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Ritesh, 11 ans, égorgé - Sachin Tetree : «Monn ale pou touye»

Le suspect lors de l'exercice de reconstitution des faits lundi.

Que s’est-il passé dans la tête de cet homme pour commettre cette atrocité ? La question est sur les lèvres des habitants de Petite-Rivière. Sachin Tetree, 37 ans, a froidement égorgé Ritesh Gobin, 11 ans, dans la nuit du 20 octobre, sur un terrain en friche. La sœur de la victime, 9 ans, raconte l’horreur.

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Sachin Tetree, 37 ans, dit qu’il ne supportait plus que son fils Vishal (prénom modifié) soit victime de bullying à l’école. Il aurait été agressé par son camarade de classe, Ritesh Gobin, 11 ans. Samedi dernier, le père décide de mettre un terme à cette affaire. Il a voulu se venger sur Ritesh qui est le fils de son voisin Sooraj Gobin, 41 ans. Il a échafaudé un plan pour l’attirer sur un terrain en friche pour le « corriger.»

« Ritesh avait agressé mon fils Vishal, il y a deux ans. Des fois, mon fils saignait du nez. Il en est traumatisé. Quand Sooraj, son père a reparlé de cette affaire samedi, j’étais énervé et j’ai décidé de tuer Ritesh afin que mon fils cesse de souffrir une fois pour toutes. Monn ale pou touye pou mo zanfan », a déclaré Sachin Tetree aux policiers. 

Avec la permission de Sooraj, chacha (tonton) Sachin propose d’emmener le fils à la boutique pour lui acheter des sucreries. Le hic, c’est que la sœur de Ritesh, Sheenah (prénom modifié), insiste pour les accompagner.

Vers 19 heures, Sachin Tetree accompagne les enfants à la boutique de la localité. Il y achète des sucreries et un cutter. Les gosses qui attendent dehors ne se doutent pas une seconde des intentions criminelles de chacha Sachin. Sur le chemin du retour, il empoigne Ritesh avant de sortir son cutter. Sheenah, elle, ne comprend rien à cet acharnement.

«Je l’ai mordu au bras»

« En revenant de la boutique, chacha nous a dit de prendre un autre chemin à travers un champ de canne, un raccourci, disait-il. Je marchais avec mon frère, nous causions et riions. Soudain, Chacha Sachin a pris Ritesh par le bras, a sorti son cutter de sa poche et lui a tranché la gorge. J’ai eu peur, j’ai sauté sur lui et je l’ai mordu au bras. Il m’a repoussée et je me suis enfuie. J’ai couru vers la maison », devait dire Sheenah à sa mère, qui a rapporté ses propos au Défi Plus.
Sheenah et Ritesh étaient très proches. « Quand les amis de sa sœur les taquinaient, Ritesh protégeait sa sœur et vice versa », explique Kushboo, leur mère.

« Ma fille est hospitalisée, elle pleure toujours la mort de son aîné. Elle est triste de n’avoir pu assister aux funérailles, le médecin l’avait déconseillé, vu l’atrocité dont elle a témoigné. Sheenah ne cesse de demander pourquoi « chacha in touy mo frerr koumsa », exlique Kushboo. 

La Major Crimes Investigation Team (MCIT) a procédé à l’arrestation de Sachin Tetree aux petites heures de dimanche. Il est vite passé aux aveux. Une charge provisoire de meurtre pèse contre lui. Sachin Tetree a demandé un avocat commis d’office pour assister son enquête prévue la semaine prochaine. Il n’est pas inconnu des services de police. Il a déjà eu des démêlés avec la justice pour des cas d’agression.

Vishal, le fils de Sachin : « J’ai perdu mon ami et mon père»

Le fils de Sachin n’a plus d’appétit depuis ce drame. Son père a avoué à la police avoir tué Ritesh qui l'agressait souvent en classe. « Il est vrai que Ritesh m’agressait souvent, et je racontais ces incidents à mon père. Aujourd’hui, je suis triste d’avoir perdu mon ami et mon père », dit Vishal.

Sachin qualifié de sournois et violent

Sachin Tetree, maçon de profession, est décrit comme un être sournois par son entourage et ses proches. Ses voisins ont du mal à croire qu’il a pu ôter la vie à un enfant. « Kan ou get Sachin, li enn dimoun touzour bien abiyé, kouma enn profeserr. Kan li marse, li get anba. Li sournwa. Li koz dousman e bizin ekout li bien pou tann li. On ne pouvait jamais deviner ses intentions et il parlait rarement », confient des habitantes de la localité. « Sachin faisait le va-et-vient chez Sooraj, le père de la victime. Ils ne se sont jamais disputés. C’est un grand choc quand on a découvert son vrai visage », disent ceux qui l’ont côtoyé. Autre trait de caractère : sa violence. 

