Publicité

Renouvellement de la flotte - CNT : le grand nettoyage des dépôts avant l’arrivée des nouveaux bus

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 9 July 2026 à 14:09
Image
La CNT a réceptionné 100 autobus électrique de l’Inde et  5 de la Chine.
La CNT a réceptionné 100 autobus électrique de l’Inde et 5 de la Chine.

Le gouvernement ramènera progressivement de 21 à 16 ans l’âge limite d’exploitation des autobus, selon le dernier exercice budgétaire. La CNT, qui y est également soumise, a par ailleurs réceptionné 105 autobus électriques en provenance de l’Inde et de la Chine.

La Corporation nationale de transport (CNT) a réceptionné ces derniers mois 100 autobus électriques en provenance de l’Inde et cinq autres de Chine, dans le cadre du renouvellement de sa flotte. En parallèle, la corporation doit progressivement retirer de la circulation les véhicules ayant atteint leur âge limite d’exploitation, fixé actuellement à 21 ans. 

Selon les annonces faites lors du dernier exercice budgétaire, cette limite sera progressivement ramenée à 16 ans au cours des cinq prochaines années. L’objectif est de rajeunir la flotte, renforcer la sécurité des passagers et améliorer la qualité du service. La plupart des compagnies d’autobus sollicitées n’ont cependant pas attendu cette mesure pour optimiser leur flotte, grâce à une politique de renouvellement déjà établie, contrairement à la CNT, qui fait face à d’autres contraintes.

Vashish Ramrecha, Chief Engineer à la CNT, tient à rassurer : les véhicules retirés de la circulation ne finissent pas dans la nature, mais sont revendus à des entreprises spécialisées dans la récupération de métaux en vue de leur recyclage. Il explique qu’il existe toute une procédure pour la vente des autobus de la corporation. Lorsque les véhicules atteignent l’âge de 21 ans, un Board of Survey est constitué et une inspection des autobus concernés est effectuée. Un rapport est ensuite soumis afin de déterminer quels véhicules ont atteint leur limite d’âge d’exploitation et ne pourront, de ce fait, obtenir leur certificat de fitness. 

À l’issue de cet exercice, un appel public à manifestation d’intérêt (« expression of interest ») est lancé pour informer qu’un certain nombre de véhicules vont être retirés de la circulation (« scrap buses »). Les personnes intéressées sont invitées à constater l’état général des autobus. Selon le Chief Engineer, cet exercice attire particulièrement les entreprises spécialisées dans la récupération de métaux. Chacune soumet son offre et celle qui propose le montant le plus élevé obtient le droit d’acquérir les véhicules concernés. La vente des vieux autobus rapporte à la CNT entre Rs 2,5 millions et Rs 3 millions, selon le nombre de véhicules concernés et les prix proposés.

Par ailleurs, 33 anciens véhicules ont été enlevés de la circulation en 2025, et plusieurs autres devraient l’être d’ici la fin de cette année. Les autobus de plus de 21 ans, ou qui atteindront bientôt cet âge, se trouvent actuellement immobilisés dans les dépôts de la CNT. Les véhicules qui disposent encore de leur certificat de fitness ne sont plus affectés aux longs trajets ni utilisés régulièrement ; ils servent essentiellement de véhicules de dépannage, souligne-t-il. 

Sur les 100 autobus électriques reçus de l’Inde, 97 ont été mis en service. Avec l’arrivée des nouveaux autobus et la présence des anciens véhicules encore sur place, la CNT fait face à un manque d’espace dans ses dépôts à travers l’île. C’est précisément pour libérer de la place que la corporation procède régulièrement à la vente des autobus retirés de la circulation. « Cela prend du temps d’enclencher les procédures de vente des vieux autobus. C’est la raison pour laquelle l’exercice est effectué une fois par an, lorsqu’un nombre suffisant de véhicules est atteint », explique Vashish Ramrecha.

La CNT procède également à la récupération de certaines pièces encore utilisables sur les véhicules, qui sont ensuite réutilisées lors de réparations sur d’autres autobus, notamment ceux dont le modèle n’est plus produit. Ainsi, au lieu d’acheter des pièces de rechange, la corporation utilise celles récupérées sur d’autres véhicules pour les dépannages. « Avant la vente des vieux bus, nous retirons toutes les pièces encore utilisables avant de les céder ‘as is’ », souligne le Chief Engineer. Il affirme également qu’au moment de la vente, aucun autobus ne reste dans les dépôts, tous trouvant preneur.

Parmi les pièces retirées avant la vente des véhicules comme « scrap buses » figurent les batteries ainsi que les pièces en aluminium et en métal, pour lesquelles d’autres appels d’offres sont organisés. Selon Vashish Ramrecha, 73 tonnes de métaux ont été vendues lors du dernier exercice, au prix de Rs 11 000 à Rs 12 000 la tonne. Concernant les batteries usagées, vendues entre Rs 1 500 et Rs 1 600 l’unité, la corporation en a écoulé 350 cette année, à la suite d’un exercice de manifestation d’intérêt.

L’âge moyen des autobus de la CNT est désormais de 10 à 11 ans. La corporation déploie une flotte de 370 à 400 autobus par jour.

Image
Evolution de la flotte et cycle de vie

Chez les compagnies privées, un autre rythme de renouvellement

Image
Six des autobus de RHT Bus Services sont entièrement électriques.

