Politique

Réforme électorale : Bérenger accuse Ramgoolam de faire volte-face

Paul Bérenger Le leader du MMM est pessimiste quant à l’éventualité que le projet de loi sur la réforme électorale soit voté à une majorité des trois quarts.

Paul Bérenger reproche à Navin Ramgoolam de retourner sa veste au sujet de la réforme électorale. Il déplore le fait que le gouvernement n’atteindra pas la majorité des trois quarts nécessaire au Parlement pour faire passer la loi. Et cela, même si le Mouvement militant mauricien compte voter en faveur « under protest ». Il accuse le gouvernement de mal gérer le dossier.

Paul Bérenger s’est insurgé contre l’attitude « purement démagogique et cheap » de Navin Ramgoolam face à la réforme électorale. Il a rappelé qu’en 2014, le Mouvement militant mauricien (MMM) et le Parti travailliste (PTr) étaient tombés d’accord pour remplacer le Best Loser System par six députés élus par les leaders politiques eux-mêmes à partir d’une liste préétablie. Le texte de loi, comprenant cet élément, était d’ailleurs déjà prêt. « Ramgoolam était d’accord. Aujourd’hui, il est contre. Venir dire que ce serait donner trop de pouvoirs aux leaders de parti est cheap. C’est démagogique », a déploré le leader des mauves lors de la conférence de presse hebdomadaire du parti, le samedi 15 septembre, à l’hôtel Hennessy Park, à Ébène.

Pour que le gouvernement puisse faire adopter la réforme électorale, une majorité de trois quarts des parlementaires doivent dire oui. Le MMM, a précisé Paul Bérenger, votera en faveur, mais « under protest ».  Si l’ensemble des députés de la majorité et ceux du MMM appuient le projet de loi, il ne manquera qu’une voix pour atteindre les 52 votes nécessaires.

Le leader des mauves s’est ainsi montré pessimiste. Selon lui, une poignée d’élus de la majorité ne soutiendra pas le texte de loi, compliquant davantage la situation. « Je pense que nous irons malheureusement aux prochaines élections avec le même système qu’en 2014. Je ne le dis pas de gaieté de cœur, mais il n’y aura pas de majorité de trois quarts »,  a-t-il ajouté.

Selon Paul Bérenger, le gouvernement compte venir avec une proposition de 63 élus (dont trois pour Rodrigues au lieu de deux actuellement) par le First Past The Post, douze élus via la représentation proportionnelle et six ou sept élus par les leaders politiques dans le souci d’un rééquilibrage ethnique. Ces derniers pourront être repêchés soit parmi les meilleurs perdants soit parmi ceux qui sont sur la liste de la représentation proportionnelle. Cette proposition est quasi similaire à la formule sur laquelle le PTr et le MMM étaient tombés d’accord en 2014.

Paul Bérenger estime que « le gouvernement a mal géré ce dossier ». « La meilleure chose à faire est de rendre public le texte de loi sans tarder », a-t-il affirmé.

Revenant sur une information parue dans un quotidien durant la semaine écoulée à l’effet que Roshi Bhadain pourrait intégrer le MMM, Paul Bérenger a balayé cette possibilité d’un revers de la main. « Mo disan inn marse kan monn lir sa. Bhadain est le politicien le plus dangereux, irresponsable et arrogant qu’on n’ait jamais eu. Je me ferai un devoir de le dénoncer peu importe où il ira. »

Le leader du MMM a aussi évoqué l’affaire Chagos, affirmant : « Je reviendrai sur le rôle joué par Anerood Jugnauth » dans les années ’60 en temps et lieu. « Ce n’est pas à cause de son âge qu’il peut dire n’importe quoi », a déclaré Paul Bérenger.

Abordant la question de l’offshore, il a affirmé que ce secteur est en grand danger. « Je suis très tracassé », a-t-il dit. La fin du traité de non-double imposition avec l’Inde tire à sa fin. En avril prochain, il ne sera plus en vigueur. « Les derniers chiffres officiels pour la période d’avril à juin font peur. Ce sont les plus bas de notre histoire. Par contre, les chiffres pour la même période pour Singapour sont sans précédent. Nous sommes à 1,5 milliard USD alors que Singapour est à Rs 6,5 milliards en termes d’investissments directs étrangers. L’impact de la fin de ce traité ne sera pas uniquement sur l’offshore, mais aussi sur notre balance des paiements », a conclu Paul Bérenger.