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Rohit Digpaul : de l’ingénierie à la culture organique

Rohit Digpaul Il cultive une quinzaine de variété de légumes depuis presque deux ans.

À 65 ans, la vie n’est pas de tout repos pour Rohit Digpaul, habitant de Candos, Quatre Bornes.  Après avoir exercé comme ingénieur pendant plus de 30 ans, il décide de relever un nouveau défi : la culture organique. Son entreprise 'Smart Bio Farming Ltd' propose des légumes ‘bio’ à des prix abordables.

Sur une superficie de cinq arpents dans la zone organique à Britannia, Rohit Digpaul cultive des choux, des betteraves, des brocolis, des calebasses, des giraumons, entres autres, d’une façon organique. Il faut compter plus d’une quinzaine de variété de légumes qu’il cultive depuis presque deux ans.  

« Une partie de la production est déjà mise en vente. Chaque 15 jours, on participe à des foires organisées par le ministère de l’Agro-industrie à Port-Louis. Il y a un fort engouement pour les légumes bio de la part des Mauriciens. Ils sont de plus en plus conscients de leur santé », explique notre interlocuteur. Mais qui dit bio, dit forcément cherté de prix.  Rohit Digpaul ne le nie pas. «  Vu que la culture bio implique des coûts élevés, les produits demeurent plus chers. Toutefois, je fais de mon mieux, afin de rendre mes produits abordables aux Mauriciens », indique-t-il.

L’idée  de se lancer dans la culture organique a germé, lorsqu’il a pris sa retraite. «  Je ne voulais pas rester les bras croisés.  Mon but était de m’engager dans une activité nouvelle », dit-il.  Après avoir fait un constat sur les différentes maladies causées par une mauvaise mode de consommation, il décide d’apprendre comment cultiver autrement.  «  Je me suis rendu au Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI) pour prendre connaissance des opportunités  d’affaires et les techniques et les officiers m’ont proposé le projet de la zone organique de Britannia », soutient l’agriculteur.

Cependant, au début, l’aventure n’était pas aussi facile.  «  Vu que c’est un terrain de l’État, il y a des normes à respecter. Il faut travailler la terre d’une façon traditionnelle au lieu d’utiliser des machines », dit l’entrepreneur. À ce jour, il a déjà investi environ Rs 2 millions dans cette activité.

Dans la culture organique, dit-il  on n’utilise pas de pesticides, d’herbicides ou d’engrais chimiques. «  On est en train de retourner vers l’agriculture de nos grands-parents. Lorsque mon grand-père faisait de la plantation, on ne connaissait pas les herbicides. On enlevait les herbes avec une pioche ou à la main. C’est ce qu’on fait aujourd’hui », poursuit-il. Il avance que c’est un système de culture où toutes les ressources sur le terrain sont utilisées.  

« Ainsi, les herbes arrachées sont utilisées comme des fertilisants pour nourrir la terre », explique le planteur.

Parcours

Rohit Digpaul  a exercé comme ingénieur depuis plus de 30 ans. «  Je travaillais plus précisément dans les systèmes photovoltaïques », dit-il.  Marié et père de trois filles, il a tout le soutien de sa famille dans son nouveau business. «  Mes filles sont très intéressées par ce domaine. Sur l’Internet, elles apprennent beaucoup sur les techniques de la culture organique », dit notre interlocuteur.  À 65 ans, il a encore le courage de travailler. «  Voir les plantes grandir me rend heureux. Par ailleurs, cette activité me permet de faire de nouvelles rencontres », dit-il. Son passetemps demeure la lecture sur les techniques qu’utilisent d’autres pays dans la culture organique. Il pratique aussi la méditation.