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Rentrée parlementaire : l’opposition face aux enjeux

Les choses sérieuses reprennent ce mardi 26 mars.

Malgré la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo, rien ne change pour cette rentrée parlementaire prévue le mardi 26 mars 2019. Les différents partis politiques ont déjà identifié leur stratégie pour cette dernière année parlementaire avant les élections générales. L’objectif no 1 de l’opposition est de mettre le gouvernement dos au mur, tandis que pour la majorité, il sera question de défendre son bilan.

Les membres de l’opposition affûtent leurs armes pour cette dernière année. Le plus ancien député dans l’hémicycle, Rajesh Bhagwan, connaît les enjeux pour un parti politique pendant cette période précédant des élections générales. Selon le député du MMM, il est clair que le gouvernement actuel vit les derniers mois de son mandat dans la « honte ». « Titanic pe koule, ils ont la majorité au Parlement, mais sont en minorité sur le terrain », dit-il. Il affirme que le MMM fera tout pour « dénoncer la perte de valeurs de nos institutions » et parle des scandales qui ont secoué le gouvernement. La fourniture en eau potable et les projets infrastructurels, qualifiés de « flop » ont aussi été évoqués par le député. « La fin approche comme un TGV, les membres du gouvernement doivent être moins arrogants », lance Rajesh Bhagwan qui espère maintenant que « le Premier ministre donnera des réponses transparentes » et que « la Speaker Maya Hanoomanjee jouera son rôle en toute indépendance ». Toutefois, une chose est sûre pour Rajesh Bhagwan : le MMM fera tout pour mettre le gouvernement dos au mur. « Motions, ajournements et questions parlementaires », ils n’auront pas de répit, avance Rajesh Bhagwan.

Xavier-Luc Duval, leader de l’opposition, prépare déjà une série de PNQ afin de « continuer le travail, jusqu'à la dernière minute. Le PMSD continuera à interpeller le gouvernement sur les sujets du jour ». Le leader de l’opposition soutient qu’il va assurer au maximum son rôle de chien de garde afin de prévenir que le gouvernement fasse « n’importe quoi » en cette fin de mandat. « Nous serons au four et au moulin et resterons agressifs dans l’intérêt de la population », explique Xavier-Luc Duval. Cependant, le leader du PMSD est conscient que les intérêts politiques pour certaines formations primeront. Les jeux d’alliance et de séduction seront bel et bien présents. Toutefois, Xavier-Luc Duval précise que son parti et lui vont faire leur travail sans faveurs ni frayeur, « nous serons insensibles à ces jeux d’alliance ».

Motion de blâme

Shakeel Mohamed, du Parti travailliste, ne compte pas lâcher prise. Sa motion pour que les recommandations de l’Electoral Supervisory Commission soit rendue publique a été refusée. Il pense considérer sérieusement à présenter une motion de blâme contre le gouvernement dès les premières séances.

Shakeel Mohamed soutient qu’il a discuté avec Xavier-Luc Duval pour que ce dernier utilise sa prérogative de leader de l’opposition pour présenter cette motion. Il dit qu’il compte discuter de cette option avec les autres membres de l’opposition en début de la semaine prochaine. Il souhaite ainsi « l’unité de l’opposition » sur cette démarche, au cas contraire « nous allons présenter cette motion seuls ».

En ce qu’il s’agit de l’atmosphère électoraliste qui régnera au sein de l’hémicycle, il affirme que le Parti travailliste ne sera pas une « opposition loyale ».

Au sein de la majorité, on se dit serein de cette rentrée parlementaire, le gouvernement est fort du succès sur le dossier Chagos et Pravind Jugnauth, Premier ministre, est lui bien plus fort avec sa victoire devant le Judicial Committee du Privy Council, affirment les élus de la majorité.

Le Chief Whip Bobby Hureeram dit que le GM a un bilan fort et qu'il « restera concentré sur le travail à faire au Parlement et pour le progrès du pays ». L’objectif, selon lui, est de préparer la jeunesse mauricienne à faire face au monde du travail. 

Bobby Hureeram espère que les débats soient « civilisés, que les élus ne font pas de la démagogie, Nous sommes adversaires pas ennemis » et que l’opposition parlementaire jouera le jeu. « Il ne faut pas nous laisser gagner par l’envie de faire du cinéma et assurer que notre bilan soit vu par le peuple sans ambigüité ».

Une chose est cependant sûre : cette dernière année parlementaire sera sous le signe d’une campagne électorale. L’opposition pourra t-il faire chavirer le gouvernement qui surfe sur une vague de ‘feel good factor’, malgré le départ de Vishnu Lutchmeenaraidoo, qualifié de ‘non-event’ par la majorité ? Les premières séances parlementaires devront livrer une indication.