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Réunification des militants sans Ivan Collendavelloo : le ML et son leader en chute libre

L’influence du ML et de son leader n’est plus comparable à celle de 2014, selon plusieurs voix au sein du GM.

Après avoir été pris en otage pendant près d’un mandat par l’affaire St-Louis, le Muvman Liberater et son leader, Ivan Collendavelloo, font aujourd’hui face à une nouvelle épreuve qui mine sérieusement le pouvoir de négociations de ce parti.

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Il a été le premier à exprimer le souhait d’une réunification des anciens du MMM, après la victoire de l’Alliance Lepep lors des élections générales de 2014. Dix ans plus tard, Ivan Collendavelloo, leader du Muvman Liberater (ML), se retrouve pour le moment exclu d’un projet dont il se croyait être le fer de lance.  

L’ironie veut ainsi que la réunification des militants du pays se heurte à l’incapacité des instigateurs du projet à travailler ensemble. En effet, la décision du ML de rester en marge de cette initiative révèle un fossé qui se creuse principalement avec le leader du Muvman Patriot Morisien (MPM), Alan Ganoo. Pour plusieurs membres de la direction du ML, le ministre du Transport agirait de manière sournoise en accordant, semble-t-il, son soutien au Chairperson du Board du Taxi Operators Welfare Fund, Parwez Nunnoo, pour qu’il maintienne sa présence dans la circonscription Rivière-des-Anguilles/Souillac (n°13).

Une circonscription qui est d’une importance particulière pour le ML, étant donné qu’un de ses membres, Ismaël Rawoo, y a été élu aux élections générales de 2019. « La moindre des choses aurait été que le ML soit consulté en premier lieu lorsque le MPM a décidé d’autoriser l’un de ses protégés à travailler dans la circonscription. D’une part, nous cherchons à créer un projet d’unité, mais secrètement, l’un des partenaires du projet agit sans nous consulter. Comment pouvons-nous espérer atteindre l’unité dans de telles circonstances ? » exprime un membre du ML. 

Au sein de la Plateforme militante et du MPM, on laisse entendre que la décision de poursuivre ce projet sans la participation d’Ivan Collendavelloo témoigne de l’importance accordée à l’ancien No. 2 du gouvernement. Selon certaines sources au sein de ces deux partis, s’il souhaite s’impliquer dans ce projet, il devra désormais faire des compromis et réévaluer ses ambitions de prendre la direction de cette nouvelle plateforme militante.

Au ML, toutefois, on ne l’entend pas de cette oreille. Différentes sources interrogées insistent sur le fait que le ML devrait être la locomotive de ce projet. En premier lieu, on souligne que l’Alliance Morisien de 2019 était principalement composée de deux partenaires principaux : le MSM et le ML. « Les emblèmes de la Plateforme militante et du MPM n’ont jamais été affichés sur les banderoles de l’Alliance Morisien. Ainsi, même si Ivan Collendavelloo a été révoqué en tant que No. 2, le ML demeure le partenaire principal de l’alliance avec le MSM selon la hiérarchie établie », fait valoir un membre de ce parti. 

Selon ces mêmes sources, l’importance du ML ne peut être minimisée dans un tel projet. Et de rappeler que Steven Obeegadoo et Alan Ganoo avaient combattu le MSM en 2014, tandis que le ML et son leader sont restés loyaux envers le MSM depuis 10 ans.

La marche à suivre pour le ML concernant ce projet d’unification des anciens du MMM reste à définir. « Il est clair que le ML ne se retrouve pas dans la forme présentée samedi dernier. Attendons de voir comment les choses évoluent. Mais la sincérité doit primer », indique un membre de la direction du ML.

Pour certains observateurs et des voix au sein du gouvernement, cette situation illustrerait la position particulière dans laquelle se trouvent Ivan Collendavelloo et le ML. En 2024, affirme-t-on au gouvernement, Ivan Collendavelloo se retrouve coincé à différents niveaux en pleine année électorale. 

« Ivan Collendavelloo n’a toujours pas été blanchi par la commission anticorruption dans l’affaire St-Louis, et il est fort probable que la lumière ne soit pas faite avant les prochaines élections générales. Ce qui signifie que le leader du parti risque d’être encore fortement embarrassé par cette affaire. La question qui se pose est de savoir si Ivan Collendavelloo voudra lui-même être candidat dans de telles circonstances, ou si le MSM voudra le présenter comme candidat aux prochaines élections générales », commente un conseiller au sein du gouvernement. 

 

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