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Restructuration de la Central Water Authority : à la chasse aux voleurs d’eau 

Les connexions illégales au réseau de la CWA sont légion.

La Central Water Authority passe par une profonde restructuration organisationnelle. Le but est d’optimiser la gestion du réseau de distribution mais aussi de s’attaquer aux fraudeurs qui ponctionnent environ 15 % de l’eau traitée par l’organisme.

Ce n’est pas un secret : la Central Water Authority (CWA) perd environ 40 % de l’eau traitée à cause de fuites diverses sur le réseau de distribution. Ce qui est moins connu, c’est que sur 100 litres d’eau qui passent dans les tuyaux, 15 litres sont volés.

« Des gens volent de l’eau au détriment de la CWA. Sans autorisation et donc sans compteur, ils installent une connexion sur le réseau et utilisent cette eau. C’est ainsi 15 % de l’eau qui disparaît car des personnes agissent de manière illégale ou parce que les appareils de mesure de la consommation sont inaccessibles », déplore Joe Lesjongard, ministre des Utilités publiques. Le manque à gagner pour l’organisme se chiffre à plusieurs dizaines de millions de roupies par an.

Pour lutter contre ce phénomène qui perdure, des mesures sont introduites. « Nous avons mis en place une ‘flying squad’ au niveau du département de l’audit pour suivre et réduire le pourcentage de ce ‘non-revenue water’ », annonce le ministre.

Dans l’objectif d’améliorer le fonctionnement de la CWA, d’autres reformes sont en cours. « Nous restructurons la CWA. L’organisation elle-même est archaïque et n’a pas évoluée depuis longtemps », affirme Joe Lesjongard. Il dit vouloir que la CWA devienne une « organisation basée sur les résultats ».

Le corps parapublic aura une organisation plus décentralisée avec comme mission de se focaliser davantage sur les abonnés. Par exemple, une « flying squad » interviendra jusqu’à tard dans la nuit dans les situations d’urgence. Depuis novembre dernier, des « zone managers » et ingénieurs principaux sont postés dans chaque zone.

À partir de ce mois-ci, un indice de performance est introduit. Le bon travail sera ainsi récompensé. Parallèlement, des mesures disciplinaires seront prises en cas de négligence ou de mauvais comportement.

En août dernier, un exercice de recrutement a été lancé pour les postes de directeur général adjoint (technique), directeur général adjoint (administration), directeur des ressources humaines et secrétaire de la compagnie.

L’organisme ne fera plus appel aux camions-citernes d’entreprises privées. Ce lundi, dix camions-citernes entreront dans la flotte de la CWA. Ils seront gérés par une équipe qui centralisera les opérations pour intervenir plus efficacement et rapidement dans les régions dépourvues d’eau pour une raison ou une autre. Les véhicules seront équipés d’un GPS qui permettra à l’équipe centrale de savoir où ils se trouvent à tout moment.

La dernière goutte d’eau pour les camions-citernes du privé aura été les manifestations qui ont eu lieu il y a une dizaine de jours à Bambous-Virieux. Après enquête, il est apparu que le camion-citerne qui y avait été envoyé avait rebroussé chemin après avoir éteint son GPS. Des dizaines de familles privées d’eau potable ont alors exprimé leur mécontentement dans la rue.

Autre nouveauté : l’introduction de la télémétrie et de l’informatique pour piloter le réseau de la CWA à distance. « La CWA a toujours une partie de son personnel qui va tous les jours sur le terrain pour ouvrir et fermer des valves. Nous avons très souvent des problèmes à ce niveau car on dépend de l’intervention humaine pour ajuster la distribution d’eau », dit Joe Lesjongard. Des « smart meters » seront aussi installés pour pouvoir connaître la consommation d’eau des abonnés à distance.

Un projet pilote d’informatisation du réseau a débuté à Rose-Hill en octobre dernier. En février, il passera par une étape d’évaluation.

 

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