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Règlement de comptes mortel à Bambous : Pierre Manoovaloo poignardé, son ami aux soins intensifs

  • Le suspect Nicolas Marday évoque la légitime défense
  • Trois proches de la victime appréhendés
La sœur de la victime réclame justice.
La sœur de la victime réclame justice.

Agression mortelle à  la rue Bamboola II, au complexe NHDC de Bambous, dans la nuit de vendredi à samedi. Pierre Nicholas Manoovaloo, âgé de 39 ans, a été poignardé lors d’une bagarre avec deux individus. Sandy Djameel Mooken, 23 ans, qui était en sa compagnie, a aussi été agressé. Son état est jugé sérieux.

Nicolas Marday, celui avec qui les deux hommes se seraient embrouillés, a également été retrouvé en sang sur l’asphalte. On ignore encore le motif exact derrière cette agression. Toutefois, les enquêteurs de la Criminal Investigation Division (CID) de Bambous pensent qu’il s’agit d’un règlement de comptes ayant pour toile de fond une affaire de drogue.

Peu après minuit, la police de Bambous a reçu un appel concernant une agression sanglante à la rue Bamboola II. Quand les policiers sont arrivés, des éléments de l’Emergency and Response Service et une ambulance étaient déjà sur place. Pierre Nicholas Manoovaloo gisait inconscient dans une mare de sang. Le médecin urgentiste a confirmé son décès. Djameel Sandy Mooken avait, lui, déjà été conduit à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo. Nicolas Marday était étendu sur l’asphalte.

Pierre Nicholas Manoovaloo s’est vidé de son sang.
Pierre Nicholas Manoovaloo s’est vidé de son sang.

Le remue-ménage causé par l’incident a ameuté les habitants de la localité. Les policiers ont alors délimité un périmètre de sécurité. Ils ont retrouvé un couteau dans la main d’un des blessés. Trois autres armes tranchantes ont été récupérées.

À St-Martin, Mont-Roches, la famille du défunt est sous le choc. Sa sœur Elisabeth ne cache pas sa peine. Issu d’une fratrie de six enfants, Pierre Nicholas Manoovaloo est décrit comme une personne qui était toujours prête à aider son prochain. Cela faisait environ une semaine qu’il hébergeait Djameel Sandy Mooken, 23 ans, domicilié à Beau-Bassin. « Nous ne connaissions pas ce jeune homme. Du jour au lendemain, mon frère l’a ramené chez lui », explique Elisabeth.

Vendredi, les deux amis sont sortis. « Il ne nous a pas dit où il se rendait », soulignent les proches de Pierre Nicholas Manoovaloo.

« C’est vers une heure samedi que nous avons appris que mon frère avait été blessé. On nous a d’abord dit qu’il avait été victime d’un accident. Puis, nous avons su qu’il avait été tué », relate la sœur de Pierre Nicholas Manoovaloo.

Des cousins et amis de ce dernier se sont rendus sur la scène du crime. Entre-temps, le corps de Pierre Nicholas Manoovaloo avait déjà été transporté à la morgue de l’hôpital Victoria, à Candos. Quant à Djameel Sandy Mooken, grièvement blessé, il s’est retrouvé aux soins intensifs à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo et Nicolas Marday a été admis en salle à l’hôpital de Candos. Ils sont sous surveillance policière.

Le père de Djameel Mooken : « So leta kritik »

L’état de santé de Djameel Mooken est jugé sérieux. Samedi, il a subi une intervention chirurgicale délicate. Selon son père, cette agression est un règlement de comptes. « Mo garson ena enn kontra lor so latet. Linn gagn kout kouto, kout pik demon dan so lavenn... Linn perdi boukou disan. So leta kritik. Linn fer loperasion. La, bizin atann 48 hr pou kone si li pou korek », lâche ce dernier.

Des résidents interrogés

Samedi, les limiers ont questionné des résidents du complexe NHDC de Bambous. Très peu d’informations ont filtré sur les circonstances de cette agression mortelle. Une équipe de la CID de Bambous s’est rendue à l’hôpital de Candos. Interrogé, le suspect Nicolas Marday a soutenu avoir agi en légitime défense. « Ti ena kouto ar zot. Monn defann mwa », devait-il indiquer. Toutefois, les enquêteurs attendent qu’il se remette pour revenir en détails sur les événements de vendredi soir.

Les policiers ont visionné les images d’un enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance. Un quatrième homme a été repéré. Ce dernier, qui est suspecté d’être impliqué dans cette bagarre sanglante, est recherché.

L’autopsie, pratiquée samedi matin par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du service médico-légal de la police, a attribué la mort de Pierre Nicholas Manoovaloo à une exsanguination. Il a reçu trois coups de couteau à la jambe, dont un lui a sectionné une artère. Il s’est vidé de son sang.

La victime laisse derrière lui un fils de 10 ans. « Nous voulons que justice soit faite. Mon frère était une personne serviable. C’est en aidant son ami qu’il a trouvé une mort atroce », dit sa sœur. Rosemay, 63 ans, la mère de Pierre Nicholas Manoovaloo est inconsolable. Les funérailles de ce dernier sont prévues ce dimanche matin.

Trois proches de la victime arrêtés pour entrave à la justice

Kersley David Manoovaloo, 22 ans, Pravisen Savrimootoo, 34 ans, et Ishwaren Rengah Allagain, 24 ans, des cousins et proches de Pierre Nicholas Manoovaloo, se retrouvent derrière les barreaux. Vendredi soir, ils se sont rendus sur le lieu de l’agression et ont franchi la zone de la scène de crime délimitée par la police. Les policiers les ont surpris tentant de dissimuler des pièces à conviction, dont un canif et d’autres objets. Ils ont été conduits au poste de police. Ce dimanche, les trois hommes doivent comparaître devant la Bail and Remand Court pour entrave à la justice. Ils ont expliqué avoir récupéré des objets appartenant à la victime, car ils ne voulaient pas qu’ils finissent entre de mauvaises mains.

 

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