours à ses fins avec le dur labeur et beaucoup de patience.»

Cependant, il a rencontré des embûches avant de finaliser son alliance avec sa bien-aimée parce qu’il n’avait pas les moyens. « Quand j’ai quitté le village de Mon-Loisir pour aller habiter à Notre-Dame, j’avais peu de moyens. J’ai eu des difficultés. Toutefois, j’ai toujours travaillé honnêtement pour concrétiser mes projets, même si cela me prenait du temps. La preuve, j’ai quitté mon travail en 1994, à l’âge de 60 ans et personne ne peut me montrer du doigt, car je n’ai jamais été une personne qui aimait les embrouilles. On arrive toujours à ses fins avec le dur labeur et beaucoup de patience. »

Il ajoute que la générosité des proches l’a également énormément aidé à concrétiser son mariage. « À cette époque, le mariage coûtait Rs 600, pour nous c’était l’équivalant de Rs 6 000. Tout le monde a contribué pour soulager les frais de mariage. Le costume de marié coûtait Rs 200 et il fallait économiser chaque sou pour donner au tailleur. Nous étions pauvres, mais on connaissait la valeur de l’institution du mariage. Je suis content d’avoir pu offrir ce bonheur à mes enfants. »

Malgré son parcours rempli d’épines, pour lui, il n’y a pas de place au regret. De La Nicolière à Pont-Praslin, il a pédalé sa bicyclette pour aller travailler. Dans la vie, il s’est débrouillé comme il pouvait avec beaucoup de conviction et de travail acharné. Il compte quarante-cinq ans d’expérience dans le domaine de la plantation.  « La vie passe trop vite. Aujourd’hui, j’ai 85 ans et je dois vivre au présent. J’ai eu la chance de construire mon foyer et d’avoir de cette union trois enfants magnifiques. Malgré le fait d’avoir seulement étudié jusqu’à la quatrième, j’ai essayé tant que je pouvais de me sortir la tête de l’eau. Ma plus grande réussite, c’est ma famille », fait-il ressortir. De plus, même s’il n’a pas eu d’éducation sur les bancs de l’école, il a appris à l’école de la vie, « la meilleure école qui soit, selon lui ».

 

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