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RES : des étrangers héritent de villas en piteux état

Board of Investment Le Board of Investment est au courant de ce litige.

Des millions payés pour des villas qui menacent de tomber en ruine et toujours pas prêtes après plus d’un an.

C’est la situation dans laquelle se retrouvent plusieurs ressortissants français qui devraient réclamer des dommages au promoteur, Résidence de Martello Ltd.

Ils croyaient s’acheter un coin de paradis mais se retrouvent au milieu d’un bourbier. C’est la triste réalité que vivent plusieurs ressortissants étrangers, surtout des Français, qui ont investi dans des Real Estate Schemes (RES). Le promoteur, Résidence de Martello Ltd, de l’homme d’affaires Patrick Soobhany, est ciblé par plusieurs clients. Les travaux dans les projets Black Roc Villas et Les Terraces de Martello à Rivière Noire sont de « piètre qualité » et accusent plus d’un an de retard, dans certains cas. Le litige se dirige vers une résolution en Cour.

« Le problème, ce n’est pas le prix, ce sont les engagements qui ne sont pas respectés », explique, sous le couvert de l’anonymat, un des trois propriétaires de Black Roc Villas qui intentent une action contre Résidence de Martello Ltd. D’abord, la livraison initialement prévue en novembre 2015 a été reportée et ce ressortissant français à la retraite n’est toujours pas en possession de son bien.

Des problèmes qui ont poussé ce propriétaire à commanditer deux rapports indépendants qui font un constat accablant de la situation. D’abord, celui de Urban Architects daté du 7 novembre 2016. « Solar water heater and tank temporary placed on wall blocks. There is a high risk that this equipment gets blown away by strong winds », peut-on lire dès les premières lignes. Parmi les nombreux autres problèmes identifiés, celui de la toiture qui favorise la stagnation d’eau.

Le deuxième rapport est de Subraconsult : « Concrete window cill have cracked at various places » peut-on lire, ou encore « aluminium window frames are not air tight ».

Pire, les installations électriques représentent un danger : « Untidy finish to light points may result in safety hazard [...]. » C’est sans compter la certitude que le mur d’enceinte « will fail » car des débris ont été amassés de l’autre côté sans que le mur ne soit renforcé.

Malgré ces défauts, le quantity surveyor (QS) avait certifié, le 21 août 2015, que les travaux avaient été complétés. Sauf qu’une fois arrivés à Maurice, les clients constatent que les travaux sont loin d’être complétés, l’eau courante, l’électricité et l’évacuation d’eaux usées étant indisponibles ou inexistante. Le QS décide alors d’annuler son certificat. Au 20 avril 2016, le rapport de Subraconsult estime que les travaux ne sont terminés qu’à 87%.

Nutanesh Ramasawmy, l’avoué retenu par les clients de Black Roc Villas et Les Terraces de Martello pour les représenter, explique où en sont les choses. « Les clients de Martello comtemplent la possibilité d’intenter des actions en Cour suprême pour plusieurs millions, déclare-t-il au Défi Plus, il y a déjà eu une injonction pour empêcher le promoteur de vendre deux des propriétés qui sont à leur nom. » Ces deux villas serviront de garantie pour les dommages réclamés.

Un responsable de Résidence de Martello Ltd a commenté la situation sous le couvert de l’anonymat. « Nous n’avons rien à nous reprocher, explique-t-il, les retards sont couverts à cause des intempéries et changements de contracteurs.  Nous sommes en train de compléter les travaux, les ouvriers sont sur les chantiers. » Quant aux changements apportés aux plans initiaux, le promoteur assure qu’ils sont contractuels.

Interrogé sur ce litige, Ken Poonoosamy, directeur du Board of Investment (BOI), confirme être au courant de l’affaire, même si son champ d’action est limité. « Nous n’apprécions pas que notre image soit ainsi ternie et nous nous montrons sévères envers les promoteurs, déclare-t-il, mais notre marge de manœuvre se limite au code civil. »

Depuis que les RES et Integrated Resort Schemes ont été remplacés par le Property Development Scheme, le directeur du BOI rappelle que plusieurs assurances ont été rajoutées aux conditions pour éviter de tels problèmes, comme la garantie décennale, entre autres.

 

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