
Le Mauritius Institute of Directors (MIoD), en partenariat avec EY Mauritius, a réuni la semaine dernière à l’hôtel Hennessy Park des professionnels de divers secteurs pour un Risk Governance Forum. Sur le thème « Risk Governance in the Age of Emerging Technologies », il a offert un espace de réflexion collective sur les transformations provoquées par l’émergence de nouvelles technologies et leurs impacts sur la gouvernance des risques.
Publicité
Les organisations font face à des bouleversements induits par l’intelligence artificielle générative, les systèmes autonomes et les infrastructures numériques décentralisées. Et le Risk Governance Forum (RGF) s’est attaché à examiner les implications de ces innovations sur la cartographie des risques. Le forum a mis en lumière une typologie de risques en pleine recomposition : invisibles, interconnectés et souvent difficiles à anticiper. Cette complexité requiert une adaptation des cadres d’analyse traditionnels, selon les intervenants.
Un panel intersectoriel a été constitué pour nourrir les échanges. Modéré par Anousha Sathan, General Manager chez Currimjee Informatics Ltd (CINF), le panel comptait Sidharth Sharma (Group CEO, RHT Holding Ltd), Sudheer Prabhu (CTO, CIM Group), Pravesh Gaonjur (COO, Tylers-Information Security Experts), et Atishay Sookun (Head of Digital Transformation, Alteo). Chacun a exposé les spécificités de son secteur face aux nouvelles formes de vulnérabilité : automatisation accrue dans l’agro-industrie, dépendance aux infrastructures numériques dans la finance et enjeux de cybersécurité dans l’industrie technologique.
Les discussions ont insisté sur la nécessité d’une approche systémique et actualisée de la gouvernance des risques, au sein de laquelle la compréhension des interactions entre technologie, régulation et responsabilité devient centrale. Selon plusieurs participants, cette démarche ne peut se limiter à des réponses ponctuelles, mais doit s’inscrire dans une logique continue de veille et d’adaptation.
Sheila Ujoodha, CEO du MIoD et présidente du Risk Governance Forum, a précisé que le rôle du forum est de faciliter ces échanges. « L’innovation ne doit pas se faire au détriment de la transparence. Les dirigeants doivent composer avec des risques qui évoluent rapidement, souvent sans précédent. Il est essentiel de créer des cadres de gouvernance capables de s’ajuster à ces transformations », a-t-elle avancé.
Présent à l’ouverture, le ministre des Technologies de l’Information, de la Communication et de l’Innovation, le Dr Avinash Ramtohul, a réaffirmé l’engagement de l’État à soutenir une gouvernance technologique structurée. Il a évoqué le Digital Transformation Blueprint 2025–2029 comme un levier pour concilier innovation, régulation et sécurité. « La convergence entre politiques publiques, entreprises et gouvernance privée est indispensable pour répondre à ces enjeux », a-t-il indiqué.
De son côté, Shailen Ramgoolam, Consulting Service Line Leader chez EY Mauritius, a souligné que la technologie peut générer autant de risques que d’opportunités. Il a insisté sur l’importance d’anticiper les dérives potentielles grâce à des cadres de gouvernance solides et bien informés. « Ce n’est pas la technologie qui pose problème, mais la manière dont elle est encadrée », a-t-il estimé.
Lancé en mai 2024, le RGF regroupe plusieurs acteurs économiques mauriciens, dont ABC Banking Corporation, Alteo, CIEL Group, CIM Finance, Currimjee Group, Innodis, Leal Group, MCB Group, MUA, RHT Holding Ltd et UBP. Le forum se positionne comme un point de rencontre pour structurer une gouvernance des risques agile et partagée, en réponse à un environnement technologique en évolution rapide.

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !