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À Rivière-Noire : une grand-mère vit sans électricité depuis onze ans

Louisette La maison de Louisette et le compteur deconnecté.

Louisette, une grand-mère de 61 ans, verra-t-elle la lumière au bout de ses démarches ? Depuis 11 ans, elle demande d’être raccordée au réseau du CEB. Marie-Anne, une travailleuse sociale dans la région Ouest, a sollicité l’aide de la rédaction.

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Louisette habite une maison en bois sous tôle avec ses deux petits-enfants, des collégiens de 14 et 13 ans. « Elle ne sait ni lire ni écrire, elle vit sans électricité depuis 11 ans et, depuis plusieurs années, on s’occupe d’elle dans ses démarches et ses difficultés quotidiennes, raconte Marie-Anne, la travailleuse sociale. Depuis l’an dernier, on a bouclé toutes les étapes pour qu’elle puisse être connectée à l’électricité. La demande d’un nouveau compteur à son nom a été faite depuis le 2 avril 2018 après avoir obtenu les documents officiels de son propriétaire. Mais elle attend toujours ! »

Il faut savoir qu’il y a un compteur dans la maison de Louisette mais au nom de son fils Antonio, introuvable depuis cinq ans. Les factures accusent des arrérages de quelque Rs 13 000. Marie-Anne a déjà payé Rs 950 pour le ‘connexion fee’ au Central Electricity Board (CEB), mais les officiers exigent que Louisette s’acquitte des Rs 13 000 dues par son fils pour qu’elle puisse être reconnectée au réseau électrique.  « Pas 11 jours mais 11 ans ki Louisette pe vive sans courant et li pa normal ki zot pe dir li ki li bizin paye enn facture ek ene montant ki li pane utilisé », lance la travailleuse sociale.

Règlements suivis

referenceAansa Bedacee, chargée de communication au CEB, au courant du cas de Louisette, a été sur les lieux. « Je connais la situation de la dame, mais le CEB est un corps paraétatique qui travaille selon des règlements bien établis et nous devons suivre les procédures, explique-t-elle. Elle est obligée de payer la somme due pour pouvoir être à nouveau connectée. »

Selon Aansa Bedacee, les règlements sont ainsi, car dans le passé, le CEB a recensé plusieurs cas de fraude. « C’est-à-dire qu’un membre d’une famille fait l’application pour un compteur mais il ne règle pas les factures d’électricité, indique-t-elle. Puis, un autre membre de la famille, à la même adresse, fait une nouvelle application pour la connexion et ainsi de suite. C’est pourquoi on ne peut maintenant ‘bypass’ le système. » Elle précise que le CEB n’est pas en mesure d’identifier la situation financière des clients. « L’organisme veut aider Louisette, mais il faut qu’elle ait tous les documents nécessaires, dont celui qui doit provenir du ministère de la Sécurité sociale afin, qu’à notre niveau, on puisse lui offrir des facilités. »

Après avoir frappé à la porte de la rédaction concernant la situation de Louisette, Marie-Anne en a informé Alain Wong, le ministre de l’Intégration sociale. Il a pris contact avec la vieille dame et il lui a donné rendez-vous ce vendredi 10 août afin de trouver une solution. Lors d’un débat parlementaire, le ministre de tutelle, Ivan Collendavelloo, avait annoncé : « Il y a des gens qui sont déconnectés depuis des années et j’ai dit au CEB de nous laisser nous rencontrer afin de pouvoir les aider. Il y a des cas ‘genuine’ dans toutes nos circonscriptions. Nous rayons les dépôts d’environ  Rs 30,000,000 pour quelque 12 000 clients, en situation difficile, qui sont actuellement sur la liste de déconnexion pour non-paiement. »

Qu’en est-il de Louisette ? « Elle n’a pas été « amnistiée » par le ministre, car son nom ne figure pas sur la liste des clients du CEB, souligne Aansa Bedacee, mais le département légal du CEB étudie actuellement le cas de son fils, Antonio. »

Ce que dit le Code Civil

D’après le code civil mauricien, l’article 2270 dit ceci: « Sous réserve des dispositions particulières de la loi, les actions personnelles se prescrivent par dix ans. »  Le code 2279 dit : « Les arrérages des rentes perpétuelles et viagères ; ceux des pensions alimentaires ; les loyers des maisons et le prix de ferme des biens ruraux ; les intérêts des sommes prêtées et généralement tout ce qui est payable par année ou à des termes périodiques plus courts, se prescrivent par trois ans. » Donc, le CEB ne pourra poursuivre Louisette, d’autant que la facture est au nom de son fils.

Depuis quatre ans, elle attend son divorce pour obtenir une maison de la NHDC

Sandra, une mère de famille de Camp-Levieux, a entamé les procédures de son divorce. Quatre ans sont passés et il n’a pas encore été prononcé. Ainsi, elle n’a aucun document à présenter afin de faire une demande pour une maison de la NHDC. « J’ai fait ma première demande de divorce, en 2014, et j’avais obtenu une ‘legal aid’ du gouvernement, explique-t-elle, mais mes documents n’ont jamais été présentés en cour. à chaque fois que j’ai été avec mon avoué, on m’a dit que le dossier a pris du retard et qu’on allait me recontacter ».

Le hic, c’est que Sandra a parallèlement entamé des démarches auprès de la NHDC pour obtenir une maison. « Lorsque j’ai été convoquée, les officiers m’ont demandé les papiers du divorce ou du divorce provisoire en attendant que je sois convoquée en cour, mais je n’ai rien pu présenter. »

Sollicité, l’avocat, Me Arvin Halkhoree, indique : « La seule chose à faire dans ce genre de situation c’est de reprendre contact avec l’avoué. Si ce dernier n’a pas encore logé une pétition de divorce à la ‘Family Court’, les deux parties seront toujours considérées comme étant mari et femme. Il sera difficile donc pour la dame de présenter un document à la NHDC faisant état qu’elle est en instance de divorce. Il faut que la pétition soit déjà logée en cour pour au moins obtenir un divorce provisoire. »

 

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