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Riposte contre Sherry Singh : ce que le gouvernement lui reproche

Les relations se sont détériorées entre Sherry Singh et Pravind Jugnauth depuis deux ans.

Le Premier ministre ne compte certainement pas rester les bras croisés face à Sherry Singh et ses allégations. La contre-attaque du gouvernement s’organise autour de plusieurs points. Une stratégie qui devra se préciser bientôt. 

Son salaire de Rs 700 000 à Mauritius Telecom fait tiquer

Un des points principaux que compte exploiter le gouvernement est le salaire de Sherry Singh en tant que CEO de Mauritius Telecom. Maneesh Gobin a déjà effleuré cet aspect, samedi, pendant la conférence de presse du Mouvement socialiste militant (MSM). « Durant les sept années qu’il était à Mauritius Telecom, tout allait bien. Salaire ti bon. Et c’est maintenant, tout d’un coup, qu’il constate sa situation », devait dire Maneesh Gobin. Sherry Singh a lui-même révélé vendredi, lors de son interview sur Radio Plus, qu’il touchait un salaire mensuel de base de quelque Rs 500 000 et que le montant arrivait à environ Rs 700 000 en ajoutant les diverses allocations.

Le financement de sa maison « au bout du monde » interpelle

Depuis quelques années, Sherry Singh construit une grande villa dans le morcellement « Au bout du monde » à Ebène. L’endroit est considéré comme un des plus beaux et luxueux du pays. D’ailleurs, plusieurs élus de la majorité et de l’opposition y possèdent une demeure. Le chiffre de Rs 110 millions circule par rapport au coût de la résidence de l’ex-CEO de Mauritius Telecom. Interrogé à ce sujet vendredi, il a botté en touche. Dans le camp du gouvernement, on se demande comment cette villa a été financée. Sherry Singh répond que des autorités enquêtent déjà sur ses avoirs et qu’il n’y a aucune maldonne.

Vente de cuivre par Mauritius Telecom: des zones d’ombres ? 

Sous Sherry Singh, Mauritius Telecom a remplacé des centaines de kilomètres de câbles en cuivre par de la fibre optique afin d’avoir une connexion Internet plus rapide et plus fiable. Une lettre anonyme envoyée le 9 janvier 2020 à la Mauritius Revenue Authority et à l’Integrity Reporting Services Agency évoque « de gros doutes de pratiques corrompues » dans la vente des câbles de cuivre « au détriment de Mauritius Telecom et des contribuables ». La lettre parle d’un proche comme intermédiaire entre une compagnie basée à La Tour Koenig et Mauritius Telecom. Ce point a déjà été nié par Sherry Singh, mais ses détracteurs feront quand même campagne sur ce front.

Les contrats à Huawei

Le géant chinois des télécommunications Huawei a décroché plusieurs contrats portant sur la pose de câbles de cuivre pour le compte de Mauritius Telecom. Le gouvernement pointe du doigt Danesh Ellayah, qui était Deputy Managing Director de Huawei à Maurice de janvier 2014 à septembre 2019, et qui est un proche de Sherry Singh. Vendredi, ce dernier a confirmé que Danesh Ellayah est un bon ami. Mais selon lui, l’amitié est une chose et les affaires une autre chose. De plus, il a rappelé que Huawei est un géant mondial dans le domaine et qu’il n’y a donc rien d’anormal qu’il décroche des contrats. Enfin, a précisé Sherry Singh, il n’était pas impliqué personnellement dans les appels d’offres. Sans compter que pour toute attribution de marché, la procédure passe par plusieurs étapes et plusieurs personnes.

MUGA et autres

Des soupçons existent par rapport à l’allocation de contrats de rénovation à la Telecom Tower et pour le programme MUGA, qui consiste à mettre en place des centres de loisirs dans différents endroits du pays. Au niveau du gouvernement, on soutient avoir eu vent de surfacturations. Des enquêtes seront probablement lancées pour vérifier les allégations.

Xavier-Luc Duval : « Il n’a pas dit l’essentiel »

Le leader de l’opposition invite Sherry Singh à dévoiler, dans son intégralité, l’affaire qui a abouti à sa démission du poste de CEO de Mauritius Telecom. « Il a fait des allégations et des dénonciations. Il a beaucoup dit mais pas l’essentiel. Il doit tout révéler. Car il y a un volet international qui concerne notre vie privée, avec la possibilité d’une ‘tierce partie’ surveillant le réseau Internet. On a des informations et ce qui s’est passé est extrêmement grave », a déclaré Xavier-Luc Duval, samedi .

Mieux comprendre le «sniffing» ?

Ce terme, l’ex-CEO de Mauritius Telecom, Sherry Singh, l’a utilisé sur Radio Plus, vendredi, alors qu’il s’exprimait sur la raison de sa démission.

Il a allégué que le Premier ministre voulait qu’une «Third party»  voulait installer des équipements pour «sniffer» le trafic internet  du pays.

Comme nous, vous êtes nombreux à vous poser la question. Nous avons sollicité l’avis d’un expert. Loganaden Velvindron, membre fondateur du groupe Cyberstorm, qui a aussi travaillé sur les cryptages TLS nous en dit plus.

Il explique que le «sniffing» consiste à contrôler le trafic Internet en collectant les données pour ensuite les décryptées, soit avoir accès à vos informations.  

Loganaden Velvindron souligne que sa firme n’a pas détecté la présence de tels équipements à Maurice jusqu’ici.

Le «sniffing» du trafic internet comporte des désavantages. 

L’ingénieur en informatique précise que les «géants du Web» comme Google ou Mozilla risquent de revoir leur présence dans un pays, si de tels équipements sont installés.

 

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