Remaniement :vers une refonte des ministères et du statut de Junior Minister
Par
Fernando Thomas
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Fernando Thomas
Le Premier ministre s’apprêterait à reconfigurer son équipe pour redynamiser l’action gouvernementale. Ce remaniement majeur pourrait entraîner une redistribution des portefeuilles clés et une refonte de l’encadrement administratif.
Les contours d’un remaniement ministériel se dessineraient au sein de l’exécutif, sur fond de réajustements politiques et de discussions avancées autour de la structure même du gouvernement. Selon des recoupements d’informations, le Premier ministre s’apprêterait à engager une reconfiguration significative de son équipe, dans un exercice mêlant arbitrages politiques, équilibres régionaux et redistribution des portefeuilles.
Parmi les changements envisagés, le député de la circonscription nº19 (Stanley/Rose-Hill), Sydney Pierre, serait pressenti pour prendre la tête du ministère de la Sécurité sociale. Il pourrait être accompagné de la députée du nº4 (Port-Louis Nord/Montagne-Longue), Anabelle Savabaddy, appelée à occuper un poste de Junior Minister au sein du même ministère.
D’autres mouvements circulent avec insistance dans les milieux politiques. Le ministre actuel de la Sécurité sociale, Ashok Subron, pourrait être redéployé au ministère du Travail, où il travaillerait aux côtés de Kugan Parapen, également évoqué comme Junior Minister.
Le portefeuille des Finances fait, lui aussi, l’objet de discussions avancées : Ritesh Ramful est cité pour en prendre la responsabilité, tandis que Daneshwar Damry pourrait être repositionné à l’Agro-industrie. Dans cette configuration, Arvin Boolell ferait son retour aux Affaires étrangères, un portefeuille qu’il a déjà occupé par le passé.
Aux Collectivités locales, le député Ehsan Juman (circonscription nº3, Port-Louis Est/Port-Louis Maritime) est également évoqué pour une entrée au gouvernement. En revanche, aucune nomination de Junior Minister ne serait prévue au ministère de l’Environnement, selon les informations recueillies.
Au-delà des nominations, c’est l’architecture même de l’encadrement gouvernemental qui serait en discussion. Le gouvernement envisagerait de revoir en profondeur le système des Junior Ministers, jugé insuffisamment efficace dans le suivi des projets de développement. Selon une source proche du dossier, plusieurs chantiers en cours souffriraient d’un manque de coordination et de suivi opérationnel. « À l’époque des Parliamentary Private Secretaries (PPS), le suivi sur le terrain était plus direct et régulier. Aujourd’hui, les Junior Ministers participent aux réunions, mais l’exécution et le suivi concret s’en ressentent », explique cette source.
Une réflexion serait ainsi engagée sur une possible suppression pure et simple de cette fonction, ou sur son remplacement par un système plus proche de celui des PPS. Les deux dispositifs étant aujourd’hui alignés en termes de rémunération et d’avantages, la différence serait essentiellement fonc-tionnelle. Dans les cercles gouvernementaux, l’idée d’un retour partiel aux PPS revient avec insistance, dans une logique de renforcement du suivi des politiques publiques et d’amélioration de la coordination administrative.
Selon plusieurs sources concordantes, une autre option est également à l’étude : la mise en place d’un système hybride combinant Junior Ministers et PPS. Dans ce scénario, certains titulaires conserveraient leur statut actuel, tandis que d’autres seraient reclassés en PPS. D’autres encore pourraient être simplement retirés de toute fonction exécutive. Ce modèle, s’il était retenu, s’accompagnerait d’une limitation stricte du nombre total de postes concernés, qui ne devrait pas dépasser une dizaine au sein de l’ensemble du gouvernement.
Une chose apparaît toutefois certaine à ce stade : au-delà des noms et des portefeuilles, c’est bien une redéfinition de l’architecture gouvernementale qui est désormais sur la table de l’exécutif.