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Réseaux sociaux : le défi de réguler sans censurer

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 16 June 2026 à 10:35
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au coeur
(De g. à dr.) Le ministre Avinash Ramtohul, l’expert Hissen Caramben et Prisheela Mottee, présidente de Raise Brave Girls, sur le plateau d’« Au Coeur de l’Info » hier.

Les réseaux sociaux ont révolutionné la manière de communiquer, de s’informer et de débattre. Mais derrière les opportunités qu’ils offrent se cachent aussi de nombreux dangers. 

Comment protéger les citoyens contre les abus en ligne tout en préservant la liberté d’expression ? Cette question était au cœur des débats dans l’émission « Au Cœur de l’Info », animée par Prem Sewpaul, hier. Le ministre des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation, le Dr Avinash Ramtohul, Prisheela Mottee, présidente de Raise Brave Girls Association, et Hissen Caramben, spécialiste en cybercriminalité, ont analysé les défis croissants liés aux réseaux sociaux.

D’emblée, le ministre a reconnu les nombreux avantages des plateformes numériques. « Les réseaux sociaux permettent aux gens de s’exprimer, de rester connectés et même d’avoir accès à certains services », a-t-il expliqué. Toutefois, il a également mis en garde contre les risques grandissants que représentent le cyberharcèlement, les arnaques en ligne, l’usurpation d’identité, les contenus préjudiciables ou encore la sextorsion.

Selon lui, le gouvernement souhaite ouvrir une vaste consultation avant toute nouvelle législation. 

« Nous voulons consulter les parties prenantes afin de trouver les meilleures solutions possibles », a-t-il affirmé. L’objectif est de protéger les utilisateurs sans porter atteinte aux libertés fondamentales garanties par la Constitution.

Le ministre a également attiré l’attention sur l’impact des algorithmes utilisés par les grandes plateformes numériques. Ces systèmes, conçus pour maximiser l’engagement des utilisateurs, peuvent parfois favoriser les contenus polarisants ou anxiogènes. « L’hygiène digitale est devenue un enjeu majeur », a-t-il déclaré.

Les tensions sociales

Prisheela Mottee a, pour sa part, insisté sur la responsabilité individuelle et collective. Elle a rappelé que la liberté d’expression ne signifie pas l’absence de limites. « On peut exprimer une opinion sans humilier ou détruire une autre personne. » Selon elle, les réseaux sociaux sont devenus des espaces où certaines personnes se sentent autorisées à tenir des propos qu’elles n’oseraient jamais exprimer dans la vie réelle.

La présidente de Raise Brave Girls Association a également mis en garde contre la diffusion de fausses informations, les discours haineux et les contenus susceptibles d’alimenter les tensions sociales. Elle a plaidé pour davantage d’éducation numérique, tant auprès des jeunes que des adultes.

De son côté, Hissen Caramben a tenu à démonter une idée largement répandue : celle de l’anonymat total sur Internet. « Il n’existe pratiquement pas d’anonymat absolu dans le monde numérique », a-t-il expliqué. Selon lui, les enquêtes permettent souvent de remonter jusqu’aux auteurs de contenus illégaux, même lorsque ceux-ci utilisent de faux profils ou certains outils de dissimulation.

Le spécialiste en cybercriminalité a également rappelé que plusieurs dispositions légales existent déjà à Maurice pour sanctionner les abus en ligne. Il a cité notamment les infractions liées au cyberharcèlement, à la sextorsion, à la diffusion non consentie d’images intimes ou encore à l’utilisation frauduleuse de faux profils. « Beaucoup de personnes ne réalisent pas les conséquences juridiques de leurs actes en ligne », a-t-il averti.

Le ministre a, par ailleurs, révélé une hausse préoccupante du nombre de signalements enregistrés par les autorités. Les cas rapportés sont passés de 2 299 à plus de 3 200, avec notamment plus d’un millier de cas de harcèlement en ligne recensés depuis le début de l’année.

Cette retranscription n’est qu’une partie de l’émission qui est d’une durée de deux heures. Elle est à voir sur les plateformes de Défi Media et la chaîne YouTube de Téléplus.

« Les parents doivent savoir ce que font leurs enfants en ligne »

Moment émouvant au cours de l’émission, le témoignage de Poonam Baotoo, mère d’une adolescente de 17 ans décédée l’an dernier après la diffusion de ses photos sur l’application Telegram, a rappelé les conséquences parfois dramatiques du cyberharcèlement et de l’exposition en ligne.

Avec beaucoup d’émotion, elle a raconté la détresse vécue par sa fille dans les semaines ayant précédé le drame. Pour elle, les parents doivent aujourd’hui s’intéresser davantage à l’univers numérique de leurs enfants et comprendre les plateformes qu’ils utilisent. « Les parents doivent prendre leurs responsabilités et savoir ce que font leurs enfants sur les réseaux sociaux. » Elle a également encouragé les familles à instaurer davantage de dialogue et de surveillance concernant l’utilisation des applications mobiles.

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