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Règlement de comptes sanglant à Petit-Raffray : arrêtés, les suspects disent avoir répondu à la provocation

Vinay Jugroop Vinay Jugroop a été victime d’une agression sauvage.

Vinay Jugroop, 37 ans, est admis depuis dimanche à l’unité des soins intensifs de l’hôpital du Nord. Cet habitant d’EDC Petit-Raffray, Goodlands, s’est retrouvé au cœur d’une terrible agression. Il s’est fait tabasser à coups de rondin et de couteau par Kunal Foolchand, 30 ans, et Yudish Foolchand, 23 ans. Lundi, oncle et neveu ont été arrêtés. Ils sont passés aux aveux.

«Zot inn vini pou touye mem ! » dit Ouma Devi Jugroop, 57 ans, la mère de Vinay. Depuis dimanche, elle vit dans l’angoisse. Dimanche, elle était sortie avec ses enfants pour se rendre à la mer, quand l’agression a eu lieu. « Si mo ti la pa ti pou ariv sa ! » ajoute-t-elle en larmes.

Vinay Jugroop était seul à la maison. Une dispute a éclaté vers 11 heures entre ses deux voisins et lui. Un habitant de la localité, témoin de la scène, explique que plus tôt, Yudish Foolchand et l’un de ses frères avaient agressé leur père. Mais ce n’était que le début d’une vague de violence dans la localité. « Kan zot inn fini avoy zot papa lopital, zot inn vinn ek Vinay. Monn trouve Yudish ti ena enn gro rondin dan so lame. Li pann donne letan. Linn tape », relate ce proche de la famille.

Sauvé par un voisin

Kunal et Yudish Foolchand se sont ensuite jetés sur leur victime. « Il se sont acharnés sur Vinay. Une fois au sol, ils ont continué à le rouer de coups. L’un tenait un couteau et a grièvement blessé Vinay à la tête », ajoute-t-il. Ne pouvant supporter plus longtemps cette scène, « monn vinn defann », dit-il. Cet habitant de la localité a également essuyé des coups, mais il est parvenu à mettre en fuite les agresseurs de Vinay.

La police de Goodlands s’est une nouvelle fois rendue sur place. La victime gisait dans une mare de sang. Elle a été transportée à l’hôpital SSRN de Pamplemousses. Après une délicate intervention, Vinay a été admis à l’unité des soins intensifs. Il est placé sous respiration artificielle. Son état est jugé préoccupant.

La police régulière et les limiers de la CID ont monté une opération lundi matin. Ils ont procédé à l’arrestation des deux agresseurs présumés. Lors de leur interrogatoire, les suspects ont reconnu les faits. Ils ont expliqué que dimanche, la victime serait venue les voir. « Nou ti pe manze, li dir nou sorti deor. Li ti ena enn gro dibwa ek li. Li pe provok nou », ont-ils expliqué aux policiers. La situation a dégénéré. « Li pe koumans batter, nou finn pren dibwa la ek li», ont-ils reconnu. Toutefois, ils nient avoir utilisé un couteau lors de cette agression. Ils ont comparu devant la cour de Pamplemousses dans l’après-midi. La police a objecté à leur remise en liberté conditionnelle.

Querelles récurrentes

Pour les proches de la victime, ce n’est pas la première fois que ces voisins s’affrontent. « Il y a deux mois, Vinay a eu une prise de bec avec un autre frère. Ce dernier avait pénétré dans la cour torse nu et Vinay lui avait reproché son comportement. Ils se sont battus. L’affaire avait été close après que ce dernier est venu présenter des excuses. Nous ne nous attendions pas à ce qu’il soit agressé de la sorte », explique un cousin de la victime.  « On nous a dit qu’il a très peu de chance de s’en sortir», se désole son frère Kiran.