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Réseaux sociaux : des amendements plus sévères envisagés

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Le gouvernement compte revenir à la charge avec de nouvelles législations en vue de mieux réglementer les activités des internautes sur les réseaux sociaux.

L’Attorney General, Maneesh Gobin étudie déjà la question.
La pression populaire concernant les amendements apportés à l’ICT Act à travers la Judicial and Legal Provisions (No. 2) Act ne compte pas faire reculer le gouvernement d’un pouce. Bien au contraire, l’Attorney General, Maneesh Gobin, étudie la possibilité de revenir à la charge avec de nouveaux amendements.

Lundi, lors de l’inauguration du Village Hall de La Flora, l’Attorney General nous a fait part de ses préoccupations concernant « les discours haineux qui circulent sur les réseaux sociaux » et de son intention d’apporter d’autres modifications à l’ICT Act ou même présenter un autre texte de loi. « Je compte aussi soulever la question devant l’Union africaine », a-t-il aussi confié. Concernant les critiques entourant le texte de loi déjà voté, Maneesh Gobin a assuré que « le principe de mens rea demeure applicable ».

L’Attorney General a donné le ton, vendredi, lors de son intervention devant le Comité des droits de l’homme des Nations unies. Il avait insisté sur l’importance de mieux combattre l’anonymat en ligne. « L’usurpation, l’agression, la victimisation, l’intimidation et le terrorisme prennent avantage de cet anonymat », avait-il plaidé. Une déclaration qui est loin de rassurer les militants en faveur de la liberté d’expression. (Voir aussi la réaction du Premier ministre plus loin).

Le syndicaliste et observateur politique, Jack Bizlall avance que la démarche du gouvernement fait penser aux États répressifs, comme la Chine. « Il y a en ce moment une tendance à exercer un contrôle de la communication à travers Internet », observe-t-il. « Les États sont donc en train de réagir dans un sens ou d’un autre, soit pour conditionner les populations, soit pour empêcher la population de s’exprimer sur l’Internet », a-t-il ajouté. En somme, Jack Bizlall considère que le pouvoir est sous le contrôle de personnes qui ont peur. « Ils ont peur de leurs adversaires politiques ou tout simplement de voir un retour de la manivelle de ce qu’ils avaient commencé aux élections de 2014 », fait-il part.

Les intentions du gouvernement, démontrent, selon Faizal Jeerooburkhan de Think Mauritius, qu’on est en train d’utiliser la loi pour se protéger politiquement des citoyens. « Surtout de ceux qui ont une opinion contraire à eux ». Il dit trouver « étonnant » que le gouvernement ait recours à de tels moyens alors qu’ils ont eux- mêmes, dans le passé, surfé sur la vague des médias sociaux. « Et c’est grâce à ce facteur qu’ils ont remporté les élections », fait-il ressortir.

Faizal Jeerooburkhan soutient que le gouvernement a tort d’avoir recours à de telles pratiques. « Ils ne réalisent pas que de telles démarches peuvent jouer contre eux dans l’opinion publique. Les Mauriciens sont avertis. Une bonne partie de la population, surtout au niveau des jeunes, va rejeter cette attitude aux prochaines élections », avance-t-il.