Actualités

Réforme électorale : une majorité des trois quarts pas acquise pour adopter la loi

Réforme électorale

Le mois de novembre a été fixé par le Bureau du Premier ministre pour introduire le texte de loi sur la réforme électorale et le Financing of Political Parties Bill. Pour que cette réforme puisse être adoptée, la Constitution exige une majorité des trois quarts. Chose qui est loin d’être acquise pour le gouvernement.
Le gouvernement de l’Alliance Lepep compte actuellement 45 députés. Pour que le texte puisse être adopté par l’Assemblée nationale, il lui faut recueillir 52 voix. Les propos de Paul Bérenger, tenus lors de sa conférence de presse de samedi dernier, ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd.

Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) avait déclaré que, même si son parti n’est pas entièrement satisfait de la réforme proposée, « le MMM votera, under protest, en faveur du texte de loi ». Avec le soutien mauve, qui compte six députés, le gouvernement réunit donc 51 voix. À condition toutefois que Paul Bérenger maintienne sa position une fois tous les détails du texte publiés. Il nous revient cependant qu’au sein du MMM, ce n’est pas l’unanimité. Au moins un député estime que laisser aux leaders politiques la liberté de choisir les politiciens pour devenir députés en remplacement du Best Loser System est très loin d’être la solution idéale.

La question a été abordée lundi lors du bureau politique du MMM. Il ressort que le parti préfère attendre le texte de loi avant d’adopter une position finale. Cependant, même avec un soutien total des mauves, il manque une voix pour faire passer le texte. Danielle Selvon, nouvelle élue indépendante depuis la semaine dernière après sa démission du MMM, apportera-t-elle cette voix ? Cette dernière se montre en tout cas plutôt élogieuse envers le MSM depuis plusieurs jours. À l’Hôtel du gouvernement, on compte aussi sur les individualités au sein du PTr et du PMSD. « Nous savons que plusieurs élus sont fondamentalement en faveur de la réforme », confie une source bien placée au Bâtiment du Trésor.

Puis, si une majorité des trois quarts ne peut être atteinte, ce ne sera pas la fin du monde pour le gouvernement. « Ce qui importe, c’est la volonté du gouvernement de présenter une réforme électorale. Nous l’avions promis durant la campagne électorale et nous ferons comme promis. Que ceux qui ne votent pas en faveur prennent leur responsabilité devant l’Histoire », ajoute notre interlocuteur.

Et de préciser que, contrairement à l’épisode des « koz koze entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger en 2014 », « cette réforme est le vœu du gouvernement et pas un outil politique pour conclure une alliance ».