« Quand des jeunes enfourchaient leurs motocyclettes, Sachin sortait avec un sabre pour les menacer s’ils faisaient du bruit. Il était antisocial », ajoutent des voisins.

Reshmi, la compagne : «J’étais l’esclave de Sachin»

Reshmi

Reshmi Sumboo, 47 ans, compagne de Sachin, pousse un ouf de soulagement. Elle vivait en concubinage avec Sachin pendant 11 ans. « J’étais une femme battue. Sachin et moi avons un fils, âgé de 9 ans. Il ne m’a jamais traitée avec amour. Il me traitait comme une esclave. Quand il est ivre, il m’agressait. Je porte encore les traces de ses coups. Il a fabriqué des outils avec lesquels il me menaçait. Les voisins peuvent en témoigner. Mo diman mo mem si Sachin ena lamour prop. Le père de Ritesh a bon cœur. Il nous donnait du courant pour nous éclairer et quand on avait un problème, il nous aidait. Je suis furieuse contre Sachin. Il me martyrisait et mon calvaire a pris fin depuis qu’il est en prison pour meurtre », confie Reshmi. Depuis le drame, son fils de 9 ans est bouleversé. « Il est tombé malade et souffre de fièvre. Il ne sort plus de la maison de peur que les gens ne l’appellent ‘zanfan kriminel’. Il ne parle plus et il se cache dans la maison. »

Kushboo, mère de Ritesh : «Ce crime me hante»

Kushboo

Kushboo, la mère de Ritesh, est en plein désarroi. Elle est écrasée par la douleur. « Toute la famille et tous les gens de la localité partagent notre souffrance »,explique cette mère meurtrie. Kushboo vit dans l’angoisse depuis le décès tragique de son aîné. « Mon cœur est déchiré. Je ne veux pleurer devant ma fille de 9 ans, pour ne pas la stresser. Je dois me monter forte devant, je fais des blagues pour qu’elle oublie cette tragédie. Jeudi, alors qu’elle mangeait son chocolat, elle a pensé à son frère. Elle m’a dit si Ritesh était là, elle lui donnerait un morceau. Je n'ai pu contenir mes larmes. Ce crime me hante », dit-elle. « Ritesh était un enfant très aimable. Malgré son jeune âge, il était responsable. Il s’occupait de ses sœurs et de son frère. Il me donnait un coup de main pour planter des légumes dans le jardin, il aidait son père à peindre la maison. À 11 ans, il savait préparer les nouilles pour ses frère et sœurs. Il était la lumière de notre vie. Elle s’est éteinte avec son décès », pleure Kushboo. « Mon fils n’aimait pas lire, mais il voulait devenir mécanicien. Il voulait faire un métier pour nous aider. Il disait : ‘mama, kan mo vinn grand,mo pou travay pou ed zot e ed mo ban ser ek frer pou zot gagn enn bon ledikasion. Aujourd’hui, il est parti », lâche la mère. 

Doolaree, père du suspect : «Li ava pey konsekans saki linn fer»

Doolaree, 69 ans, père Sachin, est animé par un sentiment de révolte. « Comment Sachin a-t-il pu ôter la vie à un enfant ? Je n’ai ni peine ni pitié pour lui. Il mérite une sanction sévère. Cet enfant était innocent. Il ne méritait pas de mourir ainsi. Je suis rongé par la colère. Les disputes entre enfants sont habituelles, et puis le lendemain, ils oublient tout et rejouent ensemble. Pourquoi Sachin est-il intervenu ? » fulmine le vieil homme. « Ce samedi tragique, Vishal et son camarade Ritesh sont venus jouer à la maison. Ils étaient ravis, puis mon petit-fils est rentré chez lui. Je me demande ce qui est passé dans la tête de Sachin pour tuer un enfant. Li finn met li mem dan problem et li ava pey so konsekans saki linn fer. Il aurait dû réfléchir, car il a des enfants, lui aussi», confie Doolaree.

La scène de crime.

La mère du suspect : «Difficile de lui pardonner»

Saroj, mère du suspect, qui avait dans un premier temps incriminé le père de Ritesh de ce meurtre, est revenue sur ses déclarations. « J’étais choquée quand j’ai appris que Sachin a tué cet enfant. Il m’a induit en erreur en m’affirmant qu’il n’avait rien fait. Quand j’ai su la vérité, j’ai reçu le choc de ma vie. Mo ena zenfant et ti zenfant. Zamais mo pas pou pardonne ene kiken si li ti pou trans zot la gorz. Sachin a tué cet enfant. Qu’il assume ses actes. Difficile de lui accorder le pardon», ajoute la mère. Saroj d’ajouter : « D’habitude, c’est homme calme. Il n’aime pas fourailler avec les gens. Il passe son temps avec ses enfants après le boulot. Il est triste qu’il ait eu deux femmes qui ne l’ont pas compris. Sachin faisait tout pour subvenir aux besoins de ses enfants. Il voulait faire leur avenir.»

