Retard de ratification du traité - Chagos : Comment le GM compte combler le trou de Rs 10 milliards
Par
Patrick Hilbert
Par
Patrick Hilbert
Répondant mardi à plusieurs questions parlementaires portant sur le retard dans la ratification du traité sur l’archipel des Chagos, le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, a exposé les conséquences économiques immédiates ainsi que les mesures envisagées pour faire face à un manque à gagner estimé à Rs 10 milliards.
Le chef du gouvernement a rappelé que « le 22 mai 2025, Maurice et le Royaume-Uni ont signé un accord concernant l’archipel des Chagos », en vertu duquel « le Royaume-Uni reconnaît la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos dans son intégralité, y compris Diego Garcia ». Toutefois, cet accord « doit être ratifié par Maurice et le Royaume-Uni pour entrer en vigueur » et, en l’état actuel, « aucun paiement ne peut être effectué ».
Le Premier ministre a précisé que le processus est bloqué du côté britannique, le projet de loi intitulé « Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill » n’ayant pas encore été adopté par le Parlement britannique.
Sur le plan économique, Navin Ramgoolam a indiqué que le Budget 2025-2026 avait intégré, « sur la base de l’hypothèse que le traité serait ratifié », une recette de Rs 10 milliards. En conséquence, « en raison du retard dans la ratification du traité des Chagos, il y aura un manque à gagner de Rs 10 milliards au cours de cet exercice ».
Il a ajouté que « toutes choses étant égales par ailleurs, le déficit budgétaire augmentera du même montant, soit l’équivalent de 1,3 % du PIB », ce qui entraînera également « une augmentation de la dette du secteur public du même pourcentage ».
Par ailleurs, ce retard aura aussi des répercussions sur les équilibres extérieurs. Le Premier ministre a ainsi souligné que « le retard dans la ratification du traité entraînera une baisse des entrées dans la balance des paiements d’un montant correspondant, exerçant une pression supplémentaire sur le marché des changes».
Face à cette situation, le gouvernement a engagé une série de mesures pour atténuer les effets de ce manque à gagner. Le ministère des Finances agit notamment en « renforçant le contrôle des dépenses récurrentes et en réduisant les gaspillages ».
L’exécutif prévoit également de « reprioriser les projets d’investissement en mettant en œuvre ceux à fort impact et favorisant la croissance, tout en reportant ceux de moindre priorité ». À cela s’ajoute un encadrement plus strict des organismes publics, avec pour objectif « d’améliorer l’efficacité et de contenir les transferts budgétaires ».
Enfin, le gouvernement entend « optimiser les soldes de trésorerie existants dans l’ensemble du secteur public afin de limiter le recours à de nouveaux emprunts ».
Le Premier ministre a exprimé l’espoir que « le traité des Chagos soit ratifié dans les plus brefs délais afin que l’accord puisse entrer en vigueur et que ses dispositions soient pleinement mises en œuvre ».