Certaines compagnies préfèrent revendre leurs vieux autobus avant leur seizième année, afin de les écouler plus facilement et d’en tirer le meilleur prix après plusieurs années d’utilisation intensive. À la Mauritian Bus Transport Ltd (MBT), l’âge de revente des autobus dépend de divers critères, le plus important étant que la vente intervienne avant 16 ans, afin que l’acquéreur puisse encore utiliser le véhicule pendant quelques années, par exemple pour le transport des employés d’usine. Selon une source, la compagnie a récemment fait l’acquisition de neuf autobus et compte actuellement une flotte de 35 véhicules.

Du côté de l’United Bus Service (UBS), une source affirme que les véhicules sont vendus avant la limite d’âge d’exploitation. Selon notre interlocuteur, certains acquéreurs les achètent principalement comme ferraille (« scrap »). Pour lui, les véhicules retirés de la circulation après plusieurs années d’usage intensif ne sont généralement plus en assez bon état pour continuer à être exploités. Comme à la CNT, l’UBS retire un maximum de pièces encore utilisables avant de revendre les véhicules.

Notre source indique également que la compagnie tente de maintenir une flotte de 290 à 300 véhicules en service : à chaque renouvellement, un autobus acheté remplace un autobus retiré du service, ce dernier étant le plus ancien. Au cours des deux dernières années, 26 nouveaux autobus ont été acquis par la compagnie, qui envisage l’achat de 12 autobus supplémentaires d’ici au 30 juin 2027. L’âge moyen des autobus de l’UBS est d’environ 12 ans. Notre source affirme que la compagnie fait les efforts nécessaires pour acheter de nouveaux autobus, mais que cela dépend aussi de la politique du gouvernement et des facilités accordées aux compagnies de transport en commun.

Pour la Triolet Bus Service (TBS), le renouvellement de la flotte s’effectue entre la huitième et la dixième année de mise en service des véhicules, explique le Managing Director de la compagnie, Viraj Nundlall. La compagnie compte des clients qui font l’acquisition de ses autobus d’occasion pour les utiliser comme « contract buses » ou « private buses ». Dans certains cas, ces véhicules peuvent intégrer la flotte de particuliers, l’âge limite d’exploitation étant de 21 ans.

« Notre politique, c’est de moderniser notre flotte d’autobus régulièrement. Nous ne gardons pas de vieux autobus dans notre flotte ou au garage », affirme Viraj Nundlall. Il précise également que la compagnie ne revend pas ses vieux autobus en pièces détachées. La TBS dispose d’une flotte de 200 autobus, dont l’âge moyen est de cinq ans. Un programme de remplacement des autobus est mis en place chaque année, souligne-t-il. Depuis 2024, 80 nouveaux autobus ont été mis en service.

RHT mise sur le renouvellement progressif et le recyclage de sa flotte

Image
RHT Bus Services affiche aujourd’hui un âge moyen de flotte de 11,75 ans.
RHT Bus Services affiche aujourd’hui un âge moyen de flotte de 11,75 ans.

Avec une flotte de 71 autobus, dont six entièrement électriques, et deux autres attendus pour fin juillet, RHT Bus Services poursuit le renouvellement progressif de ses véhicules tout en misant sur la récupération et le recyclage des autobus arrivés en fin de vie. L’entreprise affiche aujourd’hui un âge moyen de flotte de 11,75 ans, résultat d’un programme d’investissement engagé au cours des cinq dernières années pour améliorer la fiabilité des véhicules, le confort des passagers et leurs performances environnementales.

Le retrait d’un autobus de la circulation ne dépend pas uniquement de son âge. Selon Mehdi Bundhun, Communication Executive de RHT Holding Ltd, plusieurs critères techniques sont pris en compte, notamment le kilométrage, l’usure des principaux composants, le coût des réparations par rapport à la valeur résiduelle du véhicule, la disponibilité des pièces de rechange, la fiabilité opérationnelle ainsi que le respect des normes de sécurité. Chaque décision est précédée d’une évaluation menée par les équipes de maintenance.

Avant qu’un autobus ne soit définitivement cédé, la compagnie récupère les pièces encore en bon état lorsqu’elles peuvent être réutilisées sur d’autres véhicules du même modèle. Cette pratique permet de prolonger la durée de vie de certains autobus tout en limitant les coûts d’entretien, précise-t-il. Les véhicules retirés du service sont ensuite entreposés dans des installations sécurisées en attendant leur vente. Selon leur état, ils sont cédés par appel d’offres ou selon les procédures internes de la compagnie.

RHT affirme également appliquer un protocole strict pour limiter les risques environnementaux. Avant toute cession ou tout démantèlement, les huiles usagées, les liquides de frein, les batteries et les autres composants potentiellement polluants sont retirés. Les huiles sont revendues à des entreprises spécialisées dans le recyclage, tandis que les batteries et les métaux recyclables, notamment l’aluminium, sont confiés à des opérateurs agréés.

À ce stade, les autobus réformés ne connaissent pas de seconde vie sous forme de projets communautaires ou artistiques, ni d’exportation vers d’autres pays. La compagnie se dit toutefois ouverte à de telles initiatives si elles s’avèrent techniquement, économiquement et réglementairement réalisables. Si la vente des anciens véhicules génère des recettes, celles-ci ne représentent qu’une contribution limitée au renouvellement de la flotte. L’acquisition de nouveaux autobus demeure principalement financée par les investissements de la compagnie et les mécanismes de financement mis en place à cet effet.

Quelle est votre réaction ?
0
Publicité
Translate to creole
Désactivé
À LA UNE