Les habitants : «Petite-Rivière a perdu un héros»

Les habitants de la région, venus rendre visite à la famille Gobin, sont bouleversés. « Ritesh était un enfant très vif, il avait toujours un sourire aux lèvres. Kan nu criye avec li, zamais li repon¸li dir sorry et li riyer li aller. Petite-Rivière a perdu un héros. En protégeant sa sœur, il a trouvé la mort. Frère et sœur jouaient ensemble et Ritesh prenait soin d’elle et de ses autres sœurs et frère.» 

Sooraj : «J’estimais Sachin comme un frère, il m’a poignardé dans le au dos»

Sooraj

Rencontré à son domicile à Petite-Rivière, Sooraj est en larmes. « Ritesh était mon premier enfant et il a apporté beaucoup de bonheur dans notre famille. Sachin, je l’estimais comme un frère et en retour, il m’a donné un coup de poignard dans le dos. Depuis ce crime, je n’ai pas encore vu ma fille de 9 ans, elle est hospitalisée. Beaucoup de gens me soutiennent, tous les jours, nous prions pour mon fils. Ritesh ti mo lame drwat e mo kamarad finn rass li, tou sa encor fre dan mo lespri. Mon cœur saigne. Ritesh n’était pas seulement un fils, mais mon meilleur ami. Nous étions très proches. »

Vimila, ex-épouse de Sachin : «So ban zenfant so la vie ça»

L’ex-épouse de Sachin condamne sévèrement cet acte de barbarie. Vimila vit séparée de Sachin depuis plus de cinq ans. « Je l’avais épousé religieusement et nous avons eu une fille et deux garçons. Sachin ne travaillait pas et souvent, il m’agressait. Ne pouvant plus supporter ses coups, je suis partie. Sachin semble une personne tranquille, mais il a un caractère violent. Il m’a fait vivre un véritable calvaire. Toutefois, il aime ses enfants et n’apprécie pas qu’on les maltraite ou hausse le ton avec eux. So ban zenfant so la vie sa et li pa kav guet ene kiken maltret zot.» La mère d’ajouter : « Sachin a blessé le cœur d’une mère et je me sens également blessée, car je suis maman. Je frissonne quand j’imagine l’atrocité commise sur cet enfant. Je ne pensais pas que Sachin aurait pu tuer un enfant pour protéger le nôtre. Un pauvre innocent est mort.» 

Christa*, 11 ans, camarade de classe : «Ritesh était jovial»

Pour Christa, camarade de classe de Ritesh, il était comme « un frère pour moi ». « On partait à l’école dans le même bus, et on rentrait ensemble. En route, on faisait des blagues. Même en classe, il mettait de l’ambiance. On s’aidait l’un et l’autre quand on devait faire nos devoirs. Il était aimé de tous et apprécié de notre enseignante », ajoute Christa, en présence de sa mère Surekha, 35 ans.

Nishi*, 9 ans, amie : «Ritesh m’aidait à faire mes devoirs»

Pour Nishi également, Ritesh était un ami qui aimait aider. « Ritesh était mon meilleur ami. Quand j’avais des difficultés à faire mes devoirs, il m’aidait. Après, on jouait à cache-cache. Il cueillait des mangues pour moi. Il aimait les salades de fruits et les confitures. Il va beaucoup me manquer», confie Nishi en présence de sa mère. 

(Christa et Nishi sont des prénoms modifiés)


Des projectiles sur des policiers : Un suspect arrêté

Lundi 22 octobre, le suspect a participé à une reconstitution des faits en présence d’une foule hostile. Les badauds ont lancé des pierres sur des policiers et endommagé un véhicule. Cinq agents ont été blessés.  Un suspect a été arrêté. « Kan mo finn trouv Sachin, monn an kolerr kan monn pans sa krim la. Mo ti pe avoy ross lor li ki e sa finn al lor la polis e zot van.»

Le psychologue : «C’est une affaire très délicate à gérer»

Sollicité pour une réaction, le psychologue Nicolas Soopramanien explique que cette affaire doit être traitée avec beaucoup rigueur. « C’est une affaire très délicate qu’il faut savoir gérer. Nous entendons plusieurs versions. Il faut savoir réellement ce qui s’est passé avant de se prononcer », dit-il.

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