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À Residence la Cure : à 65 ans, Suzette Jean-Louis vit dans une tente

Suzette Jean-Louis

Généralement, faire du camping est un moment agréable en famille ou entre amis. Entre apéros et barbecue, ce sont des moments remplis de convivialité. Sauf que pour Suzette Jean-Louis, 65 ans, ce n’est pas le cas. Elle vit sous une tente, à Résidence La Cure depuis plus d’un mois…

Vivre sous une tente, c’est souvent une aventure agréable. Pour Suzette Jean-Louis, 65 ans, c’est une mésaventure.

Suzette vit sous cette tente en attendant un toit.
Suzette vit sous cette tente en attendant un toit.

À la rue Colville-Deverell à Résidence La Cure, Suzette Jean-Louis vivote dans une tente de camping, ayant subi l’usure du temps, dressée devant la bicoque en tôle de sa fille, Christabelle Malbrook, âgée de 33 ans. Elle nous fait visiter les lieux. « Fer 19 ans ki mo mama habite ici. Li ti pe viv dan enn la sam ki ti osi so la kwizinn. Depi ki linn kass so lakaz li dormi dan enn la tant, dit-elle. Lorsqu’il pleut, elle sort sur un matelas installé dans la cuisine. » Elle revient sur les récentes pluies d’avril où elle a dû secourir sa mère contre une soudaine montée des eaux dans la cour. « Ti pre minui. Mo ti pe dormi. Enn cout delo ine monte.

À chaque grosse averse, c'est la panique...
À chaque grosse averse, c'est la panique...

Dilo labou ine entraine li, so matelas ek so la tant ziska mo la porte. Monn degaze monn al leve li. Apre monn bisin avoy li kot mo ser pou li kapav dormi. Sak fois ena la pli ici, tou inonder. Mem mo lakaz ine gaygn dega. »

Actuellement, c’est sur des matelas posés sur des blocs que dorment sa famille et elle. Dans sa bicoque en tôle en face de la tente improvisée de sa mère, Christabelle Malbrook vit avec son mari et ses cinq enfants. Un rideau sépare sa chambre à coucher en deux.  À quelques centimètres se trouve le même genre de lit pour sa fille aînée, son gendre et leurs deux enfants. Les trois autres enfants de Christabelle dorment avec leur grand-mère Suzette. Soit dans la tente ou sur un matelas installé dans la cuisine, dépendant de la pluie.

Un petit coin qui sert de salle de bains.
Un petit coin qui sert de salle de bains.

Un peu plus loin, une allée d’eau stagnante, sur laquelle prolifèrent des moustiques, mène à une autre pièce en tôle où vivent Kesha et Sensley, les deux autres enfants de Suzette Jean-Louis. Coupée en deux par un contreplaqué, la chambre abrite Kesha et son mari, de même que Sensley, sa femme et deux enfants. À quelques pas, on trouve un plancher en béton recouvert de cire qui brille d’un faible éclat au moindre rayon de soleil. « Sa ti lakaz mo mama », indique Christabelle.

A ciel ouvert…

Suzette Jean-Louis

Cet espace à ciel ouvert est utilisé pour étendre le linge en journée alors qu’il sert de salle à manger le soir. Un lieu qui réunit parents, enfants, petits-enfants, grand-mère et arrière-petits-enfants pour dîner à la belle étoile. Il va sans dire que les repas sont aussi maigres que ceux de midi, mais tous se serrent les coudes pour avoir de quoi se mettre sous la dent au quotidien.

Depuis la naissance de ses enfants, Christabelle Malbrook ne travaille pas. Son mari, qui travaille sur un bateau de pêche, sera de retour à la maison dans deux semaines. Ce père de famille a pris la mer dans l’espoir de gagner un peu plus d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille. Le couple a cinq enfants, dont une fille déjà mariée et mère de deux enfants, un fils en attente d’une formation en mécanique et trois autres enfants de 14, 13 et 12 ans scolarisés dans une école spécialisée à Résidence La Cure. Le petit dernier, Jamel, souffre d’une rare maladie des pieds découverte au troisième mois de sa naissance. « Depi tipti ena enn la matier ki sorti depi pla so de lipie. Souvent li pas kapav marse ek li bizin toultan met sosett », ajoute cette mère qui perçoit une aide de l’État pour son fils infirme.

Suzette Jean-Louis

Face à la précarité, Christabelle Malbrook fait de son mieux pour élever ses enfants. Il n’est pas question de baisser les bras parce que son plus grand souhait est de quitter son étroite maison bâtie sur un terrain de l’État. Cette condition de vie, dit-elle, est de plus en plus pénible, même si chaque adulte de cette famille nombreuse tente, chacun à leur façon, de sortir de cette impasse. D’ailleurs, tous ont hâte d’obtenir des logements sociaux à Pointe-aux-Sables. Toutefois, en attendant la fin des formalités, ils sont sur le qui-vive lorsqu’il pleut des cordes. Surtout quand des rivières d’eau boueuse se déversent dans leur maison.

Appel de solidarité
Face aux récentes accumulations d’eaux causées par les récentes intempéries, ces familles ont perdu la plupart de leurs effets personnels. Elles nécessitent en urgence des matelas, des vêtements pour adultes et surtout des denrées alimentaires.

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