Mise à jour: 21 janvier 2026 à 14:00

Réforme électorale : le Mauritius Labour Congress plaide pour des changements radicaux

Par Alwin Sungeelee
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Reforme electorale. Caption: Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress

Le Mauritius Labour Congress (MLC) est la première organisation syndicale à avoir soumis des propositions au « special desk » au Prime Minister’s Office. Le MLC affirme que la réforme électorale soulève une question cruciale : à qui profite-t-elle réellement ? Alors que des problématiques comme la hausse du coût de la vie, la migration des jeunes talents, l’explosion des problèmes de drogue, ainsi qu’une dégradation continue du climat social et économique préoccupent chaque Mauricien, le syndicat estime que le moment n’est pas venu de se concentrer sur un projet qui pourrait avant tout servir les intérêts des partis politiques. La réforme doit, selon le MLC, avant tout viser à répondre aux attentes des citoyens et non aux ambitions politiques.

Parmi les propositions avancées par le MLC figurent des ajustements fondamentaux visant à améliorer l’équité électorale. D’abord, il recommande que les circonscriptions électorales aient une taille comparable en termes de population. Ce principe de « proportionnalité » permettrait de mieux refléter la réalité démographique du pays et de garantir que chaque électeur ait un poids égal.

Le MLC propose également que chaque circonscription soit représentée par deux députés élus, afin d’assurer une meilleure représentation des différents courants d’opinion et d’éviter la concentration du pouvoir au sein de quelques mains. En parallèle, le Best Loser devrait être progressivement remplacé par une méthode plus transparente. Il préconise la nomination de 10 candidats supplémentaires, choisis parmi ceux ayant obtenu les meilleurs scores au niveau national.

Le MLC va encore plus loin en suggérant plusieurs réformes institutionnelles destinées à limiter les abus et à renforcer la transparence au sein des institutions. Par exemple, l’Attorney General devrait être un membre élu de l’Assemblée nationale, et non désigné par le gouvernement, pour garantir son indépendance et éviter tout conflit d’intérêts. De même, le poste de Premier ministre et celui des ministres devraient être limités à deux mandats consécutifs pour éviter la consolidation du pouvoir entre les mêmes mains pendant trop longtemps.

Par la voix de son président Haniff Peerun et de son secrétaire Bholanuth Jeewuth, ce syndicat demande la suppression des Junior Ministers et la révision des privilèges parlementaires. L’objectif est de réduire les indemnités journalières et de supprimer les allocations de divertissement, afin de rétablir une plus grande égalité parmi les élus et de recentrer l’attention sur l’intérêt national. Un autre point crucial concerne le financement des campagnes électorales, et par extension celui des partis politiques. Selon ce syndicat, c’est aux candidats et aux partis de dépenser pour  les coûts des campagnes, et non aux contribuables. 

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